507 - La métacognition dans la compréhension écrite : Une recherche en classe

 Margherita Vitale

Istituto Comprensivo “Dante Alighieri”, Italie

 

Mots clés: Métacognition, Auto-questionnement, Compréhension écrite

 

Cette étude part du constat que le principal problème d’un groupe d’élèves, où cette recherche a été menée, c’est la compréhension écrite. On peut la considérer une étude de cas, car seulement une classe à été concernée par la recherche, en étant destinataire d'un financement du Ministère de l'Education Italien pour un projet (PQM) d'amélioration  des pratiques didactiques  face aux problème relevés dans le test SNV.

Ce constat est le résultat d’un un questionnaire administré, à l’égard des difficultés rencontrés pendant le déroulement du test d’évaluation nationale italien (SNV). Les élèves, du premier an du collège, où la recherche a été conduite (l’Istituto d’Istruzione Secondaria Inferiore « San Francesco d’Assisi »), ont indiqué que leur principale difficulté a été la compréhension des consignes, puis la complexité des textes, et la « non-connaissance » de la valeur de quelques mots (Vitale, 2012). Souvent les élèves pensent avoir compris ce qu’ils lisent, mais les résultats qu’ils obtiennent, soit dans les tests standardisés, soit dans les activités quotidiennes, montrent le contraire (Thorndike, 1917) : en réalité ils ne se rendent pas bien compte s’ils comprennent ou pas. Cette étude a visé à rendre les élèves conscients de leur compréhension en se posant des questions avant, pendant et après la lecture, soit au niveau métacognitif, soit au niveau cognitif. La métacognition théorisée par Flavell (1976, 1979) c’est la connaissance qu’on a à l’égard de nos procédés cognitifs et par conséquent, la capacité de contrôler et régler ces procédés. On a utilisé la méthodologie de l’auto-questionnement, suivant le modèle d’Irwin (1991) : Explain, Model, Question, Activity. Les élèves ont été aidés à apprendre cette méthodologie à travers ces phases :

1ère Phase (Explain) : l’enseignant a expliqué le processus aux élèves et leur a expliqué Pourquoi, Comment et Quand l’utiliser.

2ème Phase (Model) : l’enseignant a modelé son processus de pensée pour montrer aux élèves comment agir, en se posant des questions pendant tout le déroulement de la tâche de lecture.

3ème Phase (Question) : l’enseignant a posé des questions aux élèves pour leur permettre de modeler leur stratégies de pensée en utilisant plusieurs types de textes.

4ème Phase (Activity) : après avoir été suffisamment entraînés, des activités ont été données aux élèves pour leur faire utiliser la stratégie de manière de plus en plus indépendante.

Cette méthodologie représente, ainsi, une forme d’enseignement stratégique (Tardif, 1997), où, à différents moments, l’enseignant et les élèves déroulent une tâche spécifique. Donc, en utilisant cette méthodologie, les élèves ont pu se rendre compte s’ils comprenaient ou pas ce qu’ils lisaient, quelles étaient leurs difficultés : le lexique, la complexité d’un texte, les connecteurs logiques. Ils ont amélioré leurs performances face aux activités de compréhension. À la base de l’utilisation de cette méthodologie il y a eu l’idée que la capacité de se rendre compte c'est la partie la plus importante du processus de lecture, car d'une partie elle permet aux lecteurs de revenir sur des points qui ne sont pas clairs, de faire appel aux connaissances déjà possédées, de mettre en évidence leurs problèmes. D'une autre partie, cela peut devenir le premier pas qui mène  même à l'auto-évaluation, impossible sans une véritable prise de conscience : en effet la lecture n’est pas seulement un processus linguistique ou de « déchiffrage », mais c’est surtout un processus cognitif.

 

Références bibliographiques :

FLAVELL J. H. (1976). Metacognitive aspects of problem-solving. In L.B., Resnick (Ed.). The nature of intelligence (p.231-235) . Hillsdale, N.J.: Lawrence Erlbaum Associates.

FLAVELL J. H. (1979). Metacognition and Cognitive Monitoring. In American Psychologist , Vol.35, N. 10, pp. 906-911.

IRWIN, J. W. (1991). Teaching Reading Comprehension Processes. Upper Saddle River, NJ: Allyn and Bacon.

TARDIF J. (1997). L’enseignement stratégique: introduction à la psychologie cognitive. Québec: Editions Logiques.

THORNDIKE E. L., 1917, The Understanding of Sentences: A Study of Errors in Reading. The Elementary School Journal , Vol. 18, N.2, pp. 98-114.

VITALE M. (2012). Le système d’évaluation nationale italien (INVALSI) comme outil pour mettre en évidence un déficit de compétences. Actes du XXIV Colloque International de l’ ADMEE Europe, Luxembourg.