La bande de jeunes : de la communication médiatique aux représentations professionnelles.

 

Frédérique Hille

Université de Toulouse 2 le Mirail, France

 

Sara Fougères

Université de Toulouse 2 le Mirail, France

 

Michel Lac

Université de Toulouse 2 le Mirail, France

 

Mots clefs : bande de jeunes, communication médiatique, intervention sociale, représentations professionnelles, émotions.

 

Résumé :.

Depuis plusieurs années, le champ professionnel de l'intervention sociale est traversé par des bouleversements questionnant l'action éducative. La violence des jeunes, tout particulièrement, demeure une question vive pour les chercheurs en sciences de l'éducation. Cet article se propose de repenser la question de la violence juvénile sous une forme concrète : la bande de jeunes, entendue comme objet médiatico-politique (Lévy, Mucchielli & Zauberman, 2006). Évoquer un objet ayant une réalité médiatique renvoie aux processus inhérents à la formation de la pensée sociale,  notamment la communication médiatique, (Hass &Jodelet, 2007). Afin d'observer l'image véhiculée, nous questionnons les représentations sociales (RS), entendues comme formes de connaissances particulières qui permettent notamment de donner une signification à l'objet et d'orienter les pratiques (Moscovici, 1976),  et plus précisément, les représentations professionnelles (RP) (Piaser, 1999), savoirs construits par les professionnels, en contexte professionnel et ayant valeur d'enjeu professionnel. Nous rendons compte des éléments de représentations à propos de l'objet bande de jeunes à travers (1) une analyse de contenu de la presse, (2) une analyse des RP et RS.  

A ce titre, la constitution d'un corpus d’articles de presse (1980-2012) à partir du mot clef « bande de jeunes » permet de réaliser une Analyse de Simlitude donnant ainsi à voir les différents univers lexicaux mobilisés autour de cet objet (notamment sa dimension criminalisante et violente). Les représentations sont recueillies au moyen d'une association libre au mot inducteur bande de jeunes auprès de travailleurs sociaux et d'étudiants. Une variation du contexte psychosocial est mise en place afin de vérifier si la bande de jeunes doit être considérée comme un objet sensible. Le contexte de substitution, qui déplace l'enjeu de l’échange, permet de réduire la pression sociale et autorise le sujet à verbaliser des éléments tus en contexte normal. L'analyse de similitude met en évidence, en contexte de substitution, une représentation qui s'articule autour des éléments : violence, banlieue, délinquance, incivilité, drogue, danger et peur. Ces résultats permettent de qualifier cet objet de sensible et renvoient pour partie à des éléments criminalisants - propres aux éléments de représentations médiatiques - et à des éléments affectifs. Ceci met notamment en lumière le rôle de la composante affective dans les RS et les RP, rôle déterminant mais souvent peu questionné (Guimelli & Rimé, 2009) dans le champ professionnel des métiers de la relation à autrui, ici, le travail social. Deux pistes de réflexion peuvent être alors soulevées. D'une part, le rapprochement conceptuel entre RS et émotions en termes de construction et de diffusion (Guimelli & Rimé, 2009). D'autre part, l'impact des émotions médiatiques (Scherrer 2006) chez les sujets,  notamment dans le cadre des relations intra et interprofessionnelles.

  1. Introduction

Le champ professionnel de l'intervention sociale est traversé depuis plusieurs années par des bouleversements qui viennent questionner l'action éducative. La violence des jeunes, question socialement vive, demeure un thème central à la fois pour les professionnels qui y sont confrontés quotidiennement mais aussi pour les chercheurs en sciences de l'éducation qui se proposent de comprendre ce processus à travers des approches pluridisciplinaires.

Cet article permet de repenser la question de la violence juvénile sous une de ces forme concrète : la bande de jeunes (BDJ), entendue comme objet médiatico-politique (CMP) (Lévy, Mucchielli, & Zauberman, 2006)⁠. L'objectif est d'observer les représentations professionnelles d'un objet quand celui-ci possède des représentations sociales spécifiques et ses échos dans le champs socio-éducatif.

L'objet bande de jeunes est un objet complexe qui possède plusieurs réalités : sociale, sociologique et médiatique. Comment ces différentes réalités participent-elles de la construction de la réalité professionnelle de cet objet ?

L'approche multiréferentielle (Ardoino, 1993) permet de resignifier l'objet (anthropologie, sociologie, histoire) pour le saisir dans sa complexité. Cet objet est marqué à la fois par son historicité (les BDJ se retrouvent au fil de l'Histoire : les Apaches de la Belle Époque, les Blousons Noirs des années 60, ou encore les Zoulous des années 80) et par l'association récurrente, dans notre société, entre jeunesse et violence. Pour Niget (2007), la violence juvénile est une construction socioculturelle au sein de laquelle la violence est conjointement attribut et stigmate de la jeunesse.

