405 - La pédagogie universitaire numérique : regard sur les actions, interactions et collaborations régulées entre pairs.

DIAZ Diane

Icar, Université Lyon 2

 

Mot-clés: Formation universitaire, travail collaboratif, acquisition de connaissances et de compétences

 

Les sujets d'actualité, en sciences de l'éducation, sont marqués par un regain de recherches sur l’enseignement supérieur et sur la pédagogie universitaire en particulier. Dans ce contexte, le développement du numérique permet de renouveler les questions de recherche, de revoir les réflexions épistémologiques et d'actualiser les démarches méthodologiques. Ce paradigme en plein essor permet d'aborder différemment le travail collaboratif et offre de nouvelles pistes de réflexion sur la dynamique des régulations interindividuelles. Selon l’approche interactionniste décrite par David Le Breton (2004, 2008) « l’individu est un acteur interagissant avec les éléments sociaux et non un agent passif subissant de plein fouet les structures sociales à cause de son habitus ou de la « force » du système ou de sa culture d’appartenance » (p.46). Nous partons du constat que chaque membre interagit sur la communauté et dispose d’une place bien définie dans le groupe. Chacun à sa manière interfère avec son environnement. Ce postulat soulève de nombreuses questions sur les effets des actions et des interactions. Ainsi, il s'agit de se demander en quoi la dynamique instaurée entre pairs travaillant en collaboration sur un ordinateur favorise l'acquisition de connaissances et de compétences. D’un point de vue théorique cette étude se situe au carrefour de plusieurs sciences et s’appuie sur une approche pluridisciplinaire propre aux exigences des sciences de l’éducation. Elle se réfère aussi bien à la pédagogie universitaire (Jean-Marie De Ketele, 2010), à la psychologie socio-cognitive (Baker, 2002) qu’à la didactique (Carmen Batanero, 2001). Ce travail convoque également la didactique professionnelle (Pastré, Mayen & Vergnaud, 2006) puisqu’elle a pour objectif d’étude l’analyse des activités. Cette dernière permet de clarifier certains concepts et propose un modèle opérationnel pour aborder le travail de classe. Grâce à l’observation participante nous examinons la situation d’apprentissage tout en la vivant et en nous impliquant dans les diverses activités de classe. L’observation naturelle porte sur quatre promotions d’étudiants, inscrits en sciences sociales, enregistrés lors d’une situation d’initiation à un logiciel de traitement de données et librement regroupés en dyades et triades. Les données prises in situ sont issues de captures d’écran complétées d’enregistrements audio et constituent un corpus dense. Le but de cette communication est donc de présenter des résultats sur le développement de compétences collectives au sein d'un dispositif médié par les TIC. Elle permet de donner à voir les actions, collaborations et interactions entre pairs et par cette visibilité apporte une compréhension supplémentaire sur les modalités d'apprentissage à plusieurs.

 

Références bibliographiques :

Baker, M., Bernard, F. X., & Dumez‐Féroc, I. (2011). Integrating computer‐supported collaborative learning into the classroom: the anatomy of a failure. Journal of Computer Assisted Learning, 28(2), 161-176.

Batanero, C. (2001). Didáctica de la Estadística. Granada: Universidad de Granada.

De Ketele J.-M.,(2010). « La pédagogie universitaire : un courant en plein développement », Revue française de pédagogie, 172, pp. 5-13.

Filliettaz L., Schubauer-Leoni M.-L. (dir.), (2008). Processus interactionnels et situations éducatives. Bruxelles, De Boeck.

Le Breton D., (2004). L’interactionnisme symbolique, Paris, PUF, collection Quadrige Manuels.

Lebrun M. (2002). Théories et méthodes pédagogiques pour enseigner et apprendre. Quelle place pour les TICS ? Bruxelles, De Boeck.

Pastré, P., Vergnaud, G. (2006). La didactique professionnelle. Revue française de pédagogie, (1), 12-12.