368 - L’évolution des problématiques de l’éducation en Afrique francophone à travers une cartographie de la production doctorale depuis 2000

Théodul Adalbert Marie SANKARA

Université Paris-Est,  REV.CIRCETF

 

Mots clés : Recherche doctorale, Sciences de l’éducation, développement thématique, Afrique francophone  

 

Résumé : L’éducation est le fondement pour le développement des pays. L’Afrique francophone est constituée de pays, tous anciennes colonies, où l’éducation (école) est une donnée exogène. Depuis les indépendances, la plupart des pays tentent d’adapter les systèmes éducatifs pour répondre aux besoins du développement. Ces politiques ont été soutenues à travers des décennies par des plans et des programmes internationaux. Jusqu’à la fin des années 1990, les questions ont suivi les projets et programmes. La littérature est très riche et la production doctorale pour la période a suivi le rythme, car il s’agissait de répondre à des demandes gouvernementales. Les problématiques ont dégagé des priorités identifiées par les organismes et les gouvernements. Depuis les années 2000, à côté de cette littérature, dite de commande, une autre existe, universitaire, qui aborde délibérément les problématiques au-delà des prescriptions et recommandations. Elle émerge dans des universités du nord, sous l’influence de plusieurs réalités : la mondialisation, le réseautage, les nouvelles technologies auxquelles il faut ajouter les initiatives individuelles et le désir de comprendre. Les problématiques actuelles renvoient aux nombreux événements, politiques et évolutions socio-économiques. Ces faits influencent les problématiques et orientent du coup la recherche doctorale en éducation. Ce travail cherche à répondre aux questions suivantes : • Comment se présente cette cartographie ? • Pourquoi est-ce significatif ? Ce travail fera un état non exhaustif mais assez bien fourni de la production doctorale sur l’éducation en Afrique francophone depuis 2000 des universités belges, canadiennes, françaises et suisses. Elle veut offrir « un ensemble d’informations durables aux chercheurs des pays en développement ». Cette communication fait suite à notre travail de thèse. Nous avons, par nos sondages, pu mettre à jour une richesse en matière d’éducation en Afrique. Notre tâche a d’abord été d'identifier la présence des écrits et de les situer. Nous avons ensuite pris soin de les répertorier, et enfin nous avons parcouru les résumés pour appréhender les thèmes abordés. Cette cartographie qui constitue une base de données peut servir de moyen d’exploration en fournissant un point de départ à divers travaux.

 

INTRODUCTION

J’ai entrepris en 2007 une thèse sur un projet de formation des enseignants du secondaire au Burkina Faso. Si la thèse a été une initiative personnelle, j’ai souhaité, pour l’intérêt et la plus-value à donner au projet, associer des personnes et des institutions travaillant dans ce domaine. L’objectif est de proposer un modèle de formation pour les enseignants du secondaire qui réponde à leurs besoins et accessible à tous. Il s’agit de donner à l’apprenant une place centrale dans le processus de formation et de créer des situations dans lesquelles il peut être activement impliqué.

Mon intention était également de proposer une nouvelle manière de questionner la formation continue dans le but de transformer les pratiques actuelles des enseignants et pallier le manque de formation. Pour cela, je procède à une exploration de la problématique de la formation des enseignants du secondaire. Puis de la réalité de l’enseignement et du contexte socio-anthropologique du Burkina Faso, je souhaite proposer les fondements d’un projet de formation continue des enseignants. Celui-ci prend appui sur les principes du socioconstructivisme qui mettent l'accent sur le rôle des interactions sociales dans la construction des savoirs. Cette étude est une contribution, qui est partie d’une exploration de travaux antérieurs pour donner des noms à des méthodes et les comprendre.

Cette communication trouve sa source dans le travail exploratoire et s’inscrivait « en amont de la rédaction du projet de thèse …, un travail de recherche bibliographique, de lecture, d’analyse de ce qui a été lu, de catégorisation, de détermination de la méthodologie à suivre ».[1]

J’ai été interpellé par la variété des travaux sur la formation continue et sur la formation des enseignants. La précision de leur localisation a été aussi un élément catalyseur de la présente communication.

À la suite des travaux d’Annie FEYFANT[2], de Colette BARIBEAU et Mélanie GERMAIN[3], de Monica Macarie FLOREA, Daniela RODRIGUEZ et Karin SERBANESCU-LESTRADE[4], j’ai décidé d’aborder le sujet dans le même sens, mais en orientant mon approche exploratoire sur la production doctorale de l’éducation sur l’Afrique francophone.