Une majorité des travaux de sociologie définit les BDJ comme des agrégations juvéniles (Barreyre, 1992), des regroupements fluctuants, informels, homogènes (âge, sexe, milieu social) supposés déviants par rapport à leur environnement et à l'âge (qui est celui de l'insertion sociale) (Marwan, Mucchielli, 2007, p88). De plus, elles se structurent en dehors de l'intervention adulte, et se caractérisent par une forte cohésion du groupe, par des valeurs et des normes propres (Esterle-Hedibel, 1996). La finalité, la raison même de la bande serait « l'Être ensemble », elle constituerait un but en elle-même (Marwan, Mucchielli, 2007).

Les travaux de Lévy, Mucchielli et Zauberman (2006) référencent la BDJ comme une CMP, insérée dans une théorie de la peur collective. S'étayant sur des paniques morales qui traversent notre société et « animent » l'objet, elles reposent sur trois éléments constitutifs : une délinquance juvénile objective dramatisée (qui n'est ni nouvelle ni plus violente), une mise en scène médiatique dramatisante de celle-ci (liée aux visées sensationnalistes et moralisatrices des médias), et une instrumentalisation de la peur dans le débat public (rhétorique sécuritaire). Les paniques morales reposent sur la théorie de la peur collective, au travers de méta-discours reposant sur le triptyque suivant : le thème du déclin général (la perte de valeurs de notre société), la désignation de boucs-émissaires (les jeunes de banlieue), et le retour à l'ordre (politique sécuritaire). Il est donc bien question ici de cadres de pensée (décadentiste et sécuritaire) dans lesquels notre objet est inséré au sein de l'espace public, caractérisé notamment par une interprétation de l'objet vidé de son sens (la violence dite gratuite).

Il s'agit alors d'interroger plus spécifiquement le lien entre les émotions induites par les médias et les représentations sociales dans leurs déclinaisons professionnelles (réelles ou en devenir) de cet objet, plus particulièrement au sein de l'intervention socio-éducative. Les émotions ne sont pas uniquement mobilisées dans les médias, elles le sont, de façon de plus en plus prégnantes dans le cadre du travail (Soares, 2003)⁠. Comment les émotions, aussi prégnantes soient-t-elles, sont-elles alors traitées et intériorisés par les acteurs eux-mêmes ? L'objet d'étude BDJ est pertinent dans le sens où il cristallise nombre de tensions que les professionnels de l'intervention socio-éducative peuvent rencontrer au quotidien. Plus largement, la prise en compte de ces dimensions affectives des RS constitue un enjeu social fort pour l'ensemble de la communauté éducative car elle permet de reconsidérer les formes de conduites des acteurs. En effet, Moscovici rappelle dans un entretien avec Bataille (2000, p15): « toutes les choses sociales ont une dimension affective forte, tout chose sociale forte a une dimension affective forte, il y a une sorte de passion là-dedans. Toutes les représentations sociales ont cette dimension affective, et cette dimension affective résulte d'une sorte de dépôt historique, par la résonance, par la mémoire, par tous ces ces effets de tradition».

 

  1. Contexte Théorique

Pour cette étude, le modèle psychosocial des représentations sociales (Jodelet, 2003; Moscovici, 1976) ⁠est emprunté, ainsi que celui des représentations professionnelles, issu de notre équipe de recherche qui s'est révélé opérant lors de nombreuses recherches (Lac, Mias, Labbé, & Bataille, 2010; Ratinaud & Piaser, 2010,⁠ Hille, 2011). En qualité d'éléments constitutifs de la pensée sociale, la communication médiatique, forme particulière de communication sociale, et le partage social des émotions, sont également convoqués. Cet article interroge donc la dimension sociale de la connaissance, notamment les « effets que peuvent avoir sur l'élaboration de la connaissance, la communication institutionnelle et médiatique, les discours et les savoirs circulant dans la société » (Haas & Jodelet, 2007, p111-112) ici sur les pratiques socio-éducatives. La singularité du regard que porte les sciences de l’éducation sur ces processus socio-cognitifs se caractérise par le concept de représentations professionnelles (Piaser, 1999)⁠, que nous appliquons pour cette étude au champ de l'intervention sociale. L'enjeu repose alors sur l'articulation entre processus socio-cognitifs et situations sociales spécifiques, ici professionnelles.

