*411 - Questionner l’usage de l’autoconfrontation comme méthodologie d’analyse de l’activité : Quelle tension entre degré d’intervention et degré de compréhension ?

En l'absence de dépôt de l'auteur, voici le projet déposé avant expertise.

 

MUNOZ Grégory

CREN, Université de Nantes

 

VILLERET Olivier

CREN, Université de Nantes

 

Mot-clés: autoconfrontation, méthodologie, tension intervention/compréhension.

 

1. Cadre théorique et problématique : Historiquement ancrés dans une approche d’analyse plurielle (Altet, 2002), nous adoptons une perspective de « didactique croisée » articulant didactique professionnelle basée sur l’analyse de l’activité (Pastré, 2011) et didactique des sciences physiques centrée sur les contenus (savoirs et compétences). L’étude présentée propose une réflexion sur l’usage d’une méthodologie mobilisée dans le cadre des analyses de l’activité telles qu’elles peuvent être proposées dans les travaux se réclamant de la didactique professionnelle. Nous explorons plus en détail la question des enjeux liés à la tension entre deux positions extrêmes pouvant intervenir dans la mobilisation de la méthodologie d’autoconfrontation (Clot, 2005) par l’analyste de l’activité : d’une part, une attitude très compréhensive dénuée de toute trace d’intrusion, et d’autre part une attitude très interventionniste dénuée de toute intention compréhensive. Quels positionnements rencontrons-nous dans les autoconfrontations disponibles ? 2. Contextes des données empiriques mobilisés et cadre méthodologique : Afin de préciser notre questionnement, nous avons recours à des autoconfrontations menées lors de recherches dans des cadres différents, afin de comparer les postures adoptées par des chercheurs, notamment un cas « traditionnel » alliant didactique professionnelle et ergonomie et un cas de « didactique croisée ». Dans le premier cas, il s’agit de réaliser une analyse de l’activité en vue de construire une formation continue d’opérateurs. Dans le second cas, il s’agit de comprendre comment la mise en place d’une réforme peut impacter sur le développement professionnel d’enseignants. A l’aune des retranscriptions de ces séances, nous examinons comment elles ont été menées, les facteurs contextuels qui ont présidé à leur mise en place, et ce que cela semble avoir produit auprès des acteurs dont l’activité est analysée. 3. Premiers résultats et discussion : Entre intrusion et superficialité, il s’agit de déterminer quel degré d’intervention concourt à la compréhension de la situation du côté du chercheur comme du côté de l’opérateur ou de l’enseignant dont l’activité est analysée. En effet, une tension est toujours présente notamment envers une position trop compréhensive qui ne renverrait pas d’éléments de conseil ou d’apports pour les acteurs participants, qui dès seraient frustrés envers les retours de la recherche. D’un autre côté, une position trop intrusive, même si elle est menée selon la perspective de la méthode dite « critique-clinique » de Piaget, en vue de permettre un conflit cognitif estimé source de développement professionnel, pourrait apparaître par trop déstabilisante pour les acteurs en question.

 

Références :

Altet, M. (2002). L’analyse plurielle de la pratique enseignante: une démarche de recherche. Revue française de pédagogie, 138, 85-93. Clot, Y. (2005). Travail et pouvoir d'agir. Paris : PUF. Pastré, P. (2011). La didactique professionnelle. Approche anthropologique du développement chez les adultes. Paris : PUF.