Celle-ci n’a pas pour objectif de recenser l’ensemble des productions doctorales sur le thème de l’éducation en Afrique francophone, mais plutôt à présenter d’abord une esquisse des thèses écrites depuis 2000 sur ce thème. L’objectif vise aussi à donner de l’information sur un secteur classé comme prioritaire dans les pays concernés. Je voudrais aussi montrer avec Stéphane BELL que même si la recherche scientifique est une et irréfutable, il n’en demeure pas moins qu’elle est multiple[5] et est guidée par une force centrifuge. Cette cartographie ambitionne enfin d’exposer la pertinence de l’étendue et la profondeur de la recherche en sciences de l’éducation de cet ensemble de pays qui ont tous hérité du système éducatif français.

 

  1. MÉTHODOLOGIE

 

L’objectif principal de cette cartographie est de présenter d’une manière non exhaustive les travaux portant sur la problématique de l’éducation en Afrique francophone. Elle s’appuie sur une analyse de plus de deux cents thèses de doctorat soutenues dans des universités francophones entre 2000 et 2012. Ces thèses ont été identifiées dans un premier temps à partir des principales bases de données : SUDOC, TEL, these.fr et thèses canada.

Une précision s’impose quant au cadre chronologique. L’année 2000 correspond à une année où un certain nombre de travaux commençait à être répertorié sur des banques de données consultables en ligne. Les années antérieures ne permettent de voir qu’une infime partie des travaux universitaires dans le domaine de l’éducation. Cette réalité oriente aussi mon approche, qui voudrait analyser l’évolution de la problématique de l’éducation depuis 2000.

Mais pour une problématique qui voudrait voir l’évolution de la production doctorale, je ne pouvais m’empêcher de voir ce qui a été produit avant 2000. Cette période antérieure a été complétée par le travail conduit par M. PILON et Y. YARO[6].

La recherche des thèses : les critères de recherche, la stratégie de recherche, les résultats de la recherche et les outils de recherche.

  1.  Les critères de recherche

Je suis d’abord parti d’une recherche par mots-clés en composant (Afrique-Éducation, Afrique-Enseignement, Afrique-Formation), mais j’ai vite abandonné les mots-clés avec Afrique car cela ne donnait pas des résultats pertinents. J’ai alors décidé de procéder par les mots-clés constitués à partir des noms de pays francophones d’Afrique au sud du Sahara. Ils sont au nombre de 21. (Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Comores, Côte d'Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée, Guinée équatoriale, Madagascar, Mali, Niger, République Centrafricaine, République démocratique du Congo, République du Congo, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Tchad, Togo).

Ensuite après la recension, j’ai fait une lecture des résumés et des mots-clés, ce qui m’a permis d’organiser les thèses en groupe de thèmes sur une grille : Didactique et Pédagogie, Éducation à la santé, le personnel enseignant, la formation continue, la formation.

À partir de là, l’objectif a été de rendre compte de ce qui existe selon une grille d’analyse.

 

1.2. La stratégie de recherche par la grille de lecture et d’analyse

La lecture a commencé par les titres, ensuite les mots-clés si la base les recensait et je finissais par les résumés. Ce travail a permis un classement en fonction des sujets abordés et des thématiques traitées. 

En effet, les Sciences de l’Éducation faisant appel à plusieurs disciplines, une revue des thèses ne pouvait pas ignorer cette dimension. La prise en compte de cette spécificité s’imposait.  La grille d’analyse a permis  le regroupement des thèses par familles thématiques à partir de la bibliographie signalétique :

  • Genre et éducation
  • Le français dans l’enseignement
  • la formation (initiale, continue, professionnelle)
  • La politique de l'éducation
  • Les TIC
  • Personnel éducatif 
  • Didactique et Pédagogie
  • Éducation à la santé.

Ce classement a été relativement simple car tous les écrits relevaient d’un seul type de publication (thèses). En effet, le travail aurait été plus colossal s’il fallait prendre en compte tous les ensembles de la littérature (les livres et les revues), etc. : un domaine très prolifique. Mais une difficulté est venue au niveau de la classification dans la grande famille des Sciences de l’Éducation.

Effectivement, plusieurs thèses ont été soutenues dans des laboratoires et écoles doctorales pas spécifiquement Sciences de l’Éducation. Je peux citer en exemple : thèses de démographie, de droit, d’histoire, etc. J’ai donc, dans ces circonstances, considéré les thèmes traités. Par exemple :

  • « Les enjeux démographiques de l'éducation et de la scolarisation au Burkina Faso » (Démographie) 
  • « Les politiques de gestion du personnel enseignant des universités » (Droit) 
  • « Offre de travail des enfants et demande d'éducation dans les pays de l'Afrique de l'Ouest » (Politique économique).