2.1 Les représentations professionnelles (RP) : des Représentations sociales (RS) spécifiques

Moscovici (1976) définit les RS comme des formes de connaissance socialement élaborées et socialement partagées, propres à chaque société, elles constituent « une façon de voir un aspect du monde (...) un ensemble de connaissances, d’attitudes et de croyances concernant un objet donné. Elles comprennent des savoirs, des prises de position, des applications, des valeurs, des prescriptions normatives » (Flament, Rouquette, 2003, p13) et participent de l'interaction sociale. Il est toujours question de la représentation d'un groupe à propos d'un objet. Cette relation groupe-objet renvoie à la signification de l'objet (son sens relève de la catégorie dans laquelle il est inséré) et au caractère instrumental (l'élaboration de connaissances indispensables à l'explication et la compréhension de l'environnement social) (Moliner, 1998).Les RP sont des RS spécifiques, « un ‘outil de lecture’ de la réalité professionnelle » (Piaser, 1999, p3). Leur construction est dépendante du champ professionnel, des normes et des pratiques qui lui sont liées. Quatre fonctions lui sont associées : fonction de savoir (définition de la réalité du contexte des pratiques professionnelles) ; fonction identitaire (positionnement dans la hiérarchie sociale, régulation des identités professionnelles) ; fonction d'orientation des pratiques ; fonction de justification (a posteriori des pratiques et des prises de position) (Ratinaud & Piaser, 2010)⁠. Les RP sont caractérisées par une professionnalité des acteurs, une technicité des objets mais aussi par le fait que « les groupes observés et les objets concernés appartiennent à la même sphère d'activité professionnelle » (Ratinaud & Piaser, 2010, p10). En ce qui concerne la nature des objets, les RP ne s’appliquent qu'à ceux qui ont « une valeur d'enjeu pour les professionnels, qui sont par essence des objets complexes et polymorphes participant d'une dynamique sociale et à propos desquels des informations circulent, permettant l’échange entre les acteurs du champs et donc l'élaboration collective d'une image commune » (Ratinaud & Piaser, 2010, p10).L'objet BDJ se caractérise par une complexité, une pluri-réalité, d'où sa place d'objet singulier dans le champs de l'ISE, et la nécessité des acteurs d'élaborer des connaissances en vue d'agir et de communiquer sur cet objet, qui occupe par instant l'espace public, l'espace médiatique.

2.2 La communication médiatique : une forme particulière de communication sociale

Il n'est pas question de tenter de démontrer une influence générale des médias mais plutôt de considérer la communication médiatique comme « un fragment par excellence » de la communication sociale (Haas, Vermande, 2010) qui concourt à l'élaboration de la pensée sociale et par extension des RS. Les travaux de psychologie sociale des médias soulignent l'impact de la communication médiatique dans le phénomène représentationnel. Marchand (2004) rappelle que « les médias jouent un rôle important, parallèlement à l’expérience quotidienne et aux relations interpersonnelles, dans la façon dont les individus construisent leurs croyances à propos de la réalité sociale » (p27). Avoir recours aux médias est un acte social, c’est-à-dire un acte de communications et d’interactions, « la grande quantité de ces connaissances, croyances, opinions, attitudes, normes, valeurs et idéologies socialement partagées, qui sont impliquées dans la lecture ou la réception des messages médiatiques, ont une influence considérable sur la façon d’interpréter, de se représenter et d’utiliser ces messages » (Marchand, 2004, p15). L'importance de la communication dans le phénomène représentatif peut se traduire par différents aspects (Jodelet, 2003). Tout d'abord, la communication est un vecteur de transmission du langage (lui-même porteur de représentations), elle a donc une incidence sur les aspects structurels et formels de la pensée sociale. Elle concourt ainsi à forger des représentations qui sont pertinentes pour la vie pratique et affective des groupes. Les représentations sociales « circulent dans les discours, sont portées par les mots, véhiculées dans les messages et images médiatiques» (Jodelet, 2003, p48). On s'interroge donc sur la construction des représentations d'un objet spécifique quand celui-ci possède une réalité propre au sein de la communication médiatique, repose sur un lexique particulier et sur des éléments de compréhension et de définition spécifiques. Dans le cas présent, la BDJ étant une CMP, inscrite dans le registre de la peur collective, la dimension affective est de fait interrogée.

