Le rôle du chef d'établissement dans l'enseignement catholique en France

297 - Le rôle du chef d'établissement dans l’enseignement catholique en France

 

Amaury de Bannes

Ecole Doctorale « Religion, Culture et Société »

Catholic University of Paris, France

 

Mots clés : Chef d'établissement, Enseignement catholique, personne humaine, statut.

 

Chercheur en sciences de l’éducation, nous avons participé aux travaux de rédaction du nouveau statut de l'Enseignement catholique en France, en tant que membre du Comité d'écriture et de relecture du nouveau statut de l'Enseignement catholique, composé d’une vingtaine d’« experts » du champ éducatif. Le nouveau Statut a été publié le 1er juin 2013. Il concerne plus de deux millions d’élèves, 135 000 enseignants et 8 300 établissements associés au service public d’éducation. Notre recherche conduit à nous interroger sur la finalité de l’acte éducatif au service de la croissance de la personne et de la construction de la société, question essentielle qui s’inscrit dans le projet actuel de refondation de l’école et dans la continuité de la convention intitulée « Avons-nous besoin de l’école catholique ? ». Dans le cadre d’une thèse en sciences de l’éducation, nous cherchons donc en quoi le nouveau Statut de l'Enseignement catholique, d’une part, et les responsabilités éducative et pastorale du chef d'établissement, d’autre part, participent à la promotion de la personne humaine.

Ainsi, nous analyserons dans un premier temps en quoi le nouveau Statut de l’Enseignement catholique participe à la promotion de la personne humaine (chapitre I), avant de rechercher en quoi l’exercice des responsabilités éducative et pastorale constitue la spécificité du chef d'établissement d’un établissement catholique d'enseignement (chapitre II).

 

 

 

 

Chapitre I  En quoi le nouveau Statut de l’Enseignement catholique participe-t-il à la promotion de la personne humaine ?

 

Il convient d’abord de s’interroger sur ce en quoi consiste la promotion de la personne humaine, avant d’analyser en quoi le nouveau Statut participe à cette promotion.

 

  1. La promotion de la personne humaine

 

Rechercher en quoi consiste la promotion de la personne humaine, c'est s’interroger d’abord sur ce qu’est une personne humaine.

1. Le concept de personne humaine

            Le mot « personne » vient du latin persona « personnage, personne », mot d'origine étrusque, signifiant « masque de théâtre». Mais peut-on définir ce qu’est une personne humaine ? Pascal Ide indique[1] que le concept de personne humaine « se déploie dans au moins cinq types de registre : philosophie de l’homme (comme corps, liberté, etc.), métaphysique (comme personne, puissance, etc.), éthique (comme valeurs, dignité, etc.), juridique (comme sujet de droit, indisponibilité, etc.), théologique (comme création, image de Dieu, etc.)». Ainsi, il s’agit d’un concept complexe, lequel recouvre une réalité ne pouvant se laisser enfermer dans une définition simple et il convient de chercher ce qui différencie un individu d’une personne humaine.

 

A. De l’individu à la personne

 

            Notre société moderne est en pleine mutation. L’individu est au centre de ses préoccupations. En effet, les droits de chacun sont constamment mis en avant. La revendication d’être reconnu et respecté comme individu est permanente. Aussi, comment définir la notion de personne dans une société de l’individu ?

 

Gérard Wiel et Georges Levesque cherchent à établir ce qui distinguerait les concepts d’individu et de personne :

 

La personne ne se confond pas avec l’individu. Celui-ci peut être compris comme une substance, qui existe à part et pour son propre compte, ou comme un sujet indépendant, pourvu d’une conscience qui pense ou qui veut des objets. La personne au contraire se définit dans et par une relation : elle a besoin d’une autre personne pour exister, elle doit être reconnue par une autre, elle suppose des liens de réciprocité avec d’autres personnes. En ce sens, elle est avant tout une notion pratique, elle renvoie à un agent libre et responsable, capable d’initiatives dans l’espace et le temps des relations et des interactions humaines[2]

 

Il apparaît que la personne n’est rien de particulier et qu’elle est constituée par sa relation avec autrui. Dire cela, c'est récuser toute définition sauf à considérer que la personne est un « être-en-relation ». Dans le même sens, Emmanuel Mounier se méfie de toute définition du mot « personne » :

 

On s’attendait à ce que le personnalisme commençât par définir la personne. Mais on ne définit que des objets extérieurs à l’homme, et que l’on peut placer sous le regard. Or, la personne n’est pas un objet. Elle est même ce qui dans chaque homme ne peut être traité comme un objet[3].

Voici mon voisin. (…) Les mille manières dont je puis le déterminer comme un exemplaire d’une classe m’aident à le comprendre. Mais ce ne sont que des coupes prises chaque fois sur un aspect de son existence. Mille photographies échafaudées ne font pas un homme qui marche, qui pense et qui veut[4]

 

            Dans notre recherche sur la distinction à opérer entre individu et personne, et le passage souhaitable de l’un à l’autre, il semble que le point fondamental, consiste en un décentrement de soi, pour entrer en relation avec autrui. L’hypothèse avancée consiste par conséquent à soutenir que l’individu est l’être occupé de soi, auto-centré ; tandis que la personne humaine est l’être capable de relation à l’autre.

