*408 - La bonne université et ses fonctions pour de grandes figures philosophiques du XXè s

En l'absence de dépôt de l'auteur, voici le projet déposé avant expertise.

 

PSOMAS Sandra

ECP UJM de Saint-Etienne

 

Mot-clés : philosophie, université, enseignement supérieur, fonctions

 

La bonne université et ses fonctions font l’objet de thèses et de débats philosophiques récents, contemporains, que nous cherchons à identifier et analyser. En nous attachant un temps à une quadrature du cercle de cette étude, à quelques grandes figures philosophiques, soit Habermas, Chomsky, Derrida et Renaut, qui prennent parti sur les sens voire l'essence de cette institution historique en transformation incessante, demandons-nous quelles sont ces fonctions, ces perspectives d’une bonne université qui font consensus ou qui s'avèrent l’objet de nuances, de différences, de tensions et de débats. Les dimensions politiques, économiques et pédagogiques de l’université s’avèrent au cœur des enjeux axiologiques, prescriptifs et normatifs d’une bonne université. La liberté de questionner et de proposer peut permettre de soulever les problématiques économico-politiques et éthiques de l'université, que complètent les débats disciplinaires et d'enseignement. Les fonctions de l'université, entre culture, professionnalisation, rentabilité, formation de l'esprit critique voire de la personne, habitent ces dimensions consensuelles ou polémiques. Si la liberté d'interroger et de prendre parti s'impose généralement, si le mouvement de revendication d'une indépendance par rapport aux logiques économiques crée des rapprochements, les priorités de l'université divergent - entre une fonction de formation critique ou de formation culturelle par exemple - des spécificités de conceptions se dégagent, avec des discordances "en creux" ou exprimées. Renaut critique ainsi Derrida dont la focalisation serait "à côté" des problématiques fonctionnelles essentielles, et se distingue d'un Habermas proposant une forme de politisation de l'université, tandis qu'un équilibre entre culture et professionnalisation constituerait la voie de formation d'une bonne université. Les logiques de politisation proposées par Habermas et Chomsky constituent un axe de débat problématisant, tout comme la place des sciences humaines pour une bonne université. Ces thèses et tensions "politiques", économiques et pédagogiques nous mènent à interroger et concevoir l'université à venir, puisqu'il nous revient de la penser et de la réaliser.

 

Références :

Chomsky, N. (2010). Réflexions sur l'Université (textes réunis et traduits par Normand Baillargeon.). Paris : Raisons d'agir Derrida, J. (2001). L'Université sans condition. Paris : Galilée Renaut, A. (2002). Que faire des universités? Paris: Bayard