2.3 Processus socio-cognitif, émotions, dimension affective du langage.

L'émotion est une manifestation à la fois interne et externe, provoquée par la confrontation à une situation et à l'interprétation de la réalité. La dimension affective est ici abordée à travers le langage qui se rapporte à l'ensemble des affects (tels le sentiment, l'humeur, le tempérament, les émotions, etc). Dans ce cadre, l'approche dite «cognitivo-sociale»: «les émotions de l’humain dans sa rencontre des événements de la vie et de son dialogue avec ses pairs» (Rimé, 2005, p7)⁠ est privilégiée. Par ailleurs, Scherer (2006)⁠ s'intéresse à la dimension sociale des émotions, notamment aux « effets sur le plan émotionnel de l'exposition aux mass média » (p1). Les émotions médiatisées vont être partagées par un nombre conséquent de personnes, ce qui peut entraîner une « contagion sociale ». Afin d'éclairer les processus qui concourent à la construction sociale de la réalité, il semble essentiel pour Moscovici (1976) et Jodelet (2003) de prendre en compte les dimensions émotionnelles et affectives, dont le rôle dans la construction et la fonction des RS n'est que récemment questionnée (Guimelli & Rimé, 2009). En 1996, Banchs rapproche théoriquement représentations et émotions : « le partage par les membres d'une communauté d'un même univers symbolique, ainsi que leur inscription dans un même contexte sociale Ce partage conditionne alors une « vision » commune des événements et des informations relatives à l'objet non familier, contribuant ainsi à la formation d'une RS. » (Banchs cité par Guimelli & Rimé, 2009, ⁠p339). Ainsi, pour Despret (citée par Dumont, 2009)⁠, les émotions sont socialement construites « puisqu'en partie déterminées par les RS et les RP des acteurs, en mêmes temps qu'elles en sont l'un des éléments constitutifs » (p67). A la suite, de Guimmelli et Rimé, nous interrogeons la dimension affective des RS selon deux perspectives complémentaires. D'une part, par son aspect constituant : l'accent est mis ici sur l'ancrage des expériences émotionnelles dans le champ représentationnel, via la communication sociale, notamment le partage social des émotions (PSE) (Rimé, 2005, Guimelli & Rimé, 2009, Lheureux & Guimelli, 2009, Jodelet, 2011; Methivier, 2012). D'autre part, par son aspect constitué, à savoir la composante affective au sein du système représentationnel. Selon les perspectives de Fridja (2003)⁠ émotions et intentions d'actions sont liées et indissociables. « l'activation des émotions aura pour effet de prédisposer les individus à l'action » (p16). De même une des idées essentielles dans la théorie de Moscovici (1976) est que les RS constituent « un guide pour l'action ». On interroge alors le lien entre composante affective et fonctions d'orientations et de pratiques des RS (Abric, 1994).

 

3. Problématisation et Opérationnalisation

Cette étude s'intéresse au rapport des professionnels de l'intervention socio-éducative à la violence, au travers des représentation d'un objet sensible : la BDJ. Sa qualité de construction médiatico-politique permet d'interroger l'impact du discours médiatique sur les processus socio-cognitifs. L'objet replacé dans le cadre de la peur collective (Lévy, Mucchielli, Zauberman, 2006) renvoie à la dimension affective des processus socio-cognitifs. Nous l'avons vu, le partage social des émotions ancre les expériences émotionnelles dans le contenu de la représentation (Guimelli & Rimé, 2009)⁠ – aspect constituant. Ces émotions s'associent à certains aspects du contenu de la RS – aspect constitué. La démarche présentée consiste à observer l'objet BDJ au sein de la communication médiatique, au travers du repérage de méta discours relevant de la peur collective (Lévy, Mucchielli, Zauberman, 2006) et au sein de RS, affinées en RP chez des professionnels de l'intervention socio-éducative. L'analyse des résultats tente de mettre en avant les similarités entre discours médiatique et représentations. Nous questionnons donc l'existence d'une représentation médiatique spécifique de la BDJ (qui se distinguerait de sa réalité sociale), dont certains éléments organisateurs pourraient se retrouver au sein des représentations.

3.1 Méthodologies de recueil

Suite au questionnement préalable, deux types de recueils de données sont mobilisés : la recherche documentaire (constitution d'un corpus d'articles de presse) et le questionnaire (recueil de représentations). Le corpus presse1 (364 articles) est réalisé à partir d'articles référençant les mots clefs « bande de jeunes » (au singulier et au pluriel), quatre sources sont sélectionnées : Le Monde, L'Humanité, Le Figaro et Libération, sur une période chronologique allant du 1er janvier 1980 au 31 décembre 2012.Le questionnaire repose sur la méthode de l'évocation libre hiérarchisée avec pour terme inducteur « bande de jeunes », méthode mobilisée en contexte normal et en contexte de substitution. Cette particularité méthodologique permet de faire émerger des éléments tus normalement, il permet d’accéder à la zone muette des représentations sociales. Ces idées sont socialement non désirables (du fait de la pression sociale ou des normes du groupe), elles sont constituées d’éléments contre-normatifs et seul le contexte de substitution permet de réduire la pression normative (Chokier, Moliner, 2006). L'échantillon est composé de 49 individus : des étudiants (RS/RSP) (n=32) en Sciences de l'Éducation2, des professionnels3 (RP) (n=17) issus du Grand Toulouse (Département de la Jeunesse) et de la Direction du Développement Social de la mairie toulousaine, et inscrits dans des programmes relevant de la Réussite Éducative, de la Prévention, d’Accueil Jeunesse, du Conseil Local de Sécurité et de la Prévention de la Délinquance.

3.2 Méthodologies d'analyse des données

Cet article utilise l'Analyse de Similitudes (IRaMuTeQ4, Ratinaud, 2009). Reposant sur la théorie des graphes, elle est classiquement utilisée pour décrire des représentations. Les analyses de similitudes à partir du corpus de presse et des associations libres (terme inducteur « bande de jeunes ») nous donnent à voir les mots les plus fréquents associés à l'objet et leur organisation. L’objectif est d'étudier la proximité et les relations entre les éléments représentationnels de l'ensemble afin de tenter de dégager un sens de la représentation. « En tant qu’outil de représentation et de communication, le langage, écrit ou oral, permet de nommer émotion, sentiments, affects, humeurs et d’exprimer la complexité des états subjectifs qui leur sont associés » (Piolat & Bannour, 2009, p 659)⁠. Si les chercheurs s’intéressent au langage (et donc au lexique) pour étudier la nature et la structure de l’émotion, il reste difficile pour les acteurs de définir clairement la différence entre ses états subjectifs de prime abord, c’est pourquoi nous repérons l'ensemble du discours affectif pour questionner cette dimension.