            Ainsi, la personne est relation. Elle se construit dans l’échange relationnel, la rencontre de l’autre, semblable et différent. La vie lui est donnée : elle ne se la donne pas à elle-même. La personne n’est pas sa propre source. Elle a besoin de l’autre pour exister. Elle grandit en humanité grâce à l’autre. La relation, parce qu’elle est fondatrice d’humanité est au cœur de l’acte éducatif. Ce qui est au centre de l’éducation, ce n’est pas l’élève ou le savoir, mais la relation de l’élève à lui-même, de l’élève au maître, de l’élève et du maître au savoir. Cette entrée en relation est de l’ordre de la décision libre. C'est pourquoi, le chef d'établissement a à apprendre aux élèves à prendre la décision libre et responsable d’entrer en relation avec autrui, c'est-à-dire à risquer l’échange, à oser une parole, à écouter celle des autres.

L’homme doit opérer, tout au long de son existence, un long travail de libération progressive et entrer dans un mouvement de personnalisation. Marcel Gauchet soutient également ce nécessaire travail de l’homme sur lui-même, pour devenir libre et vivre dignement avec les autres. Il affirme que :

 

Ce que notre culture est en train d’oublier, pour son plus grand dommage et pour la perte de sens dramatique qu’était l’éducation, religion ou pas, c'est la nécessité de ce travail de l’humanité sur elle-même, qui, seul, peut la rendre digne d’elle-même. L’humanité n’est pas donnée : elle n’est pas simplement l’objet d’un développement spontané. Il lui faut ajouter, il lui faut adjoindre l’artifice délibéré d’un acquis de culture par lequel l’individualité accède authentiquement à elle-même, en se réfléchissant, en se voulant. L’humanité doit s’appliquer à elle-même, se retourner sur elle-même, il lui faut se penser, se vouloir, par la médiation de la culture, de l’éthique et du savoir. (…) La liberté s’enracine dans un travail médité sur soi-même[5]

 

            Ainsi, le passage de l’individu à la personne demande un travail d’humanisation et l’apprentissage de la relation avec autrui. Et si l’on s’interroge sur la valorisation progressive de la personne humaine, on constate à quel point le christianisme y a apporté une contribution décisive et unique.

 

 

 

B. La personne dans l’anthropologie chrétienne

 

La vision chrétienne de la personne humaine opère une rupture radicale avec la pensée grecque. C'est ce qu’E. Mounier, fondateur de la revue Esprit, met en évidence :

 

On mesure mal aujourd'hui  le scandale total qu’était la vision chrétienne de la personne pour la pensée et la sensibilité des Grecs. Alors que pour eux la multiplicité était un mal inadmissible pour l’esprit, le christianisme en fait un absolu en affirmant la création ex nihilo et le destin éternel de chaque personne. L’Être suprême qui les porte à l’existence par amour ne fait plus l’unité du monde par l’abstraction d’une idée, mais par une capacité infinie de multiplier indéfiniment ces actes d’amour singuliers[6]

 

Quel est le fondement de l’anthropologie chrétienne ? C’est la ressemblance de l’homme à Dieu. On ne peut pas séparer l’homme de Dieu. Car, selon la pensée chrétienne, l’image de Dieu en l’homme le fait ressembler à Dieu, Lequel est la source de l’intelligence de l’homme, de sa volonté, de sa liberté, de sa responsabilité, de sa créativité. Ainsi, la personne est créée libre et responsable, même si, indéniablement, la personne est conditionnée – et non pas déterminée - par certains faits. En effet, elle ne choisit pas l’époque à laquelle elle vit, ni le lieu de sa naissance. Elle ne décide pas de naître homme ou femme. Mais fondamentalement, elle est douée de liberté, de la capacité de décider : de faire le bien ou le mal, d’exercer telle ou telle profession, etc. Plus précisément, on pourrait dire que la personne humaine est libre, en même temps qu’appelée à la liberté. Car elle est en chemin vers toujours plus de liberté, laquelle n’est pas de l’ordre du donné mais de celui de l’exercice effectif.

Nous sommes là au cœur de la pensée personnaliste chrétienne qui affirme l’existence de personnes que Dieu a créées libres et créatrices. C'est ce qui différencie encore la pensée antique de la pensée chrétienne :

 

Au-dessus des personnes ne règne pas la tyrannie abstraite d’un Destin, d’un ciel d’idées ou d’une Pensée impersonnelle, indifférents aux destinées individuelles, mais un Dieu lui-même personnel, bien que d’une façon éminente, un Dieu qui a « donné de sa personne » pour assumer et transfigurer la condition humaine, et qui propose à chaque personne une relation singulière d’intimité, une participation à sa divinité ; un Dieu qui ne s’affirme point, comme l’a cru l’athéisme contemporain (Bakounine, Feuerbach), sur ce qu’il enlève à l’homme, mais en lui octroyant au contraire une liberté analogue à la sienne[7]

 

            Ainsi, chaque personne est unique, sacrée et son existence a un prix infini. Au cœur de l’anthropologie chrétienne, il y a le mystère de l’Incarnation. Parce que le Fils de Dieu s’est fait homme, il revêt celui-ci d’une infinie dignité. Notre société judéo-chrétienne est marquée par ce postulat.

