369 - La recherche-action considérée comme un potentiel vecteur de changement des pratiques professionnelles du secteur associatif : le cas d’une recherche visant la promotion de comportements citoyens

Lucile Courtois

UMR EFTS, Université de Toulouse le Mirail, France

Christine Mias

UMR EFTS, Université de Toulouse le Mirail, France

Sabrina Labbé

UMR EFTS, Université de Toulouse le Mirail, France

 

Mot clés : recherche-action, expérimentation, communication engageante, participation associative, éducation à la citoyenneté

 

Dans le secteur associatif, il est aujourd’hui commun de voir des adhérents consommer les services proposés, sans s’impliquer activement dans l’association. On parle alors d’adhérents-consommateurs. Face à ces mutations des formes de participation associative (Ion, 2001), de nombreux responsables s’interrogent alors sur les leviers permettant d’optimiser l’engagement et la participation associative de leurs adhérents. Face à cette demande sociale, nous avons mené une recherche-action avec une association en prise avec cette problématique. Nous avons ciblé notre démarche sur l’organisation d’une réunion relative au nouveau projet associatif tout juste mis en place. Le projet associatif constitue le facteur fédérateur de toute association et dans cette perspective, chaque acteur associatif doit s’en emparer afin de construire une œuvre commune. L'objectif de la recherche-action était donc d'imaginer, avec les acteurs de l’association, un dispositif suscitant l'envie, à un nombre maximum d'adhérents, de participer à cette réunion. Ce dispositif s’appuie sur l’utilisation d’un concept récent : la communication engageante (Joule, Py & Bernard, 2004). Afin de tester l’hypothèse selon laquelle la communication engageante est un levier favorisant la participation associative, un protocole expérimental a été mis en place auprès de 246 adhérents de l’association. Ce protocole a fait l’objet d’une co-construction commune entre chercheurs et praticiens. Dans cette communication, nous proposons d’interroger la place, et notamment le statut de co-auteur, qu’occupent les acteurs de terrain impliqués dans la recherche-action. Si les résultats de l’étude montrent que la communication engageante a eu des effets positifs sur le nombre d’adhérents participant à la réunion, d’autres résultats ont également retenu notre attention : la mise en place de la recherche-action a conduit les responsables associatifs à transformer le regard qu’ils portent sur leurs propres pratiques, et par conséquent, les a conduits à initier un processus d’analyse réflexive de leurs pratiques. Selon Bataille (1983), la recherche-action permettrait à l’acteur de terrain de passer d’un état où il est plié dans, "englué" dans les pratiques du quotidien, à un état lui permettant de se distancier par le biais d’un processus d e dé-pliage. Elle peut donc être considérée comme un potentiel vecteur de changement (Savoie-Zjac, 2001).

 

Références bibliographiques :

Bataille, M. (1983). Problématique de la complexité dans la recherche-action. Les dossiers de l’éducation, 3, 11-24.

Joule, R.-V., Py, J. & Bernard, F. (2004). Qui dit quoi, à qui, en lui faisant faire quoi ? Vers une communication engageante. Dans M. Bromberg & A. Trognon, Psychologie sociale et communication (pp. 205-218). Paris, France : Dunod.

Ion, J. (2001). L’engagement au pluriel. Saint-Etienne, France : Presses Universitaires de Saint-Etienne.

Savoie-Zjac, L. (2001). La recherche en éducation : ses cadres épistémologiques, sa pertinence, ses limites. Dans M. Anadon, Nouvelles dynamiques de recherche en éducation (pp. 15-49). Canada, Québec : Presses de l’Université de Laval.