 

4. Présentations des résultats 5

4.1 Le traitement médiatique de la « bande de jeunes »

Cette analyse de similitude met en avant l'« image » de la BDJ au sein du discours médiatique.

Illustration 1: Analyse de similitudes (Arbre maximum) des 100 mots les plus fréquents

Sans grande surprise, le traitement médiatique de la BDJ s'organise autour de plusieurs thèmes majeurs : la police, la violence, le policier, le quartier, l'agression. Le centre de gravité repose sur le mot police, avec la fréquence d'apparition la plus élevée. Il se décline au travers de ses modalités d'action (enquête, affaire, problème, interpeller, expliquer, etc.) et s'affine avec le thème de la sécurité au travers de l’appellation de « forces de l'ordre » et de la question de l'ordre public. Le policier est la figure d'autorité correspondante (22), acteur d'affrontements, mais aussi victime d'agressions. Cette figure est associée au contexte de la banlieue (cité, saint). Ce thème du contexte renvoie à un autre des thèmes généraux : le quartier (22). Ce dernier se décline au travers du milieu urbain (ville, rue), de ses figures (groupes, membres, origine (venir) et du mot banlieue. Une ramification supplémentaire est celle du contexte temporel : le milieu nocturne (nuit, soir) et des jours précis (notamment le week-end : dimanche, samedi). Une autre modalité (voir et garder), la garde à vue, mode d'action de la police est directement liée au thème de l'agression : l'association du mot prendre (18) à coup (16) avec la figure de l'adolescent et l’ultime conséquence : tuer. Remarquons néanmoins qu'ici le mot prendre est également associé avec le lexique politique (10) (parti, national, président, général). Une autre relation avec la politique se retrouve avec la mot premier (toujours relié à police (14)) au travers notamment de la figure du premier ministre (18). La deuxième position du mot le plus fréquent revient à violence (fréquence d'apparition de 265). Violence est fortement liée à mort (20) et victime (10), et renvoie également au mot pays (14) et nouveau (11) soulignant ici l'idée d'une violence nouvelle. À partir de violence se dessinent deux ramifications l'une déclinant l'arme (15) blanche (15) notamment, l'autre reposant sur le mot mettre (29) renvoyant à des modalités d'action (mettre en place, mettre à jour, retrouver) et à la figure du mineur. La dernière ramification examinée est celle liant la violence au thème de la société (14) française (8), elle même reliée au mot France (19), relation poursuivie au travers des mots politique (14) et social (15).

Cette analyse permet de mettre en avant le lexique associé à l'expression BDJ au sein de la presse écrite, mais aussi son organisation : la place centrale du mot police associée le plus fréquemment au thème de la violence et du quartier. La police est mobilisée sous l'angle du retour à l'ordre au travers du travail policier et de l'expression « force de l'ordre », actrice du maintien de l'ordre public et de la sécurité. Thème précisé par le mot policier qui nous présente alors un contexte (la banlieue) et le risque (affrontement, agression). Ces éléments peuvent être entendus comme l'incarnation d'un premier pan de la construction médiatico-politique, reposant sur un des méta-discours de la peur collective : le retour à l'ordre. Un deuxième élément renvoie au thème de la violence, qui peut-être entendu sous l'angle d'un deuxième méta-discours : le déclin général étayée par l'escalade d'une violence des jeunes (coup, agression, adolescent, mineurs), qui questionne la société française. Un troisième méta-discours apparaît : le bouc-émissaire, au travers d'une focalisation sur le thème du quartier (membre, groupe, venir, banlieue). La banlieue joue également lieu de contexte spatial (cité) et temporel (nocturne, week-end). Ces résultats soulignent la véracité de cette construction médiatico-politique, nous amenant à la nommer « bande de jeune médiatique » afin de la distinguer de sa réalité sociale et sociologique : l'agrégation juvénile, le groupe informel d'adolescents. En écho, la représentation médiatique de l'objet BDJ est caractérisée ici par une dimension affective relevant de la peur. Cette construction médiatico-politique de la bande de jeune se réfèrent aux travaux de la dynamique de la peur, notamment à Glassner (cité par Jodelet, 2011)⁠ qui évoque une véritable « culture de la peur ». Les étude en psychologie montrent que la peur se caractérise par une attention fixée sur le danger ou la menace, une diminution de la capacité à traiter l'information et une augmentation des conduites d'échappement ou de risque (Jodelet, 2011; Luminet, 2008; Niedenthal et al., 2008; Rimé, 2005)⁠. Cependant, cette perspective psychologique semble omettre la dimension sociale de la peur. Jodelet (2011) remarque « l'on étudie peu les figures concrètes qu'elle prend dans la vie sociale et les conséquences qu'elle entraîne dans les relations qui s'y nouent »  (p 239). Pourtant, la peur revêt des formes, des contenus, des conséquences qui diffèrent suivant les temps, les menaces et les cultures. Il existe donc des peurs individuelles, mais aussi collectives, sociales, professionnelles (Laurent, 2006). Nous supposons que le représentation médiatico-politique va induire ce type d'expérience émotionnelle et donc avoir un impact sur les système représentationnel de notre objet BDJ. En outre, Guimelli et Rimé rappellent que les effets sociaux des émotions sont plus intenses quand il s'agit d'un événement collectif communiqué par les médias telle une menace commune (la référence sociologique à la théorie de la peur collective et des paniques morales prend ici tout son sens) : « Quand un événement émotionnel frappe collectivement, les conséquences sur le plan de la communication enflent souvent de façon spectaculaire ».(Jodelet, 2011, p 242).