La vision chrétienne de la personne humaine a ceci de particulier qu’elle soutient que l’homme est enfant de Dieu, que Dieu est Père des hommes. L’Incarnation a pour conséquence de faire des hommes, les frères du Fils de Dieu. Et celui-ci s’est fait homme pour que les hommes partagent la vie bienheureuse de Dieu. C'est pourquoi, la dignité de la personne humaine, dans l’anthropologie chrétienne, est placée au-dessus de tout. Dans le préambule du Statut de l’Enseignement catholique de 1992, on peut lire que « l’Enseignement catholique transmet une vision de la personne et de la société puisée aux sources du mystère pascal du Christ, qui donne à chaque homme une dignité et une grandeur au-dessus de toutes les autres créatures, parce que œuvre de Dieu, élevé à l’ordre surnaturel comme fils de Dieu, par conséquent en possession d’une origine divine et d’un destin éternel qui transcende tout l’univers[8] ».

            Ainsi, la personne humaine est au cœur de la pensée chrétienne, car elle est le cœur de la Pensée de Dieu. Être chrétien, c'est permettre à la personne de croître en humanité. Sont associées à ce projet, toutes les personnes qui, croyantes ou non, sont de bonne volonté. C'est pourquoi l’humanisation de l’homme est une priorité et que la finalité de l’école catholique  n’est rien d’autre que la promotion de la personne humaine.                                                 

            Penser, vouloir et agir de manière cohérente ; prendre des décisions libres et responsables, en ouverture à autrui, pour devenir davantage une personne humaine ; tel est l’objet de l’éducation de l’homme que le chef d'établissement de l’Enseignement catholique doit chercher à promouvoir, conformément à la mission qu’il reçoit de la tutelle de l’établissement, et au projet éducatif qu’il sert pour le bien de la communauté éducative dont il a la charge.

 

            Après avoir analysé le concept de personne humaine et recherché en quoi consiste la conception chrétienne de celle-ci, il convient maintenant de s’interroger sur ce qu’apporte le nouveau Statut de l’Enseignement catholique, dans la perspective d’une promotion plus grande de la personne humaine.

 

 

                                     II. Le nouveau Statut de l'Enseignement catholique au service de la promotion de la personne humaine

 

 

S’agissant du nouveau Statut de l'Enseignement catholique, il convient de s’interroger sur plusieurs points :

  1. Pourquoi un nouveau Statut de l’Enseignement catholique ?

Plusieurs raisons expliquent la rédaction du nouveau Statut, notamment l’évolution des contextes sociétal et ecclésial, ainsi qu’une réflexion interne à l’Enseignement catholique.

 

  1. Evolution des contextes sociétal et ecclésial

 

Le précédent Statut datait de 1992[9]. Or, ces vingt dernières années, la société a évolué et l’Enseignement catholique également. Sur le plan administratif et politique par exemple, Eric de Labarre souligne que « le mouvement de déconcentration et de décentralisation, qui a bouleversé l’organisation de l’Etat français, a eu des répercussions sur l’école catholique »[10].

Quant au contexte ecclésial, le processus de sécularisation rencontré dans tous les pays occidentaux  s’est considérablement accentué depuis les années 1960. Alors que de nombreux religieux, prêtres et religieuses avaient en charge la direction des établissements, ce sont essentiellement des laïcs qui sont en place aujourd'hui dans l’Enseignement catholique, et si dans les années 1980, tous les directeurs diocésains étaient des prêtres, il n’y en a plus un seul en 2013. Un nouveau texte était donc nécessaire pour prendre en compte la déchristianisation de la société.

                   

 

  1. Evolution de la réflexion au sein de l’Enseignement catholique

 

La démarche des Assises inaugurée au début des années 2000 a permis à l’Enseignement catholique de s’interroger sur l’originalité de son apport. L’un des fruits de cette réflexion a été l’adoption par le Comité national de l'Enseignement catholique du texte intitulé Annonce explicite de l’Évangile dans les établissements catholiques d’enseignement  (2009), lequel rappelle que : « L’école catholique est d’abord une école et c’est bien un projet éducatif qui structure l’action d’un établissement catholique d’enseignement. La démarche d’assises aide à redécouvrir la vision chrétienne sur l’anthropologie et à mettre en œuvre, dans les établissements, des relations éducatives et sociales inspirées de l’Évangile. »

 

Ainsi, le nouveau Statut vient couronner les mutations internes et externes à l’Enseignement catholique. S’il a pour objectif d’améliorer le fonctionnement et l’organisation des structures de l’Enseignement catholique[11], on passe surtout d’un texte qui décrivait davantage les instances à un texte plus fondamental, qui explique la finalité de la mission de l’Enseignement catholique.  L’objet principal du nouveau Statut consiste donc à s’attacher davantage au projet qu’il sert : la promotion de la personne humaine.