De cette recherche thématique sur des critères mots-clés et l’organisation à partir de la grille, j’ai pu identifier 250 thèses. Ma démarche n’étant pas analytique ou critique quant à la pertinence ou non de la production, je me suis imposé seulement des critères de zones géographiques, de langue (français), de thèmes (éducation et domaines annexes) et de fréquence des objets de recherche.

  1. La recherche doctorale pour la période avant l’an 2000

Avant les années 2000, la recherche en Sciences de l’éducation était loin de ce qu’elle est aujourd’hui. Pendant longtemps les universités africaines ont été des secteurs de production de main d’œuvre pour répondre au besoin du marché. Cette réalité qui ne faisait pas de la recherche une priorité, s’attachait à promouvoir des formations de licence ou de maîtrise orientées vers des filières sciences exactes, langues, économies et droit. « Dans la plupart des universités publiques (et notamment les plus récentes) l’encadrement doctoral est déficient, ce qui met également en danger les capacités des universités à développer de véritables politiques de recherche autour des activités des doctorants »[7]. Les Sciences de l’éducation arrivent très tard seulement dans certaines universités.

À cela s’ajoute aussi la place qu’avait l’agriculture aux yeux des bailleurs de fonds. Les réalités économiques ont amené les investisseurs étrangers, malgré la priorité accordée à l’Éducation, à orienter leurs subventions vers la recherche et l’enseignement agricole. Et NDIAYE A. L. souligne à ce propos que « la formation " moderne " dans le secteur agricole remonte à la colonisation. Il y avait déjà à l’époque, des institutions, l’École de Katibougou, qui fonctionne encore au Mali et qui a gardé sa réputation dans le domaine de la formation des cadres intermédiaires de l’élevage, en Afrique de l’Ouest francophone »[8].

Un autre fait qui pourrait expliquer la modestie de la recherche doctorale en éducation, serait la trop grande production des études d’acteurs et de consultants. Il s’agit des rapports d'études ou de recherches, les actes de congrès, etc. En effet les bailleurs et la société civile ont pendant longtemps vu dans la recherche en éducation, un chemin très long pour des résultats mitigés. « La recherche semble le plus souvent avoir une fonction illustrative plutôt que de servir de base à une production originale de savoir»[9].

Cette attitude n’a pas permis à la recherche d’occuper sa place très tôt. Elle a même favorisé une lutte entre acteurs et chercheurs. Pour les bailleurs, il fallait des résultats immédiats à appliquer. Pour cela, les rencontres, les études (de court et de moyen termes), les mémoires de fin de formation et les rapports des acteurs devaient leur permettre de construire des actions imminentes. Mais « Le statut de ces travaux tient au fait que les auteurs disposaient généralement de peu de moyens et de temps pour les réaliser. Les enquêtes parfois effectuées portent alors sur des effectifs peu importants, sans garantie de représentativité statistique et dans des zones géographiques restreintes (le plus souvent le niveau de la province) ; ou bien, il s’agit d’études de synthèse, à partir des données existantes et d’une revue de littérature[10].

Quant aux travaux des chercheurs, le cheminement et le temps que prennent leur projet ne sont de nature à favoriser un système éducatif qui se forge et qui est rythmé par une demande permanente.

Cette tendance a fait de l’acteur un porte-parole de l’institution éducative qui attendait et qui vivait les mêmes questionnements. C’est ainsi que la contribution du praticien a souvent pris le dessus. Dans plusieurs pays francophones, par exemple, les praticiens et les chercheurs ont mis du temps avant de parler de collaboration ou de partenariat. Cette situation est à mettre au compte de la crainte de perdre son indépendance et d’une certaine cupidité. Une compétition qui coûte beaucoup à la recherche.

Mais la léthargie de l’avant 2000, laisse voir une production doctorale relative aux contextes socio-économiques, politiques et historiques des pays. En somme, des thèmes inhérents à la sous-scolarisation, à l’inadaptation des systèmes éducatifs, à la scolarisation des filles et à l’histoire de l’institution scolaire sont très présents. À titre d’exemples :

  • BOUCHE D. (1975). L'enseignement dans les territoires français d'Afrique occidentale de 1817 à 1920. Mission civilisatrice ou formation d'une élite ? Thèse de l'Université Paris I.
  • COLIN R. (1980). Systèmes d'éducation et mutations sociales, continuités et discontinuités dans les dynamiques socio-éducatives : le cas du Sénégal. Thèse de l'Université Paris V.
  • HADHOUDI A. (1995). L’administration coloniale et l’enseignement musulman en AOF de la fin du XIXe siècle à 1939. Thèse de doctorat de l’Université d’Aix-en-Provence.

