*419 - Former à enseigner l’EPS par l’usage de vidéos sur les pratiques de classe

En l'absence de dépôt de l'auteur, voici le projet déposé avant expertise.

 

Lionel Roche

ACTé, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand II

 

Nathalie Gal-Petitfaux

UFR STAPS Clermont-Ferrand, Laboratoire ACTé (EA 4281) Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand II

 

Mot-clés : vidéo-formation, pratique de classe, Education physique et sportive

 

En France, le rapport de la concertation sur la refondation de l’école (2012) précise que « la vocation professionnalisante [de la formation initiale] doit être affirmée ». Aussi, l’usage de la vidéo en formation s’est développé récemment comme moyen de développement professionnel, à la fois pour ses effets vicariants (Meyer, 2012) et son potentiel à susciter des interrogations sur les expériences vécues en classe (Leblanc & Ria, 2010). Notre communication s’attache à présenter les effets d’un dispositif collectif de formation initiale intégrant des ressources audiovisuelles pour former des étudiants à prendre en main des classes en Éducation Physique et Sportive (EPS). L’idée de dispositif renvoie (Delarue-Breton, 2011) : a) à un ensemble complexe de ressources et b) au fait même de disposer et s’approprier ces ressources. Il s’agit donc d’étudier la façon dont les étudiants s’approprient la situation de formation pour construire des connaissances en lien avec l’intervention en classe. L’étude s’inscrit dans le cadre de la théorie du Cours d’action en anthropologie cognitive (Theureau, 2006) en référence à l’hypothèse de l’action et de la cognition situées (Hutchins, 1995 ; Suchman, 1987) et celle de l’énaction (Varela, 1989). 12 étudiants de 3ème année de licence STAPS, souhaitant être enseignant, formaient le collectif de formation. Le dispositif s’étalait sur 6 séances, chacune comportant 4 temps : a) visionnement par les formés (F) de traces vidéos de l’activité en classe d’un pair (F1 différent à chaque séance), b) analyse individuelle (écrite) par F de la pratique de F1 puis exposé oral de celle-là, c) analyse orale par F1 de sa pratique, d) débat collectif. La méthodologie utilisée a consisté à filmer à chaque séance la situation de formation. Un entretien d’auto-confrontation (Theureau, 2010) post-séance a été conduit avec F1 à partir des traces vidéos de son activité en formation, et les analyses écrites et orales, individuelles et collectives de F et de F1, ont fait l’objet d’une analyse de contenu, afin d’identifier sur quoi portaient leurs préoccupations, perceptions, émotions et interprétations. Les résultats ont permis de rendre compte de genèses dispositives (Paquelin, 2009) se traduisant par : a) le développement d’une réflexivité collective et individuelle permettant d’envisager des interventions futures, b) des expériences projectives (grâce à l’allo-confrontation) et c) l’accès à la compréhension de l’expérience corporelle de l’enseignant durant la leçon d’EPS.

 

Références :

Delarue-Breton, C. (2011). Hétérogénéïté, tensions implicites et influences sur les formats de travail proposés aux élèves dans l’enseignement/apprentissage de la langue première à l’école. Recherches en Education, 10, 45-55 Paquelin, D. (2009). L’appropriation des dispositifs numériques de formation, du prescrit aux usages. Paris : L’Harmattan Theureau, J. (2010), Les entretiens d'autoconfrontation et de remise en situation par les traces matérielles et le programme de recherche « cours d'action ». Revue d'anthropologie des connaissances, 4, 287-322