4.2 Représentations de la BDJ chez les professionnels (en poste et en formation)

L'analyse de similitudes des associations libres visent la mise en évidence des éléments constitutifs de la représentation et leur organisation au sein des deux groupes.

Illustration 2: Analyse de similitudes en contexte normal

En contexte normal, un premier pan de la représentation renvoie à la banlieue, comme élément organisateur, associée à la délinquance et à la conduite masculine (garçon). La BDJ associée à la banlieue renvoie également au groupe et au collectif (ensemble). Un autre élément représentationnel s’articule autour de la musique, en relation avec le partage d'une amitié. Un dernière relation est mise en évidence, dans une moindre mesure, et se dégage du reste des éléments de représentation : la stigmatisation et la politique, renvoyant ici au qualificatif de construction médiatico-politique qui s'avère être une réalité pour une partie des sujets. L'image de la BDJ renvoie donc essentiellement à un groupe de banlieue, lié dans une moindre mesure à des actes délinquants, précision faite que certains éléments dénoncent le traitement médiatique dont fait l'objet le phénomène pour se retourner vers des items plus neutres évoquant le groupe, la sous culture juvénile et l'adolescence. En contexte normal, il n'apparaît aucun vocabulaire que nous pourrions rattacher à l'affectif de prime abord. Cependant, le terme délinquance apparaît dès à présent comme constitutif de le représentation de l'objet, en tant qu'élément criminalisant et transgressif propre au fonctionnement de la BDJ..

Illustration 3: Analyse de similitudes en contexte de substitution

En contexte de substitution6, la représentation apparaît beaucoup plus fournie. Un premier élément représentationnel est la violence, qui apparaît comme organisateur si l'on se réfère aux nombreux éléments qui gravitent autour et au nouvelles branches qui se dessinent renvoyant d'une part à la banlieue et à la délinquance, et d'autre par aux incivilités. La relation la plus forte de ce réseau sémantique est celle entre banlieue et violence (5), qui se poursuit par une relation entre banlieue et délinquance (4). Sur un autre versant, la violence est relié aux incivilités (3), elles-mêmes en relation avec le mot peur (3). La violence, en tant qu'élément organisateur, est reliée à la drogue (3), au danger (2), à l'insécurité (2), des éléments d'explication apparaissent néanmoins, mais dans une moindre mesure, l'exclusion (2) et l'échec parental (2). Il est intéressant d'observer qu'au mot danger est associé une « figure » du jeune en bande : le voyou (2). La délinquance s'organise autour de la banlieue et de la violence mais également de l'adolescence (2) et de l'économie parallèle : le trafic (2). La banlieue quant à elle est reliée à l'immigration (2). Les incivilités, fortement reliées à la violence, découlent sur les notions de peur (2) et de problème (2). Ce premier pan de la représentation signifie la BDJ sous l'angle de la violence et de la délinquance, en lien avec un contexte : la banlieue (et l'immigration), génératrice de déviance (de trafic). La violence s'illustre par des incivilités, génératrices de dimensions affectives et de termes pouvant s'y rattacher : la peur, le problème, le danger. Nous retrouvons ici dimension affective induite dans la construction médiatico-politique (reposant sur violence et désordre) et caractérisée par la composante émotionnelle : peur (Scherrer, 2006). La peur est ainsi un des éléments représentationnels de la bande de jeunes, en lien direct avec un des éléments organisateurs la violence, et une des ses manifestations dans l'espace public : les incivilités. Ces résultats viennent confirmer de précédentes études où les termes de peur et violence sont fortement corrélés et indiquent une forte présence dans le contenu de la représentation : celle de l'insécurité par exemple (Garoscio, 2006). Le deuxième pan de la représentation renvoie à des éléments relevant de la signification de la bande comme un groupe (qui se rapproche de ceux énoncés en contexte normal) : l'élément organisateur serait l'identité, relié au groupe (3), lui-même en lien avec la solidarité (3). L'identité renvoie aux codes et aux valeurs (2), le groupe au territoire (2), la solidarité à l'amitié et aux affinités (2). Ces résultats permettent d'observer un ensemble d’éléments tus en contexte normal, qui renvoient aux zones muettes de la représentation (Chokier, Moliner, 2006). Ces sous-cognitions accentuent la dimension criminalisante de l'objet, elles renvoient à des contenus se rapprochant de ceux de la construction médiatico-politique de l'objet, nourries de stéréotypies mais aussi d'éléments d'ordre affectif, comme la peur, la violence, le danger. L'analyse nous révèle des représentations distinctes, reposant sur des lexiques particuliers. Elle interroge sur le sens attribué à cette objet, mais aussi sur l'origine de ces multiplicités de représentations. Rapellons que le questionnaire s'adressait à des travailleurs sociaux en formation et en poste.

