378/0 La relation école-monde du travail étudiée sous l’angle des stages

Symposium coordonné par Julie Deville et Patricia Remoussenard

(CIREL-Profeor, Université Lille 3)

 

 

En France, les stages (d’élèves, d’étudiants et de professeurs en entreprise) sont une des modalités les plus visibles du rapprochement entre école et monde du travail. Mais ces dispositifs demeurent dans leur ensemble peu étudiés d’un point de vue scientifique. Il s’agit à la fois ici de faire le point sur les pratiques existantes, et de questionner leur impact sur les stagiaires, sur l’exercice de la profession enseignante et sur l’institution scolaire elle-même.

 

Une première série de questions concerne la caractérisation de ces stages. Comment s’articulent-ils avec les différentes modalités de relation entre école et monde du travail (Gonnin-Bolo, 1994, 2005 ; Pelpel, 1989) ? Sur quels présupposés se fondent-ils ? Comment s’articule le rapport avec des entreprises particulières et le rapport au monde du travail dans son ensemble ? De tels stages sont réputés à même de mieux préparer les élèves et étudiants aux situations de travail et seraient donc un atout pour leur recrutement en entreprise. Se pose la question de la validité d’une telle affirmation, et du caractère distinctif des stages quand ceux-ci sont présents désormais dans un grand nombre de cursus (Giret, Issehnane, 2012).

 

Une seconde partie du questionnement porte sur l’articulation de ces stages avec le fonctionnement scolaire « ordinaire ». Comment analyser cette expérience qui produit une rupture dans le quotidien scolaire ? Fait-elle évoluer les représentations, qu’entraîne-t-elle sur le plan subjectif pour les stagiaires ? Au-delà de la découverte d’une utilité des savoirs fondamentaux et/ou théoriques enseignés à l’école, quels nouveaux savoirs, quelles compétences transversales sont développés par les élèves/étudiants (Villette, 1998) ?

 

Enfin se pose la question de l’impact de tels dispositifs sur la professionnalité des enseignants. Comment ceux-ci sont-ils formés, préparés à ce type de lien avec le monde du travail ? Quels acteurs intermédiaires entre école et monde de l’entreprise pour assurer le bon déroulement du dispositif ? Quelles nouvelles tâches les enseignants doivent-ils assumer dans ce contexte ? En quoi le rapprochement avec le monde du travail induit par les stages a-t-il des effets sur les enseignements ? Quelles nouvelles compétences se forgent-ils pour y répondre ? En quoi cela change-t-il leurs pratiques ?

 

Si l’on peut identifier trois apports potentiels des stages, en termes de formation, de socialisation, de professionnalisation, ces trois apports ne concernent-ils que l’élève ou l’étudiant formé, ou peuvent-ils également rejaillir sur leur environnement scolaire ? On peut ainsi envisager que par les stages l’école elle-même se socialise au monde de l’entreprise.

 

 

 

Bibliographie :

 

Giret J.-F., Issenhane S. (2012). L’effet de la qualité des stages sur l’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur. Formation emploi n° 117, 29-47.

Gonnin-Bolo, A. (1994). Ecoles-entreprises, des partenariats en marche. Paris : INRP.

Gonnin-Bolo, A. (2005). Entreprises et écoles, une rencontre de professionnels. Lyon : INRP.

Pelpel P. (1989). Les stages de formation. Paris : Bordas

Villette M. (1998). Le stage en entreprise peut-il devenir un programme d’apprentissage fort ?. Recherche et formation n° 29, 95-107.