493 - Choix du collège dans un contexte d'assouplissement de la carte scolaire. Les logiques d'action des parents d'élèves d'un quartier de centre-ville et d'une commune de banlieue d'une grande métropole

Yoann Adler

Université Lyon 2, UMR Triangle, France

 

Mots clés : choix du collège, familles, logiques d'action

 

Depuis le 4 juin 2007, un assouplissement de la carte scolaire est en vigueur sur tout le territoire français. L’objectif de cette mesure est double : répondre à la volonté des familles et favoriser la mixité sociale dans les établissements. Malgré la volonté du nouveau ministre de l’Éducation nationale socialiste, Vincent Peillon, de changer le système existant, aucune solution de remplacement n’a encore été, à ce jour, communiquée par le ministère. Les quelques travaux menés sur la mesure d’assouplissement de 2007 montrent que les demandes de boursiers sont restées faibles (Fack & Grenet, 2011) tandis que, dans un même temps, les établissements les plus défavorisés ont connu d’importantes pertes d’effectifs (SNPDEN, 2010) et une homogénéisation de leur population scolaire (Merle, 2011). Des enquêtes qualitatives ont été réalisées sur le choix de l’établissement par les familles (van Zanten, 2009 ; van Zanten, 2001), mais elles sont antérieures à la mesure d’assouplissement de 2007. Aussi, proposons-nous de nous intéresser aux choix du collège par les familles et à leurs logiques dans ce nouveau contexte qui légitime le choix de l’établissement et tente de le faciliter avec la diffusion d’informations, qualitatives et quantitatives, sur les établissements, jusqu’alors inexistantes pour les collèges. Cela amène à se poser plusieurs questions. En effet, les sources d’informations utilisées par les parents ont-elles évolué ? Qu’en est-il des informations privilégiées par les parents ? Comment ont évolué les inscriptions pour les collèges privés et leurs justifications ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre en nous appuyant sur le cadre théorique du régime de justification développé par Boltanski et Thévenot (1991). Ainsi, allons-nous tenter de dégager les principes de justice mobilisés par les parents d’élèves – civique, domestique etc. - pour justifier leurs actions ou critiquer celles des personnels de l’Education nationale. Notre travail s’appuie sur enquête qualitative réalisée, entre les rentrées scolaires 2008 et 2012, sur un quartier du centre-ville et une commune de la banlieue d’une grande métropole. Une centaine d’entretiens compréhensifs (Kaufmann, 1996) ont été menés auprès de parents d’élèves et des responsables de leurs associations locales et départementales, mais également, des personnels de l’Education nationale – Directeur académique des services de l’éducation nationale, directeurs de collèges publics et privés, directeurs d’école etc. – et des acteurs des collectivités territoriales – vice président du conseil général chargé de l’éducation etc. Parmi les résultats que nous présenterons : - Dans une logique d'efficacité, les parents d'élèves continuent à privilégier les réseaux personnels de parents ; - Des parents d’élèves ont mobilisé la référence domestique pour critiquer les délais de réponse à leur demande de dérogation et de fait, ont préféré maintenir l’inscription de leur enfant dans un collège privé plutôt que de profiter de leur dérogation acceptée.

 

Références bibliographiques :

Boltanski, L., & Thevenot, L. (1991). De la justification : les économies de la grandeur. Paris : Gallimard

Fack, G., & Grenet, J. (2011). Rapport d’évaluation de l’assouplissement de la carte scolaire. CEPREMAP, Paris.

Kaufmann, J.-C. (1996). L’entretien compréhensif. Paris : Nathan.

Merle, P. (2011). La carte scolaire et son assouplissement. Politique de mixité sociale ou de ghettoïsation des établissements ? Sociologie, 2, 37-50.

SNPDEN (2010). Enquête sur l’assouplissement de la carte scolaire : premiers résultats. Direction, 178, 49-57.

Van Zanten, A. (2009). Choisir son école. Les stratégies éducatives des classes moyennes. Paris : PUF.

Van Zanten, A. (2001). L’école de la périphérie. Paris : PUF.