 

5. Discussion

5.1 Retour sur les hypothèses

L'analyse du corpus de presse (H1) met en évidence des thèmes fréquents associés à l'objet : notamment la police, la violence et le quartier, nous poussant à renommer notre objet, tel que référencé par les médias, « bande de jeunes médiatique », où les schémas de compréhension mis en place sont indépendants de leurs réalités sociales et sociologiques. La bande de jeune semble devenir un attribut de la banlieue (ou vice versa), sous l'angle de la violence. L'analyse des associations libres (H2) permet de dessiner les contours des représentations recueillies. La BDJ est, en grande partie, contextualisée à la banlieue et associée à la délinquance en contexte normal. En contexte de substitution, violence est un des mots les plus fréquents, suivi de délinquance. Il est intéressant d'observer que des mots d'ordre affectif constitueraient la zone muette de la représentation (danger et peur), ainsi que des mots renvoyant à la communication médiatique sur l'objet (H1) à partir des thèmes de l'insécurité, de l'économie souterraine, des violences urbaines. Finalement une typologie de la BDJ est dressée : un groupe de jeunes violent de banlieue. En parallèle de ces premiers éléments, se dessine un autre réseau d'éléments représentationnels basé sur la construction identitaire et le groupe, réaffirmé en contexte de substitution.

5.2 La nature de l'objet bande de jeunes

La synthèse de ces interprétations permet de proposer plusieurs axes de recherches. D'un point de vue fondamental : les éléments mis en avant lors du 2ème test révèlent des éléments affectifs au sein de la zone muette, nous permettant de considérer la BDJ comme un objet sensible, « objets de représentation qui intègrent dans leur champ représentationnel des cognitions et des croyances qui sont susceptibles de mettre en cause les valeurs morales ou les normes sociales valorisées par le groupe d'appartenance du sujet » (Guimelli &Rimé, 2009, p175). L'hypothèse de cette zone muette sous-entendrait alors que des effets de masquage (Flament, 2006) sont en jeu. La fonction de masquage pourrait permettre aux acteurs d'agir sur un objet négativement connoté, criminalisé. Les résultats présentés nous interrogent donc sur cette dimension « cachée » (Champy-Remoussenard, 2010)⁠ des représentations. Pourquoi les professionnels (ou futurs professionnels) semblent refuser de rendre visible cette dimension ? Pour quelles raisons les rendraient-ils visibles ? Ils génèrent également des questionnements au niveau épistémologique, méthodologique et praxéologique : quelles conditions langagières et quels types d'échanges vont favoriser l’émergence de cette dimension cachée? L'objet sensible permet également de travailler sur la dimension affective des représentations, et plus particulièrement sur leurs composantes émotionnelles, notons une nouvelle fois que « les émotions vont être intégrées dans le contenu de la représentation en rendant saillantes des attitudes ou des croyances spécifiques » (Guimmelli, Rimé, 2009, p 180). Des études exploratoires (Campos & Rouquette, 2000)⁠ montrent que c'est le terme inducteur violence qui provoquent significativement les plus fortes (ré)actions liées à l'émotion peur. En d'autres termes, lorsqu'une émotion est associée à un inducteur avec une certaines intensité, elle est également associée aux réponses en termes d'attitudes ou d'intentions d'actions avec une intensité comparable.

On peut alors se demander quelles émotions sont à l'oeuvre chez les professionnels et comment sont-elles régulées, sachant la BDJ dans la communication sociale est couramment associée à la violence, ce qui pourrait en faire un objet de peur.