Le journal des présidents d’Apel[12] de mai-juin 2013 synthétise bien l’objet de ce nouveau texte :

 

 Ce Statut constitue le texte de référence de l’Enseignement catholique, qui reçoit sa mission éducative de l’Église : il précise ses fondements, redéfinit son projet, et détaille la façon dont il aura à travailler dans les années à venir. Contrairement au précédent Statut, qui datait de 1992, ce nouveau texte s’attache davantage aux personnes[13]qui font vivre l’Enseignement catholique qu’à son organisation, en reconnaissant leur contribution à son œuvre éducative. Il prend également mieux en compte la grande variété des réalités se l’Enseignement catholique sur l’ensemble du territoire. Autre avancée majeure qu’il convient de souligner : la référence explicite à la place des parents, et aux Apel comme seules associations reconnues par l’Institution[14].

 

  1. Comment a été élaboré ce nouveau texte ?

Tête de réseau de l’Enseignement catholique (plus de 2 millions d’élèves, 135 000 enseignants, 80 000 personnels d’administration et de service) le Secrétariat Général de l’Enseignement catholique (SGEC) coordonne la politique éducative mise en œuvre dans 8 300 établissements associés au service public d’éducation répartis sur le territoire français. C’est donc le Secrétaire Général de l’Enseignement catholique qui a constitué deux groupes de travail devant rédiger le nouveau Statut de l’Enseignement catholique : le Comité d’Ecriture[15] et le Comité d’Ecriture et de Relecture du Statut de l’Enseignement catholique (CERSEC)[16].

Mais l’élaboration du nouveau Statut est le fruit d’un long travail[17] de concertation et de collaboration entre l’ensemble des acteurs de l’Enseignement catholique français. En effet, « plusieurs centaines de personnes y ont travaillé durant plusieurs dizaines de milliers d’heures cumulées…en prenant part à une très large consultation[18] ». Les évêques ont été consultés à plusieurs reprises en assemblée et en provinces. Ont également pris part au travail les directeurs diocésains, les différentes tutelles, les chefs d'établissement, les enseignants, les parents d’élèves, les membres des organismes de gestion, etc. Par conséquent, les différents membres des communautés éducatives ont été consultés. Le 15 février 2013, le projet de Statut de l’Enseignement catholique a été voté à la quasi-unanimité par le Comité national de l'Enseignement catholique. Puis, au cours de leur assemblée plénière, le 18 avril 2013, les évêques ont également adopté à la quasi-unanimité le nouveau Statut, lequel a été publié le 1er juin 2013, lors de la convention nationale de l’Enseignement catholique.

           

 

 

 

  1. En quoi consistent la forme et l’architecture du Statut ?

Le nouveau Statut comprend 6 parties[19] et 385 articles répartis sur 52 pages, à quoi s’ajoutent un index de 12 pages et un glossaire. Ce texte est donc plus volumineux que le Statut précédent. Surtout, il est beaucoup plus unifié que le Statut de 1992[20], car l’organisation et le sens de l’Enseignement catholique sont liés dans un seul et même texte. Ce résultat est le fruit de la méthode employée pour l’élaboration et la rédaction du texte qui, comme nous l’avons déjà souligné, a réuni l’ensemble des acteurs de l’Enseignement catholique. Il était donc prévisible que le nouveau texte soit plus équilibré.

 

  1. Nouveautés du nouveau Statut

Parmi les nouveautés, il convient de distinguer :

  1. La contribution de chacun et la mission éducative

La reconnaissance de la contribution de toutes les personnes qui concourent à l’œuvre originale qu’est l’école catholique est un point fondamental ; tout comme l’est celui de la mission éducative reçue par l’Eglise, dans les écoles qu’elle institue. Ainsi, « le nouveau Statut se trouve au confluent de deux logiques, « verticale » et « horizontale » - institutionnelle et participative – qui traversent l’organisation de l’Enseignement catholique, et qui, l’une et l’autre sont vitales pour lui[21] ».

  1. La réorganisation territoriale de l’Enseignement catholique

Le Statut de l’Enseignement catholique ne peut redéfinir l’organisation ecclésiale de l’Eglise. En effet, le diocèse étant le périmètre premier de l’Eglise, il est aussi celui de l’Enseignement catholique. Cependant, « il nous fallait concilier cette réalité de l’Eglise avec la réalité administrative et politique de notre pays. Dans le champ éducatif, le niveau  auquel beaucoup de décisions se prennent est soit régional, soit académique. Nous avions à nous organiser de  manière à offrir aux responsables régionaux et académiques une interlocution valable. D’où la création des comités académiques de pilotage [art.256], composés de représentants de chefs d'établissement et de directeurs diocésains, chargés de définir la politique académique et régionale de l’Enseignement catholique[22]. »

Par ailleurs, le Statut met en avant le principe de subsidiarité[23] pour tenir compte de la grande diversité des réalités de l’Enseignement catholique sur tout le territoire français.