 

 

 

  1. LES RÉSULTATS DE LA CARTOGRAPHIE

Entre 2000 et 2012,  j’ai répertorié 242 thèses. Cette liste, qui a visé l’exhaustivité, est loin de l’avoir atteinte. En effet, mes critères de ratissage de la recherche ont sûrement failli et des écrits sont passés entre les mailles du filet. D’autres raisons administratives et techniques expliqueraient aussi l’absence de certaines thèses sur les catalogues.  

Le premier constat, en comparaison avec les années antérieures, est qu’à partir de l’année 2000, une tendance à l’engouement pour la recherche en Sciences de l’Éducation s’observe. Pour KHELFAOUI Hocine « Trois transformations principales ont touché la profession de la recherche ces dernières années. Il s’agit de la liaison de la recherche avec le développement, de l’émergence des activités d’expertise, et de l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication »[11]. Ces réalités ne laissent pas les Sciences de l’Éducation à la marge.

De par sa position dans l’enseignement, la formation et l’instruction,  fondements de tout développement, le domaine des Sciences de l’Éducation va connaître à partir de la fin du XXe et du début du XXIe, un véritable enthousiasme. Après avoir constaté l’échec de plusieurs plans, projets et programmes et face aux crises, les partenaires extérieurs de l’éducation en Afrique vont encourager les groupes de recherche dans les pays africains à s’investir sur les problèmes africains tout en s’ouvrant à la collaboration extérieure.

Les chercheurs africains vont être sollicités devant l’absence de planification stratégique, les inégalités d’accès à l’enseignement, le programme d’ajustement structurel, les guerres civiles, la médiocrité de l’enseignement et la grande pandémie du Sida. Leurs contributions abordent les problématiques nationales et internationales en éducation. Elles analysent les dispositions et le développement actuels surtout en matière d’éducation, de formation et d’enseignement. Ces contributions voudraient apporter un plus pour projeter des choix et appliquer des politiques d’innovation.

 

  1. Évolution des thèses depuis 2000 à nos jours

Depuis 2000, plusieurs événements à mettre au compte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies[12] vont modifier le statut de la recherche en éducation en Afrique et plus particulièrement dans les pays francophones.

Pour le Bureau régional de l’Unesco pour l’Afrique, l’accent doit être mis « sur la création de partenariats pour combler les multiples lacunes qui empêchent les pays africains d'atteindre une éducation de qualité depuis le développement de la petite enfance jusqu’à l'enseignement supérieur. Ces lacunes portent sur :

  • des données de qualité qui étayent l’analyse et le suivi des politiques
  • des politiques appropriées qui sont basées sur les données et la recherche  
  • des financements nationaux et internationaux appropriés pour appliquer les politiques
  • la capacité en termes de compétences et de technologie pour planifier, mettre en œuvre et surveiller de manière adéquate les politiques d’éducation »[13].

 

L’état de lieux de la production doctorale permet de voir que depuis les années 2000, la recherche en éducation en Afrique francophone a connu de grands mouvements tant par la variété des thèmes que par celle des zones étudiées.

L’évolution de la problématique est d’abord à mettre en lien avec la mobilité des étudiants africains. En effet, le partenariat (interuniversitaire) souhaité s’est traduit dans les chiffres. Au premier salon de la mobilité étudiante organisé à Bamako (Mali) du 28 février au 1er mars 2009, les comptes montraient que l’Afrique a le record du plus grand nombre d’étudiants en mobilité. Et à titre d’exemple en 2011-2012, 53 814 étudiants originaires d’Afrique sub-saharienne francophone étaient inscrits dans un établissement d’enseignement supérieur en France, soit 20% du total des étudiants étrangers[14]. La France est le premier pays d’accueil des étudiants africains en mobilité devant l’Afrique du Sud, le Royaume Uni et les États-Unis[15].

 

Une autre raison de l’évolution de la problématique, serait liée aux exhortations faites des institutions, associations et États partenaires au développement. Je peux citer entre autres : UNESCO, OIF, l’AUF, les ONG et associations et les États hôtes. Tous ces partenaires voient leurs actions coordonnées par l’ADEA (Association pour le développement de l’Éducation en Afrique). Son rôle principal est de promouvoir le développement de politiques éducatives pertinentes ancrées en Afrique.

En effet depuis les programmes d’ajustements structurels, les partenaires se sont impliqués pour définir avec les gouvernants, les politiques éducatives. Les États ne sont plus les seuls décideurs en matière d’éducation. Et comme l’écrit Hélène CHARTON   « L’intervention de nouveaux acteurs (Banque mondiale, Unesco), dans l’élaboration des politiques éducatives a fait perdre au gouvernement son monopole décisionnel. Cette rupture de l’engagement de l’État à l’égard de la société civile constitue une petite révolution sociale et politique »[16].