5.3 Quelles implications pour les professionnels de l'action éducative ?

Les conséquences que la peur peut avoir sur les rapports intergroupes et l'acceptation de l'autre particulièrement dans des cadres professionnels interrogent également. Dans le travail social, bien souvent le professionnalisme est opposé à l'affectivité (Dumont, 2010), on assiste à une euphémisation de cette dimension. Pourtant ces métiers, où la relation est constitutive de la profession (Demailly, 2001; Dubet, 2002; Dumont, 2011; Mias, 1998), sont traversés par des thématiques affectives à plusieurs niveaux. Au niveau social, dans la communication médiatique, par exemple, mais aussi aux niveaux intra et inter-individuel dans l'exercice quotidien de leur métier. Les relations peuvent alors être affectées notamment par cette peur qui va elle-même provoquer différentes réactions émotionnelles. Laurent (2006)⁠ évoque l'omerta que génère la peur, l'apparition de cette émotion uniquement dans la zone muette y fait écho. Certains professionnels évoquent « le couvercle du silence et les non dits avec la peur de la peur » (p 73). En outre, les émotions de valences négatives (appréhension, peur, anxiété, panique) favorisent la prise de distance, le découragement, le désengagement de la situation (Rimé, 2005). Donner accès à cette dimension affective, revêt un enjeu social fort car il pourrait permettre à la fois de lever les non-dits, l'interdit et aussi éclairer l'injonction paradoxale faite aux professionnels de toujours être plus engagés, impliqués, tout en étant garant d'une « bonne distance » émotionnelle et éducative. (Dumont, 2011; Mias, 1998). Si les émotions sont intrinsèquement liées aux intentions d'action (Frijda, 2003)⁠, alors elles permettent d'approfondir le lien entre RS et organisation de l'action, notamment en interrogeant les pratiques à propos de l'objet bande de jeune.

5.4 Enjeux praxéologiques

Les professionnels qui se retrouvent bien souvent, face à des situations difficiles ne peuvent donc faire l'impasse sur la relation et les ressentis (Fougères & Labbé, 2012)⁠. Si le PSE permet l'ancrage des expériences dans les RS, il a également pour fonction de resserrer les liens du groupe d'appartenance et de redonner du sens à la dissonance cognitive créée (Rimé, 2005). En ce sens, de précédentes recherches ⁠(Dumont, 2009; Fougères, 2010)⁠ montrent que le partage social des émotions au sein des formations pourraient permettre aux professionnels et futurs professionnels de resserrer le trop grand décalage ressenti entre réalité et cognitions initiales.

Dumont (2009)⁠ propose un partage professionnel des émotions (description, explication, compréhension) comme « outil de formation » (p291) permettant aux étudiants « d’élaborer une identité professionnelle», et de redonner du sens, de (re)signifier les objets de représentations entre pairs. Notamment, il pourrait permettre d'autres formes de savoir qui viendraient contrebalancer les effets de la communication médiatique. Cette étude peut donc amener des pistes de réflexion quant à la création de dispositifs opérationnels et raisonnés.

 

6. Conclusion

Conclure cette présentation nous permet de revenir sur deux points essentiels, d'une part la participation de la réalité médiatique à la construction de la réalité sociale et professionnelle, au travers des processus socio-cognitifs en jeu (communication sociale, représentations, PSE), et d'autre part les qualités particulières de l'objet de représentation : sensibilité, complexité, multiréalité. La présence d'éléments représentationnels médiatiques au sein des représentations de l'objet interroge quant à la véracité de la BDJ comme objet professionnel. Notamment, les connaissances produites sur cet objet relèvent davantage de la communication médiatique que du processus socio-représentationnel propre : groupe, objet et pratique professionnelle concourrant à l'élaboration des RP (nous nous attendions, en effet, à des représentations relevant de savoirs professionnels expérentiels ou de contenues de formation, et non de connaissances médiatiques). Ces premiers résultats soulèvent des interrogations en terme de formation, où la re-signification de l'objet semble nécessaire, et plus largement en terme d'intégration de cet objet dans des cadres de référence professionnels. Comment les professionnels se dégagent-ils de la communication sur l'objet pour construire des représentations différenciées, comment la BDJ fait -elle alors sens dans leurs pratiques?

 

Références

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1Bases de données Europress et Factiva

2Licence Professionnelle, Master Professionnel, DHEPS (Diplôme de Hautes Études en Pratiques Sociales)

3Attaché territorial, coordinateur de Réussite Éducative, responsable médiation CEL, agent de collectivité locale, ES, EJE, psychologue, animateur, responsable Accueil Jeunesse, responsable FPT, assistant socio-éducatif, responsable de l'Office de la Tranquillité.

4Interface de R pour les Analyses Multidimensionnelles de Textes et de Questionnaires

5 Guide de lecture des résultats de l'Analyse de similitudes : les mots les plus fréquents du discours correspondent aux plus « grands », les indices sur les arêtes illustrent la force du lien entre les termes (plus l'indice, indiqué entre parenthèse dans le texte, est élevé, plus la relation est forte), l'arbre maximum permet d'observer l'organisation des éléments de l'ensemble, les mots en italiques dans le corps du texte correspondent aux mots mis en évidence par l'analyse.

6Selon vous quels sont les 5 premiers mots qui viennent spontanément à l'esprit des français quand ils entendent BDJ.

 

 

 

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