  1. L’enracinement diocésain et l’intérêt renouvelé des évêques

Parmi les nouveautés apportées par le nouveau Statut, il convient de souligner  « la mise en valeur de l’enracinement des écoles catholiques dans l’église locale et la meilleure prise en compte du ministère des évêques, au moment où ces derniers témoignent d’un intérêt renouvelé pour l’Enseignement catholique.[24]» Cette réalité se traduit par la création d’une « conférence des tutelles », au sein de laquelle l’évêque présente ses orientations et favorise une action concordante, avec le concours des différentes tutelles. En outre, c'est désormais l’évêque qui présidera le Comité diocésain de l'Enseignement catholique. Enfin, l’utilisation du terme « délégué épiscopal » pour qualifier le directeur diocésain, permettra de distinguer la part de la mission du directeur diocésain qui ne relève pas de la tutelle : celle de la coordination et de l’animation de l’ensemble des écoles catholiques du diocèse.

 

  1. Le Statut : reprise en main de l’école catholique par les évêques de France ?

Les évêques n’ont pas la volonté d’exercer un contrôle ou un pouvoir sur l’école catholique. En revanche, « le nouveau Statut témoigne de leur intérêt renouvelé pour celle-ci. Alors que le Statut de 1992 insistait sur la poursuite de l’ouverture à tous, celui de 2013 cherche à dire que l’école catholique n’a de sens que si elle est pleinement originale ; et son originalité c'est son fondement évangélique. Nous ne voulons pas d’une école indifférenciée, qui n’aurait de catholique que le nom[25]. »

 

Ainsi, le nouveau Statut de l’Enseignement catholique souligne que l’école catholique ne se situe pas sur une « ligne de crête » entre mission de service public et mission d’Eglise, mais qu’elle constitue une mission d’Eglise au service de la société. Cette responsabilité est confiée au chef d'établissement qui a pour rôle de faire vivre la proposition éducative spécifique de l’Eglise, traduite dans les projets éducatifs des écoles.

 

Nous avons donc vu dans une première partie ce en quoi consiste la promotion de la personne humaine et avons analysé comment le nouveau Statut de l’Enseignement catholique participe à celle-ci. Il convient à présent d’étudier ce qui fait la spécificité du chef d'établissement d’un établissement catholique d’enseignement.

 

Chapitre II  La spécificité du chef d'établissement d’un établissement catholique d'enseignement 

 

Nous recherchons ce qui fait  la spécificité du chef d'établissement de l’enseignement catholique. En effet, il reçoit une lettre de mission de sa tutelle qui lui confère une responsabilité pastorale. Il convient donc de s’interroger sur la mission fondamentale du chef d'établissement de l’Enseignement catholique en France et d’analyser en quoi il est au service de la promotion de la personne humaine, de manière singulière.

 

  1. Loi Debré et caractère propre

 

Tout chef d'établissement scolaire, de l’Enseignement privé, comme de l’Enseignement public, a la responsabilité éducative, pédagogique, matérielle et administrative de l’établissement qu’il dirige[26]. Cependant, l’article 1 de la loi n°59-1557 du 31 décembre 1959 sur les rapports entre l’Etat et les établissements d’enseignement privés stipule que :

L'État proclame et respecte la liberté de l'enseignement et en garantit l'exercice aux établissements privés régulièrement ouverts. Il prend toutes dispositions utiles pour assurer aux élèves de l'enseignement public la liberté des cultes et de l'instruction religieuse. Dans les établissements privés qui ont passé un des contrats prévus ci-dessous, l'enseignement placé sous le régime du contrat est soumis au contrôle de l'État. L'établissement, tout en conservant son caractère propre, doit donner cet enseignement dans le respect total de la liberté de conscience. Tous les enfants sans distinction d'origine, d'opinions ou de croyance, y ont accès[27].

            La loi reconnaît donc l’existence du caractère propre des établissements privés ayant passé un contrat avec l’État. Aussi, il convient de rechercher la signification de l’expression « caractère propre », laquelle a fait l’objet de multiples analyses, dont celle récente de François Moog. Ce théologien affirme que « L’Enseignement catholique en France est régi par un paradoxe : sa nature s’énonce dans la notion de "caractère propre" que personne ne parvient à définir[28] ». Pourtant, les évêques de France ont apporté leur contribution au chapitre III du Préambule du Statut de l’Enseignement catholique de 1992, dans lequel ils affirment que :

Le caractère propre de l’Enseignement catholique a été défini[29] dans la Déclaration conciliaire du 28 octobre 1965 sur l’Education Chrétienne.[30] Il est de « créer pour la communauté scolaire une atmosphère animée d’un esprit évangélique de liberté et de charité, d’aider les adolescents à développer leur personnalité en faisant en même temps croître cette créature nouvelle qu’ils sont devenus par le baptême, et finalement d’ordonner toute la culture humaine à l’annonce du salut de telle sorte que la connaissance graduelle que les élèves acquièrent du monde, de la vie et de l’homme, soit illuminée par la foi[31] ».

