*451 - Recours à une méthodologie intercompréhensive dans la classe de langue étrangère : effets sur l’apprentissage et conditions d’application pour l’enseignement

En l'absence de dépôt de l'auteur, voici le projet déposé avant expertise.

 

DOZIN Florence

CEit, Université catholique Louvain

 

Mot-clés : Intercompréhension, EuroComRom, biographie langagière, prise de risque, rapport à l’erreur.

 

Nous présenterons une première analyse des résultats obtenus lors de la mise en place d’une expérimentation consacrée à l’application d’une approche intercompréhensive en contexte scolaire (Italie, Sardaigne, cours de français, seconde langue étrangère, débutants). Le dispositif expérimental permet une mise en relation des caractéristiques des apprenants avec l’évaluation de leur niveau en compréhension écrite au terme de l’insertion d’un parcours méthodologique inspiré des principes énoncés dans l’ouvrage Les Sept Tamis. (Meissner & al, 2004). Afin de neutraliser les effets de la méthodologie, différents groupes-classes ont été impliqués, répartis selon deux catégories : des groupes-test -sensibilisés aux techniques intercompréhensives d’EuroComRom- et des groupes-contrôle -soumis au même matériel pédagogique, abordé au moyen d’autres techniques de compréhension-. Le choix du contexte d’expérimentation répond à un critère psycholinguistique -la biographie langagière des apprenants- et interroge l’éventuelle influence de l’environnement linguistique des élèves sur l’efficacité de la méthodologie. Ainsi, les deux collèges impliqués dans l’expérimentation se distinguent de par leur connaissance ou non du sarde : le premier, situé en zone rurale, se caractérise par un maintient de la langue et des traditions sardes, alors que le second se trouve dans un centre urbain, davantage marqué par la domination de l’italien. A la suite de Selinker (1972), qui a proposé un modèle capable de décrire la langue des apprenants d’un nouvel idiome –l’interlangue-, les recherches en acquisition du langage démontrent que l’apprenant construit effectivement sa compétence en se basant notamment sur sa langue-source. Dès lors, il s’agira d’observer l’état de cette construction lors de l’application d’une méthodologie qui donne un grand poids aux pré-connaissances des apprenants et les recommande en tant que potentielles bases de transfert pour le décodage du sens en langue étrangère. Une variable, en particulier, sera au centre de notre recherche : la prise de risque, c’est-à-dire la disposition des apprenants à se lancer, au risque de se tromper (Beebe, 1983). Cette caractéristique joue-t-elle ou non un rôle lors de l’application d’EuroComRom ? En outre, peut-on observer une éventuelle variation de celle-ci dans le temps ? En d’autres mots, la méthodologie influence-t-elle la prise de risques des apprenants ? En conclusion, nous énoncerons quelques conditions nécessaires pour la mise en pratique de l’intercompréhension en institution scolaire ainsi que des pistes pour un travail de préparation à l’insertion d’une telle méthodologie.

 

Références :

Beebe, L.M. (1983) "Risk-taking and the language learner". In Selinger, H.W. and Long, M.H. (Eds.) Classroom Oriented Research in Second Language Acquisition. Newbury House: Rowley, Mass, pp. 39-66. Meissner, F.-J. & al. (2004) EuroComRom - Les Sept Tamis : lire les langues romanes dès le départ - Avec une introduction à la didactique de l'eurocompréhension. Aachen: Shaker Verlag. Selinker, L. (1972) "Interlanguage". In IRAL: International Review of Applied Linguistics in Language Teaching, 10: 3, pp. 209-231.