425 - L'élévation des potentialités éducatives des images pour améliorer l’apprentissage des sciences à l’école.

Hassen-Reda DAHMANI

Laboratoire de Recherches en Didactique des Sciences- ENS Kouba - Alger (Algérie)

 

Mots clés : Didactique des sciences, images scientifiques, élèves, apprentissage, transcodage.

 

L'exploitation adéquate de systèmes sémiotiques non verbaux (tels que schémas, dessins, graphes...) est un enjeu didactique certain pour l’enseignement des sciences. Partant du fait que les images sont « des moyens d’expression qui orientent l’activité cognitive de l’élève dès le début de l’apprentissage et répondent à des besoins d’information fondamentaux » (Vezin et Vezin, 1988, p.655) mais aussi que « toute image se différencie de ce qu’elle représente parce qu’elle n’induit pas les mêmes actions-perceptions, donc les mêmes interprétations » (Clément, 1996, p.418) notre travail consistera alors à identifier les conditions qui permettent d’affecter aux images un rôle efficace dans l’apprentissage. Nos travaux proposent de dépasser l’hypothèse d’un lien directe entre images et acquisition de connaissances au profit de l’idée de médiation en vue d’apprendre aux élèves à recourir aux images comme des langages opératifs de la pensée. Une activité réalisée en 2005 à Alger a consisté à amener des élèves (60 élèves, âgés de 14-15 ans) du niveau 4e année d’un collège algérois (classe de 3e en France), à produire différentes transformations graphiques à partir d’une même image figurative proposée par l’enseignant. Celle-ci représentait de manière très dépouillée un écosystème forestier montrant une série d’arbres dont la disposition spatiale caractéristique pouvait être la résultante de l’effet d’un phénomène naturel que les élèves devaient élucider : la compétition entre individus vis-à-vis du facteur lumière. Le but était double : scientifique d’une part, en amenant les élèves à extraire de nouvelles informations à partir des graphes produits avec l’aide de l’enseignant afin que soit identifié le phénomène naturel n’apparaissant pas d’emblée dans l’image de départ; didactique d’autre part, par la familiarisation des élèves de ce niveau scolaire à des activités de conversion intrasémiotique afin de les éduquer à l’image et à l’abstraction. Les productions textuelles et graphiques de certains élèves rendent compte de l’évolution du processus de conceptualisation mais aussi des difficultés et contraintes qui s’y sont interposé. Cette étude de cas, transférable à d’autres publics d’élèves (d’autres contextes ou d’autres niveaux scolaires), fait ressortir que ce type d’activité, pour être efficace, doit être accompagné par des interactions langagières afin d’instaurer au sein de la classe un processus de négociation et de construction de sens. Ce type d’activité rejoint les recommandations de Duval (1995) qui indique la nécessité d’un tel travail d’apprentissage spécifique « centré sur la diversité des systèmes de représentation, sur l’utilisation de leurs possibilités propres, sur leur comparaison par mise en correspondance et sur leurs « traductions » mutuelles l’un dans l’autre » (p.6).

Ce sont autant de points qui interrogent le système éducatif en amont pour le développement précoce chez les élèves de compétences en termes d’activité de transcodage et de raisonnement.

 

Références bibliographiques :

Clément, P. (1996). Une typologie des images scientifiques, illustrée par des images d’A.D.N. Actes JIES XVIII, Les Sciences, les Techniques, et leurs Publics, 417-422.

Duval R. (1995). Sémiosis et pensée humaine. Berne : Peter Lang.

Vezin, J-F., Vezin, L. (1988). Illustration, Schématisation et activité interprétative. Bulletin de psychologie, Vol (386), 655-666.