Pourquoi les Evêques de France ont-ils choisi ce texte, parmi de nombreux autres textes de l’Église pour définir le caractère propre de l’Enseignement catholique ? En réalité, le texte conciliaire est rarement cité de manière exhaustive. Or, en amont du texte, les rédacteurs eux-mêmes emploient l’expression « ce qui lui appartient en propre » pour qualifier l’école catholique et la distinguer des autres écoles :

La présence de l’Église dans le domaine scolaire se manifeste à un titre particulier par l’école catholique. Tout autant que les autres écoles, celle-ci poursuit des fins culturelles et la formation humaine des jeunes. Ce qui lui appartient en propre[32], c’est de créer pour la communauté scolaire une atmosphère animée d’un esprit évangélique [33]de liberté et de charité (…)[34].

            Ainsi, le caractère propre de l’école catholique, qui la différencie des autres écoles, trouve son fondement dans l’Evangile proclamé par l’Église. C'est pourquoi, il convient de s’interroger maintenant sur les conséquences de cette réalité pour le chef d'établissement.

 

                          II. Comment le chef d'établissement peut-il éduquer la personne humaine à prendre des décisions libres et responsables ?

 

Le chef d'établissement doit d’abord reconnaître que l’intelligence et la volonté sont les deux facultés nécessaires à l’homme pour poser un acte volontaire libre.

 

1. L’intelligence et la volonté          

 

             Aristote qualifiait déjà l’homme d’«animal raisonnable». Dans le même sens, Pascal, dans ses Pensées, affirme que « l’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant (…) » et que « toute notre dignité consiste en la pensée ».

L’intelligence a pour objet de chercher le vrai et le bien. Quant à la volonté, elle a pour objet de se mouvoir vers le bien. Dans l’encyclique Caritas in Veritate, Benoît XVI rappelle, le rôle fondamental de l’intelligence et de la volonté :

 

Les causes du sous-développement ne sont pas d’abord d’ordre matériel. (…) Elles sont à rechercher dans d’autres dimensions de l’homme: tout d’abord dans la volonté, qui se désintéresse souvent des devoirs de la solidarité; en second lieu, dans la pensée qui ne parvient pas toujours à orienter convenablement le vouloir. C’est pourquoi, dans la quête du développement, il faut des sages de réflexion profonde, à la recherche d’un humanisme nouveau, qui permette à l’homme moderne de se retrouver lui-même [35].

 

            Ainsi, la personne humaine, douée d’intelligence et de volonté doit être éduquée à la prise de décision. Vincent Peillon le souligne : « Nous sommes donc confrontés essentiellement à nous-mêmes, à notre capacité à transformer l’intelligence et la volonté en actes[36]. » Et « il faut que les élèves trouvent, dans l’école, les informations et les accompagnements dont ils ont besoin pour construire leurs choix de la façon la plus éclairée et efficace possible[37]. »

Parmi les personnes qui ont réfléchi à cette question de la prise de décision, Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites, apparaît comme incontournable. Son analyse et ses travaux, relatifs à l’art de la prise de décision par la personne humaine sont toujours d’actualité, puisque ses « Exercices » sont toujours lus et pratiqués à travers le monde.

 

2. Ignace de Loyola : l’art de la prise de décision

 

            Le titre précis de l’ouvrage d’Ignace de Loyola est le suivant : Exercices spirituels pour se vaincre soi-même et ordonner sa vie sans se décider par aucun attachement qui soit désordonné[38]            Ignace donne des repères et établit des clefs de discernement pour éduquer la personne humaine à se décider de manière non désordonnée. Quels sont les éléments qui permettent de prendre concrètement une décision libre et responsable ?

Pour prendre une décision, Ignace propose principalement de sortir de l’indécision et de repérer son désir.

 

  1. Sortir de l’indécision

Pierre Favre, était un homme indécis. Premier compagnon d’Ignace de Loyola à Paris, cet homme a joué un rôle très important dans la constitution du noyau fondateur de la Compagnie de Jésus. Il témoigne, dans son Mémorial, de la manière dont Ignace lui a permis de prendre des décisions libres et responsables, en l’aidant à sortir de son indécision :

 

Ignace me proposa l’examen de conscience quotidien (…). Auparavant, j’avais marché toujours très incertain, ballotté par tous les vents, voulant un jour me marier, un autre jour devenir médecin ou juriste, ou régent, (…) ; j’étais poussé au gré de ces vents, selon ce qui l’emportait, c’est-à-dire l’attrait du moment[39].

 

P. Favre analyse comment Ignace lui a permis de sortir de son indécision et de ses impulsions : grâce à l’institution d’une relation entre deux personnes, dont l’une, Ignace, renvoie l’autre à une écoute de Dieu, par l’examen de conscience. Or, cet examen de conscience a permis à P. Favre d’élucider les raisons qui font que la personne humaine peut être indécise. Il s’agit de la peur de trancher, la peur de prendre position mais aussi de la profusion de désirs désordonnés et de projets flous. Souvent, la personne ne veut pas renoncer à garder ouvertes toutes les possibilités. Elle ne souhaite fermer aucune voie. Ainsi l’échéance du choix est constamment reculée. Certains parlent, à ce propos, d’une interminable adolescence.

