522 - Incidences de la scolarisation sur la formation de l'esprit critique

Maryse Joubert ( Genty)

Université J. M. St-Etienne- E.C.P.

 

Mots clés : esprit critique, scolarisation, collège,

 

Prenant en compte la difficulté à mettre en adéquation la volonté réitérée par l’institution scolaire de développer l’esprit critique et la mauvaise lisibilité de ce concept au sein de l’école, l’objectif de la recherche présentée est de trouver des éléments de compréhension, sur un processus en marche. Notre question pourrait être ainsi posée : l’école est-elle ou n’est-elle pas un lieu favorable à la formation de l’esprit critique ?

Partant d’une définition large de l’esprit critique comme démarche active de mise en question des autres et de soi-même, permettant de n’accepter un fait ou une opinion qu’après en avoir examiné la valeur pour déterminer que croire ou faire, notre propos est d’établir un « état des lieux » : examiner quelles façons l’école a de le développer, sous quelles formes, dans quelle organisation, à quelles conditions, quelles modalités d’action elle utilise et, en même temps, quels freins ou quels obstacles elle dresse consciemment ou non. L’objectif est de trouver des éléments de compréhension en observant et analysant des situations, des discours (ou des non-dits) de différents acteurs ainsi que des pratiques éducatives( Payet,1997) Des observations au collège, en classe de 4ème et de 3ème essentiellement, poursuivies pendant plusieurs mois (avec prise de notes, enregistrements, écrits d’élèves), des entretiens avec les enseignants (questions ouvertes) et avec des élèves hors école, constituent  le matériau étudié.

Pour mener à bien cette étude qualitative/ interprétative, nous nous appuyons sur les travaux de Jacques Boisvert et Jacques Piette qui examinent différentes conceptions de la pensée critique en éducation : R.Ennis, M.Lipman, (Lipman, 2006), R.W Paul, J.E.H. Siegel par exemple. Ils y relèvent des divergences liées à deux perspectives (l’une philosophique et l’autre de la psychologie cognitive), mais aussi des consensus notamment pour considérer la pensée critique comme « un processus cognitif complexe faisant appel à la maîtrise d’habiletés intellectuelles supérieures » (Piette,1996).

Les premières analyses montrent des relations complexes créant à la fois obstacles forts et possibilités de construction de l’esprit critique. C’est le cas notamment en ce qui concerne la relation d’autorité, les savoirs acquis ou ceux mal ou pas maitrisés (hors et dans l’école), le poids des « déjà là », les interactions entre les différents acteurs. C’est le cas aussi des valeurs sur lesquelles s’appuient adultes et élèves, du rôle de l’affectivité, et d’une temporalité qui fait figure d’élément crucial.

 

Références bibliographiques :

BOISVERT, Jacques, (1999) La formation de la pensée critique. Ed. De Boeck Université

LELEUX Claudine, ROCOURT Chloé, (2010), Pour une didactique de l’éthique et de la citoyenneté : développer le sens moral et l’esprit critique des adolescents. De Boeck (308p)

LIPMAN Mathew (2006) A l’école de la pensée : enseigner une pensée holistique. De Boeck Université ,2ème édition

PAYET Jean-Paul, (1997) Collèges de banlieue : ethnographie d’un monde scolaire. Paris: Armand Colin

PIETTE, Jacques, (1996)  Education aux médias et fonction critique.   L’Harmattan