Cet engagement et après les premiers constats de délais allongés dans les programmes d’Éducation Pour Tous (EPT), les partenaires font de l’éducation et de la formation des projets de politiques autonomistes. L’objectif est d’amener les Africains à produire eux-mêmes les réponses aux questions de leur éducation.

Les partenaires disposent avec l’ADEA d’un pouvoir à double dimension selon les quatre notions présentées par CROZIER et FRIEDBERG[17]. Le pouvoir hiérarchique et le pouvoir lié à l'expertise :

  • une hiérarchie institutionnelle et organisationnelle dans les politiques éducatives,
  • une capacité d’expertise des pays en développement d’une part son importance institutionnelle et sa capacité d’expertise.

 

 

 

  1. Répartition des thèses par année

Figure 1 : Nombre de thèses par année de production

Le graphique ci-dessus rend compte du foisonnement de la production doctorale depuis 2000. Si le début est timide et constant, le milieu de la décennie 2000 va être marqué par une croissance du nombre de thèses. L’année 2010 est la plus prolifique avec les soutenances de plusieurs thèses sur les TIC. Mais très vite, l’élan va être estompé par les effets de la crise économique qui a commencé en août 2007 aux États-Unis. En effet, la mondialisation ayant rendu les zones du monde interdépendantes, les chocs économiques ont ont touché rapidement et violemment tous les pays. Cette violence a conduit des pays africains et leurs partenaires à diminuer les allocations budgétaires du secteur social et notamment de l’éducation. La réduction des subventions va contraindre des doctorants engagés à prolonger la durée de leur thèse, c’est ce qui expliquerait la chute de la production, visible à partir de l’année 2011.

Le décompte tient compte de l’origine du sujet et non de celle de son producteur. En effet, cette dernière considération n’est pas visible sur les références bibliographiques et apparaît sans intérêt pour le sujet. J’ai voulu aussi faire un état par pays de production, mais le rapport au pays n’avait pas non plus un intérêt sur l’évolution. Mais j’ai pu noter que le Canada et la France sont deux pays de plus grande production.

Si le lien historique de la colonisation et la politique actuelle de coopération expliquent la position de la France, la situation au Canada, pourrait s’expliquer par plusieurs raisons que je ne hiérarchise pas car sans données de recherches. Je note d’abord l’usage historique de la langue française depuis le XVIIe siècle et aujourd’hui parlée par plus de 7 millions de Canadiens[18]. Il y a ensuite la part du Canada dans l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) et les institutions annexes : l’Agence Universitaire dont elle a été l’initiatrice et Programme Canadien de Bourses de la Francophonie (PCBF). Le PCBF serait à l’origine de la grande production doctorale évoquée précédemment. Il a été créé en 1986 afin de faire profiter 37 pays membres de la Francophonie des compétences des universités canadiennes.

Enfin, la dernière raison probable et non la moindre, serait la politique d’immigration du Canada. En effet le Canada est, selon les chiffres, le deuxième pays d’immigration après les États-Unis avec plus 250.000 immigrés par an[19].

Quant à la Belgique et à la Suisse, leurs universités accueillent moins de doctorants par rapport à celles des pays cités, d’où la production moins importante. En consultant les catalogues universitaires, j’ai noté que la production en anglais n’est pas négligeable. Leur organisation politique et culturelle plurilinguiste pourrait bien expliquer la modestie de la production.

  1. Répartition par pays

La mobilité des doctorants africains depuis les années 2000 a connu une augmentation. Plusieurs raisons expliquent cette attractivité scientifique. La première est l’absence dans les pays d’origine des spécialités souhaitées. Les Sciences de l’Éducation, malgré la priorité accordée à l’éducation depuis les indépendances, arrivent très tard dans les offres de formations universitaires.

 

 

À cela s’ajoute l’attirance des pays développés États-Unis, France, Canada et Grande-Bretagne notamment. Et seuls les pays ayant les moyens peuvent se le permettre comme le souligne S. MARCHAND  « Attirer les talents, financer la recherche, encourager le ‘’penser autrement’‘, nécessite beaucoup d’argent »[20].