            Ignace souligne également que l’indécision peut avoir pour cause la mauvaise gestion du temps. L’examen de conscience ou relecture de sa journée peut aider à mieux répondre à ces  questions : « Comment ai-je employé mon temps aujourd’hui ? Comment ai-je fait mes choix ? À quoi ai-je donné priorité ? »

La personne peut également être indécise par peur de l’affrontement. Il s’agit de la crainte d’affronter les personnes à qui les décisions pourraient déplaire. Sur ce point, les chefs d'établissement ont à travailler pour prendre les décisions les plus appropriées, en vue du bien commun, sans être prisonniers du regard des autres.

             

b. Le désir : moteur de la décision

L’homme de décision est d’abord un homme de désir. Sans désir, il ne peut y avoir de prise de décision. Apprendre à repérer son désir profond constitue donc une aide à la prise de décision, libre et responsable. Cela implique une certaine écoute, une attention, un discernement.

Ignace propose de discerner entre des mouvements qui invitent à un surcroît de vie, de joie, de paix et d’espérance (ce qu’il appelle « le bon esprit »), et d’autres qui, aussi attractifs qu’ils puissent paraître au premier abord, conduisent finalement à l’impasse, à l’angoisse, à la tristesse ou au vide (« le mauvais esprit »). Or, il nous semble que cette recherche est valable pour toute personne, croyante ou non. En fait, il s’agit d’apprendre à s’approcher de la source qu’est notre désir personnel. Cette quête de notre désir demande patience et écoute, attention et disponibilité aux événements de la vie. La philosophe Simone Weil avait pressenti cela, quand elle écrit : « Les biens les plus précieux ne doivent pas être cherchés, mais attendus, car l’homme ne peut pas les trouver par ses propres forces[40]

Comment découvrir ce désir profond ? Il semble que ce n’est pas à force d’introspection que la personne le découvre, mais dans l’action et le service des autres, donc dans la relation.

 

            Ainsi, le chef d'établissement d’un établissement catholique d'enseignement reçoit la responsabilité d’éduquer à la prise de décision, libre et responsable, en ouverture à autrui, afin de favoriser la croissance humaine des personnes qui lui sont confiées, conformément au projet éducatif de chaque établissement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Références bibliographiques :

Etienne, R. (2000). Les réseaux d’établissements, Issy-les-Moulineaux : ESF éditeur.

Flahault, F. (2006). Be yourself. Au-delà de la conception occidentale de l’individu, Paris : Mille et une nuits.

Gauchet, M. (2007). L’Avènement de la démocratie I. La Révolution moderne, Paris : Gallimard.

Grellier, Y. (2011). 2000-2010 : Les nouvelles responsabilités du Chef d'établissement, Paris : CRDP de l’académie de Lyon.                                                                                                                                        

Loyola, I. (1986). Exercices spirituels, coll. Christus n°61, Paris : DDB/Bellarmin.

Malartre, P. (2007). Est-il encore possible d’éduquer ? , Paris : Éditions de l’Atelier.

Moog, F. (2012). A quoi sert l’Ecole Catholique, Paris : Bayard.

Mounier, E. (2007). Le Personnalisme, Paris : PUF, 1949.

Peillon, V. (2013). Refondons l’école, Paris : Seuil.

Wiel, G., Levesque, G. (2009). Penser et pratiquer l’accompagnement, Lyon : Chronique Sociale.

 

 

 

 

 

 



[1] Ide, P. (2004). Le Zygote est-il une personne humaine ?, Paris :Téqui, p. 7.

Pascal Ide est Docteur en médecine, Docteur en philosophie, membre de la Congrégation pour l’Éducation Catholique.

[2] Wiel, G., Levesque, G. (2009). Penser et pratiquer l’accompagnement, Lyon : Chronique Sociale, p.98.

[3] Nous soulignons.

[4] Mounier, E. (2007,1ère édition 1949). Le Personnalisme, Paris : Puf, p. 5.

[5] Gauchet, M. (juin 2002). « L’École catholique au risque de la société », dans  Exposant neuf, hors série n°1.

[6] Mounier, E. op.cit., p. 8. Nous soulignons.

[7] Ibid., p. 9.

[8] Préambule du statut de l’enseignement catholique de 1992 § 4.

[9] Promulgué par la Conférence des Évêques de France, le 14 mai 1992.

[10] La lettre de l’éducation-Le Monde, n°774, 13 mai 2013, p. 1-2.

[11] Les rédacteurs de ce texte se sont inspirés, de manière pragmatique, de l’ensemble des « bonnes pratiques » repérées sur le terrain.

[12] L’Apel est l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre. Il s’agit de la plus importante association de familles en France (plus de 800 000 familles).

[13] Nous soulignons.

[14] Cf. Apel infos, n° 106 mai-juin 2013, p.8.

[15] Le Comité d’Ecriture regroupait neuf personnes dont Eric de Labarre, Secrétaire Général de l'Enseignement catholique, son adjoint Claude Berruer et Pierre Marsollier, délégué général du SGEC. Pendant l’élaboration du Statut, Mgr Aumônier était l’évêque référent pour l’Enseignement catholique. Dans les faits, il était souvent question des « deux comités d’écriture », voire du comité d’écriture pour désigner les deux groupes de travail, lesquels se sont rapprochés au fur et à mesure des travaux, jusqu’à se réunir ensemble à plusieurs reprises. Par ailleurs, Pascal Balmand était membre du CERSEC. Normalien, agrégé d’histoire, directeur diocésain de Seine-Saint-Denis, il a été nommé nouveau Secrétaire Général de l'Enseignement catholique à partir du 1er septembre 2013.

