390 - L’enseignement de l’atome vu par la physique-chimie en France et, par la physique et la chimie en Grèce

Konstantinos Grivopoulos

EA 4671 – ADEF, Aix-Marseille Université, France

 

Yves Matheron

Institut Français de l’Éducation – École Normale Supérieure de Lyon

EA 4671 – ADEF, Aix-Marseille Université, France

 

Mots clés : atome, transposition didactique, curriculum, interdisciplinarité

 

                Cette communication se propose de comparer la transposition didactique du concept de l’atome, effectuée à travers un corpus de manuels de l’enseignement scientifique (collège et lycée général) en France et en Grèce, au cours des vingt dernières années. Compte tenu des particularités curriculaires entre les deux pays, notre intérêt est centré sur deux objectifs :

  1. concevoir une grille d’analyse à finalité didactique des manuels scolaires, en prenant appui sur l’analyse du discours de vulgarisation scientifique, issue du courant sociolinguistique, ainsi que sur l’organisation praxéologique, élaborée au sein de la théorie anthropologique en didactique ;
  2. appliquer cette grille aux manuels retenus pour identifier des points communs, mais aussi des divergences, liées, à titre indicatif, aux éléments épistémologiques mentionnés (citation ou non du modèle probabiliste de l’atome ? énumération ou non des insuffisances des modèles antérieurs ?, etc.) ou au recours à une typologie iconique (modèles, maquettes, graphes, etc.).

Nous formulons l’hypothèse que ce thème d’étude est exploré par les manuels de physique-chimie français de manière globale et unifiée quant à sa phénoménologie, mais peu développée, s’agissant par exemple des ruptures épistémologiques propres à la succession des modèles atomiques, ou du principe de remplissage des niveaux d’énergie. En revanche, nous présumons que son approche interdisciplinaire au sein du curriculum grec - deux disciplines distinctes : physique et chimie - est cloisonnée, en ce sens que les cadres épistémologiques associés confèrent au concept visé des rôles différents. Ainsi, la physique scolaire s’intéresse à la modélisation de l’atome, tandis que la chimie l’appréhende comme la matérialisation du concept de l’élément chimique. Une mise en œuvre de tels programmes est cependant susceptible de provoquer des obstacles didactiques : d’une part, un « atome physique », auquel on attribue l’analogie planétaire (noyau et électrons gravitant autour en vertu de la force de Coulomb), les conditions de quantification, les raies spectrales des gaz, etc. ; de l’autre part, un « atome chimique », chargé de l’établissement de la liaison chimique, de la compréhension de la réaction chimique, de la périodicité des propriétés chimiques dans le tableau périodique, etc. En outre, se pose la question de savoir comment sont traités certains sujets de recouvrement entre les deux disciplines, tels que la description microscopique des états de la matière ou la notion de mole. Dans une perceptive de recherche, sonder les conceptions des élèves grecs peut révéler l’existence ou non de ces obstacles supposés.

En effet, la présente démarche permet de confronter la présentation d’un même savoir à enseigner, les éléments de connaissance le composant se trouvent soit organisés selon une approche non compartimentée, soit répartis entre deux disciplines voisines dont la coordination ne va pas de soi.

 

Références bibliographiques :

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