La dernière raison de la mobilité est liée à la première. Il s’agit de la volonté de former des cadres locaux. À ce titre deux principaux cas de situations s’observent :

  • le premier concerne les pays qui ont les moyens de faire former leurs universitaires à l’étranger. Je citerai ici la Côte d’Ivoire (9,50% des thèses répertoriées) et le Gabon (13,63%). Selon un rapport de l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP) de Rennes, le Gabon alloue chaque année 3000 bourses pour les étudiants gabonais partant à l’étranger (pour master, doctorat et diplôme d’ingénieur)[21],
  • le deuxième cas de figure touche ceux qui bénéficient des financements d’institutions internationales, de coopération bilatérale et de mécènes : Burkina Faso (11,15%). Selon le même rapport de l’EHESP le Burkina Faso bénéficie chaque année de 25 à 50 bourses de la Coopération française[22].
  • À ces deux situations de figures j’ajoute un troisième, celui de la conviction personnelle. Ces docteurs représentent un nombre non négligeable. Ils sont à un fort pourcentage, auteurs des thèses qui concernent l’ensemble de la zone francophone et de groupes de pays : 55 thèses soit 22,72% de la production.      

Notons que certains pays ont ouvert depuis une dizaine d’années des Écoles Normales Supérieures (ENS). Ces chantiers, qui ont donné les premiers docteurs en Sciences de l’Éducation, pourraient expliquer la modestie de la production de certains pays. Et on est en droit de se demander, à l’observation de la chute de production, si la question de la relève ne se posera pas à moyen terme ?

*Autres : Pour désigner les thèses qui concernent plus d’un pays ou un ensemble de pays.

Figure 2 : Répartition de la production de thèses par pays

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. L’organisation thématique

L’analyse du graphique ci-dessous permet d’observer une large variété des contributions. Elle concerne tous les domaines des Sciences de l’Éducation, mais la répartition laisse voir des domaines plus privilégiés que d’autres. La production antérieure à 2000 était numériquement modeste et elle se caractérisait aussi par l’orientation thématique par les politiques et les institutions demandeuses. Pour la période qui concerne cette étude, en plus du nombre, on note aussi une approche thématique très fournie. Il n’en demeure pas moins que certains thèmes demeurent et se maintiennent toujours avec le temps et les universités.

 

Figure 3 : Répartition en pourcentage des thèses selon les thématiques

  1.  La permanence : problématique du genre

Ces deux sujets, qui relèvent de la culture et de l’identité des différents groupes, affectent énormément la question de l’éducation malgré l’évolution. Cela explique leur permanence dans la recherche. La production doctorale sur la problématique du genre (7,7%) aborde le problème de la réussite scolaire des jeunes filles et questionne les causes de leur  échec  scolaire.  Certaines études pointent les stéréotypes et comportements sexistes. Quant à celles qui analysent le genre de façon historique, elles questionnent les politiques éducatives pour voir s’il y a une rupture ou au contraire si elles vont dans la continuité du système colonial.

  1. Le français au milieu des langues

Quant au français (langue), c’est une problématique qui occupe environ 12% de la production. Ce qui lui donne une place de choix dans la recherche doctorale. Cette place vient du statut de la langue française. En effet, si en France le français passe du statut de langue maternelle à celui d’enseignement, en Afrique francophone, il arrive comme une langue étrangère et se transforme en langue d’enseignement. Ce double statut paradoxal conduit le français à se noyer dans des environnements multilingues en présence de langues véhiculaires et vernaculaires. Ces réalités sont loin de faciliter l’enseignement par le français. Et la recherche tente de confirmer cette hypothèse que : « La coexistence entre le français et les langues africaines, née de l’Histoire, ne doit pas se vivre en termes de conflit ou de "guerre des langues", mais bien en termes de solidarité et de complémentarité »[23]. Cela justifie la permanence de la problématique du français et des langues locales dans les écrits. « Depuis les indépendances africaines, le débat n'a jamais été résolu. Faut-il maintenir coûte que coûte l'enseignement du français (même s'il n'est pas parlé dans l'environnement familial) ou privilégier les langues locales au risque de limiter les débouchés de l'éducation (à l'international mais aussi parfois au sein d'un même pays)? »[24].

Plus de 30% des écrits qui traitent de la problématique du français, font des hypothèses sur l’utilisation de l’enseignement bilingue (français-langue locale) et s’interrogent sur la didactique du français : langue de scolarisation et de construction des savoirs.

 

  1. Les TIC : nouvelle mais grande problématique

Les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) constituent l’innovation majeure de la période actuelle. Si elles évoluent depuis deux décennies, leur utilisation dans l’enseignement en Afrique reste encore timide. Mais il faut noter que les Technologies de l’Information et de la Communication dans l’enseignement en Afrique ne sont pas nouvelles. En effet, la Côte d’Ivoire a utilisé la télévision dans l’enseignement primaire entre les années 1970 et 1980. Mais le coût et les critiques ont fait abandonner celles-ci.

