027 - Le rapport aux mathématiques des collégiens et lycéens dans l'enseignement secondaire général à Libreville

Romaric Franck QUENTIN DE MONGARYAS

 Maître-Assistant (CAMES),

Laboratoire de Recherche en Education (LARED)/ENS, Libreville (Gabon)

 

Mots-clés : Rapports aux mathématiques, rapport au savoir, collégiens/lycéens, enseignement secondaire général, Libreville.

 

La présente contribution a pour objectif princeps de saisir les relations que les collégiens et lycéens gabonais entretiennent avec les mathématiques. Autrement dit, il s’agit de réaliser une espèce d’état des lieux sur le rapport aux mathématiques des apprenants du secondaire général. Entre autres questionnement, quels sont les modes de pensée et d’agir construits autour des mathématiques ? Quelle est la représentation que les lycéens et collégiens se font-ils des mathématiques ? Comment se mobilisent-ils pour travailler les mathématiques ? Quelles relations ces lycéens et collégiens développent-ils avec leurs enseignants de mathématiques ? Et, quelle perception ont-ils desdits enseignants ? De façon générale, ce qui nous intéresse, c’est l’activité scolaire exécutée dans l’apprentissage des mathématiques. Il s’agit donc d’analyser tout ce qui relève des représentations, des constructions et des perceptions autour de l’appropriation des mathématiques. De ce point de vue, notre recherche se décline en une double problématique, d’une part, saisir ce que disent les lycéens et collégiens sur les mathématiques. Et de l’autre, comprendre comment ils font (organisation et tout ce qui va avec), et les raisons qui les conduisent à agir de telle ou telle façon face aux savoirs mathématiques.

Cette double orientation s’inscrit dans la perspective théorique de ce que Bernard Charlot qualifie de « rapport au savoir, entendu à la fois comme expérience scolaire, rapport à soi et rapport aux autres » (2002, p. 52). En termes clairs, il s’agit d’étudier « l’ensemble des relations qu’un sujet entretient avec un objet, un contenu de pensée, une activité, une relation interpersonnelle, un lieu, une personne, une situation, une occasion, une obligation, etc., liés en quelque façon à l’apprendre et au savoir-par là même, il est aussi rapport au langage, rapport au temps, rapport à l’activité dans le monde et sur le monde, rapport aux autres et rapport à soi-même comme plus ou moins capable d’apprendre telle chose, dans telle situation » ( Charlot, 2002, p. 94). Autrement dit, il s’agit de « comprendre comment le sujet catégorise, organise son monde, comment il fait sens de son expérience, et notamment de son expérience scolaire » (Charlot, 2003, p. 43). En somme, cela revient à « s’interroger sur le rapport au savoir (ou de manière restrictive aux savoirs scolaires), c’est analyser les processus complexes qui « lient » une expérience socio-subjective construite dans un milieu familial-et ailleurs-, et le type et le degré de mobilisation (ou non) sur les contenus mis en forme et enseignés à l’Ecole » (Jellab, 2004, p. 134). De fait, traiter du rapport aux savoirs scolaires des élèves, c’est tout simplement analyser l’expérience scolaire de ces derniers au sens où l’entendent Dubet et Martuccelli (1996). L’objectif réside ici dans le fait de savoir comment les élèves du secondaire s’investissent personnellement et particulièrement en mathématiques dans le cadre de leur travail scolaire au sens d’Anne Barrère (1997). Plus précisément, il s’agit de saisir le rapport réel que les élèves gabonais entretiennent avec cette matière scolaire qui occupe une place non négligeable dans les programmes scolaires quelle que soit la filière voire la classe. Aussi, articulée autour de la théorie du rapport au savoir (Charlot, 2002 ; Hatchuel, 2000). Par ailleurs, d’un point de vue méthodologique, contrairement à la démarche de « bilan de savoirs » pratiquée par l’équipe ESCOL de l’Université de Paris 8, nous avons procédé par entretiens semi-directifs pour la collecte de données. En effet, nous avons interrogé une quarantaine d’élèves (filles et garçons) de collèges et lycées (publics et privés) de Libreville. Par la suite, une analyse de contenu thématique a été opérée sur les différents entretiens directifs menés auprès des élèves. C’est pourquoi, nous rendons compte de manière concrète de ce qu’ils disent et font dans telle ou telle situation d’apprentissage, notamment dans leur investissement en mathématiques. Et pour revenir sur notre analyse de contenu, il ressort que les élèves interrogés émettent des jugements tantôt positifs, tantôt négatifs. En tout état de cause, tout au long de cette contribution, nous discuterons et porterons une analyse critique sur les principales catégories et thématiques construites.

 

Références bibliographiques :

BARRERE, A. (1997). Les lycéens au travail. Paris : PUF.

CHARLOT, B et BAUTIER, E. (1993). Rapport à l’école, rapport au savoir et enseignement de mathématiques In Repères-IREM, n°10, 5-24.

CHARLOT, B. (2002). Du rapport au savoir. Eléments pour une théorie. Paris : Anthropos.

CHARLOT, B. (2003). La problématique du rapport au savoir. In S. MAURY et M. CAILLOT (Ed.), Rapport au savoir et didactique. (p.30-50). Paris : Editions Fabert.

DUBET, F et MARTUCCELLI, D. (1996). A l’école. Sociologie de l’expérience scolaire. Paris : Editions du Seuil.

HATCHUEL, F. (2000). Apprendre à aimer les mathématiques. Conditions socio-institutionnelles et élaboration psychique dans les ateliers mathématiques. Paris : PUF.

HATCHUEL, F. (2005). Savoir, apprendre, transmettre. Une approche psychanalytique du rapport au savoir. Paris : La découverte.

JELLAB, A. (2004). L’école en France. La sociologie de l’éducation entre hier et aujourd’hui. Paris : l’Harmattan.