[16] Comité dont nous avons fait partie avec une vingtaine d’autres personnes.

[17] Commencé en août 2010, l’élaboration du Statut aura nécessité près de trois années de travail.

[18] Communiqué conjoint du Secrétariat Général de l'Enseignement catholique et de la Conférence des évêques de France, 23 avril 2013.

[19] Les six parties du nouveau Statut sont les suivantes :

1re PARTIE / L’ÉCOLE CATHOLIQUE DANS LA MISSION ÉDUCATIVE DE L’ÉGLISE

2e PARTIE / UNE PARTICIPATION DIFFÉRENCIÉE À LA MISSION ÉDUCATIVE COMMUNE

3e PARTIE / LA RÉALISATION DE LA MISSION ÉDUCATIVE : L’ÉCOLE CATHOLIQUE

4e PARTIE / L’INSTITUTION ECCLÉSIALE DE L’ÉCOLE CATHOLIQUE

5e PARTIE / LES PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT ET D’ORGANISATION DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

6e PARTIE / LES INSTANCES DE L’ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE

[20] Le Statut de 1992 comprend deux parties hétérogènes : un long préambule élaboré par les évêques, dont l’objectif est de donner le sens de l’Enseignement catholique ; et une deuxième partie, rédigée par l’Enseignement catholique, centrée sur l’organisation et le fonctionnement de l’Enseignement catholique.

[21] Communiqué conjoint du SGEC et de la CEF, 23 avril 2013.

[22] La lettre de l’éducation-Le Monde, op.cit.,

[23]«Il convient de faire jouer le principe de subsidiarité dont nous pouvons donner une définition rapide en affirmant qu’il s’agit de déléguer le plus près possible du citoyen le niveau de décision.» in Etienne, R. (2000). Les réseaux d’établissements, Issy les Moulineaux : ESF éditeurs, p.111.

[24] Enseignement catholique actualités, n°354, avril-mai 2013, p. 6.

[25] La lettre de l’éducation-Le Monde, op-cit.,

[26] S’agissant de l’Enseignement catholique :

Le Statut du chef d'établissement du premier degré indique :

« 0.1 - Ce Statut définit la façon de remplir la mission de chef d'établissement dans l'enseignement catholique du premier degré. Il met en valeur les aspects essentiels d'une responsabilité qui est inséparablement pastorale, éducative, pédagogique, matérielle et administrative. Ce statut est applicable aux chefs d'établissement du premier degré de l'Enseignement catholique, établissements ouverts en vertu des articles L 441-1 du Code de l’éducation.

2.1 - Le chef d’établissement est le responsable de la communauté éducative de l’école et de la mise en œuvre de son projet éducatif. Dans le respect des textes en vigueur, avec la responsabilité pastorale que lui confère la lettre de mission donnée par l'autorité de tutelle, il a, en permanence, la charge éducative, pédagogique, administrative et matérielle de l'établissement.»

S’agissant de l’Enseignement public :

Grellier, Y. (2011). 2000-2010 : Les nouvelles responsabilités du Chef d'établissement, Paris : CRDP de l’académie de Lyon. Page 21, Yves Grellier évoque le protocole d’accord, signé en novembre 2000, allant dans le sens d’une professionnalisation de la fonction de chef d'établissement. Annexé à ce protocole, le « référentiel des personnels de direction » vise à définir ce qui est attendu de ces personnels et donc à quoi ils doivent se référer. Ce « référentiel métier » est organisé en trois parties : les missions du chef d'établissement ; les domaines d’activité ; les compétences requises. Page 75, il souligne que : « Parmi les quatre domaines de compétence définis par le référentiel-métier, se trouvent la conduite d’une politique pédagogique et éducative ainsi que l’administration et la gestion de l’établissement. »

[27] Nous soulignons.

[28] Moog, F. (2012). A quoi sert l’Ecole Catholique, Paris : Bayard, p. 29.

[29] Nous soulignons.

[30] Ce texte peu connu est primordial pour l’ensemble de l’Église. Elaboré par les Évêques du monde entier, lors du Concile Vatican II, il commence par ces mots : Gravissimum educationis momentum in vita hominis « L’extrême importance de l’Education dans la vie de l’homme ».

[31] Vatican II, Gravissimum educationis, § 8.

[32] Nous soulignons.

[33] Nous soulignons.

[34] Vatican II, Gravissimum educationis, § 8.

[35] Nous soulignons.

[36] Peillon, V. (2013). Refondons l’école, Paris : Seuil, p. 146.

[37] Ibid.,p. 124.

[38] Loyola, I. (1986). Exercices spirituels, coll. Christus n°61, Paris : DDB/Bellarmin.

[39] Pierre Favre, Mémorial, coll. Christus n°4, Paris, DDB, 1959, p. 112.

[40] Weil, S. (1950). Attente de Dieu, Paris : La Colombe, p. 120.