L’évocation de l’expansion que les TIC ont connue entre la fin du XXe et le début du XXIe siècle, est l’entrée de toutes les thèses qui abordent la problématique : 12,98%. Mais pour toutes, le secteur de l’éducation et de la formation en Afrique sont à la marge. Effectivement toutes les thèses abordant la problématique des TIC analysent la disparité d’accès aux nouvelles technologies et la qualifient de frein à la promotion de l’enseignement et de la formation. À travers les écrits, trois périodes caractérisent les TIC en Afrique :

  • Les TIC d'abord inaccessibles
  • Ensuite, les TIC accessibles mais ludiques
  • Enfin, les TIC outils d'enseignement-apprentissage[25].

Tous les écrits évoquent les notions de Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) et de Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication (NTIC) comme univers incontournables pour l’enseignement. Cette thématique explique le pic de production visible à partir de l’année 2006. Tous sont unanimes pour reconnaître les profonds bouleversements que les TIC ont provoqués dans les économies, les sociétés et les cultures. 

Pour les thèses qui abordent les TIC dans la formation des enseignants, elles traitent surtout des FOAD (Formation Ouvertes À Distance) et des FAD (Formation À Distance) « comme des alternatives à la professionnalisation des enseignants dans un délai relativement court et à moindre coût »[26].  Ce sont deux appellations qui concernent la formation à distance et qui se différencient par les supports.

  1. La demande d’éducation

C’est une réalité aux dimensions larges que recouvre la demande d’éducation. C’est ce qui explique la part dans l’ensemble de la production. Elle est analysée par le plus grand pourcentage de thèses. La notion de demande est d’abord économique, mais son utilisation dans le contexte de  l’éducation renvoie à des réalités de politique de l’éducation. Elle concerne les systèmes éducatifs, ceux de l’enseignement, l’offre de formation. La demande d’éducation est donc à mettre en lien avec la planification de l’éducation. Le lien vient du fait que la demande oriente et détermine la planification. Les thèses dans ce sens ont, à majorité, été menées par des planificateurs d’éducation, une spécialité qui est très demandée par les partenaires et bailleurs de fonds.

Les travaux, par des approches historiques, comparatistes, recherche action et recherche fondamentale, analyses quantitatives et qualitatives, parcourent des domaines aussi variés que les nouvelles éducations, le droit à l’éducation, les stratégies d’alphabétisation, les politiques d’éducation, les projets (suivi et évaluation), les budgets, l'accès à l'éducation, etc. Tous les sujets abordés visent à :

  • Favoriser l’accès à l’éducation
  • Atteindre l’Éducation Pour Tous (EPT)
  • Améliorer la qualité de l’éducation
  • Mettre en place des projets de formation et d’insertion des jeunes.

 

  1. Les autres entrées

Au-delà de ces quatre thématiques, la recherche touche aussi des sujets qui, malgré leur fréquence réduite, ne constituent pas pour autant, moins d’importance. Il s’agit de :

  • l’éducation à la santé et à la prévention (approche liée à la crise du Sida)
  • l’éducation à la paix (traitée par des thèses de la région des Grands Lacs et pays ayant connu des conflits)
  • le climat social (les thèses examinent le phénomène de la violence scolaire de plus en plus perceptible dans les écoles africaines, elles analysent les causes et proposent des conseils)
  • une autre thématique est la formation et la gestion du personnel enseignant. Le défi que la qualité de l’enseignement, fait appel à une entreprise qui est celle de la formation.  Environ 5%  des thèses traitent de la question avec des états de lieux et des propositions de dispositifs.

 

CONCLUSION

 

En Afrique en général et en Afrique francophone en particulier, la recherche en Sciences de l’Éducation fait face à deux ultimatums : l'amélioration du taux de scolarisation et celle de la qualité de l’enseignement. Dans ce sens, toute la recherche pose la question unique à savoir la place de l’école dans la société. Cette question est le fil conducteur visible dans toutes les thèses et la production par des problématiques variées est en harmonie avec les réalités sociales actuelles tentent d’impulser une réflexion nouvelle au problème de l’éducation.

La revue des thèses permet d’abord de voir une recherche en éducation à l’écoute d’une société qui change : une société à la recherche de commodité pour répondre à ces nouvelles aspirations. L’enjeu de la recherche en Sciences de l’Éducation est non seulement de faire face à l’urgence, mais aussi faciliter et accompagner le quotidien de millions d’enfants, d’enseignants et de la société.

Ensuite cette revue laisse apparaître une production doctorale, dont les auteurs ont en majorité une double casquette (acteur et chercheur). Ils tentent tous de mêler la conviction et la clairvoyance de l’acteur à la rigueur et à l’indépendance du chercheur. C’est une posture qui mériterait d’être aussi reconnue par le milieu institutionnel, en particulier celui de l’enseignement et de la formation, comme une posture indispensable.

             Ce travail est un déblaiement qui n’a sans doute pas atteint les objectifs d’exhaustivité et d’analyse critique. En effet, pour une cartographie complète, systématique, analytique et critique, un long temps de collecte et dépouillement était nécessaire. Ces objectifs, qui n’étaient pas les nôtres au début de ce travail, se révèlent opportuns pour une contribution au grand chantier de l’éducation.

 

Références

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[1] DUMEZ H. Faire une revue de littérature : pourquoi et comment ? Le Libellio d’AEGIS, Vol. 7, n° 2 – Été 2011

[2] FEYFANT A. (2005). Bilan 2003-2005 des thèses concernant l’éducation, in Perspectives documentaires en éducation, n° 62, pp 111-119

[3] BARIBEAU C. et GERMAIN M. (2007). Panorama du développement de la recherche qualitative : analyse critique des thèses produites en sciences humaines et sociales depuis dix ans (1996-2005), en langue française dans les universités francophones au Québec. RECHERCHES QUALITATIVES – Vol. 27(2), 2007, pp 28-57. AVANCÉES EN MÉTHODOLOGIES QUALITATIVES

[4] FLOREA M.M. et al (2010). Les caractéristiques des objets des thèses en sciences de l’éducation : étude quantitative des thèses soutenues en 2003-2008, Actes du congrès de l’Actualité de la recherche en éducation et en formation (AREF), Université de Genève, septembre 2010

[5] BELL S. (2008). La recherche scientifique et le développement en Afrique : idées nomades, Paris, Éd. KARTHALA 274 p

[6] PILON M. et YARO Y. (dir.) (2001).  La demande d’éducation en Afrique. État des connaissances et perspectives de recherche, Dakar, UEPA/UAPS, 221 p

[7] CHARTON H.  "Éducation et production des élites en Afrique au XXe siècle : renouvellements en cours" Études africaines / état des lieux et des savoirs en France 1ère Rencontre du Réseau des études africaines en France 29 nov. au  1er décembre 2006, Paris

[8] NDIAYE A. L..  "État de l’enseignement et de la recherche agricoles en Afrique" Colloque, Science, enseignement et technologie pour le développement de l’Afrique. Livret stratégique du Colloque Dakar 2012. pp 49-54

[9] CHARTON H.  "Éducation et production des élites en Afrique au XXe siècle : renouvellements en cours" Études africaines / état des lieux et des savoirs en France 1ère Rencontre du Réseau des études africaines en France 29 nov. au  1er décembre 2006, Paris

[10] PILON M.

[11] KHELFAOUI H. (2001)." La science au Burkina Faso ", in LA SCIENCE EN AFRIQUE A L'AUBE DU 21e SIECLE, sous la Direction de Roland Waast et Jacques Gaillard, IRD Paris

[12] Les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) forment un plan approuvé par tous les pays du monde et par toutes les grandes institutions mondiales de développement. Ils ont galvanisé des efforts sans précédent pour répondre aux besoins des plus pauvres dans le monde

[14] Hors-série n°7, les notes de Campus France, juin 2013

[15] UNESCO (2009). Centre de données de l’Institut de statistiques de l’UNESCO

[16] CHARTON H.  "Éducation et production des élites en Afrique au XXe siècle : renouvellements en cours" Études africaines / état des lieux et des savoirs en France 1ère Rencontre du Réseau des études africaines en France 29 nov. au  1er décembre 2006, Paris

[17] CROZIER M. et FRIEDBERG E. (1977). L'acteur et le système, Éditions du Seuil, Paris

 

[18]  http://www12.statcan.gc.ca: « Population selon la langue maternelle et les groupes d'âge (total), chiffres de 2011, pour le Canada, les provinces et les territoires »

[19] http://www.statcan.gc.ca. Statistiques Canada

[20] Marchand Stéphane (2012). La ruée vers l’intelligence. Paris, éd. Fayard, 350 p

[22] idem

[23] OUEDRAOGO R. Mathieu, Ancien ministre de l’Enseignement de base et de l’alphabétisation du Burkina Faso

[24] GIRARDIN S. "Enseignement bilingue : une clé du développement de l'Afrique francophone ?" Les Échos 13/09/2011

[25] MIAN BI S. A. (2011). Le statut des TIC en éducation : cas de la Côte d'Ivoire, EpiNet, n° : 139 suivant

novembre 2011

[26] COUMARE M. (2010). La Formation À Distance (FAD) et les Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Àducation (TICE) au service de la professionnalisation des enseignants au Mali : une approche évaluative de dispositifs expérimentaux. Rouen