359 - Enseignement supérieur et milieu professionnel : l’approche transversale du genre

Delphine Caillaud,

CREN EA 266, France

 

Mouni Haoua Kouidrii,

Université de Reims Champagne-Ardenne, France

 

Céline Avenel,

LIRDEF EA 3749 – Université Montpellier 3, France

 

Discutante : Emmanuelle Zolesio

GRESCO (EA 3815), France

 

Mots-clés : genre, choix d’orientation dans le supérieur, égalité professionnelle

 

La dénomination « genre », se développant à partir des années 1980-90 dans les travaux de recherche,  atteste d’une évolution épistémologique dans le champ de recherches sur les rapports sociaux de sexe et d’un renouvellement des questionnements sur les conceptions du féminin et du masculin. « De tous les clivages et sources d’inégalité qui traversent aujourd’hui la société française, le genre occupe une position à part. Contrairement à d’autres fractures qui s’approfondissent ou persistent, immobiles, à des niveaux très élevés d’inégalité, les disparités entre hommes et femmes ne cessent d’évoluer : elles se réduisent, puis se creusent à nouveau, se déplacent, se transforment, se modifient, bref, loin de demeurer immuables, elles bougent » (Baudelot, 2004, 377). C’est donc dans une approche pluridisciplinaire, visant à l’intersectionnalité (Crenshaw, 1991), que nous inscrivons nos travaux de recherche autour l’orientation dans les études supérieures ainsi que professionnelle.

L’objectif de ce symposium est d’analyser et débattre sur les différentes formes (d’évolutions) des rapports sociaux de sexe, de façon transversale, dans divers contextes tels le milieu professionnel de la fonction publique territoriale et le supérieur à partir des écoles d’ingénieur-e-s et des études de médecine. Nous souhaitons mettre en avant la richesse de l’approche genre à travers la diversité des jeunes recherches en sciences de l’éducation et psychologie.

 

  • Il s’agira avec la recherche de Mouni Haoua Kouidrii de développer une réflexion sur la persistance des inégalités professionnelles entre les hommes et la femmes à partir d’une analyse de la structure de la représentation sociale de la réussite professionnelle, plus particulièrement de la compétence, identifiée comme facteur explicatif mais aussi futur levier d’action pour favoriser la mixité dans ce milieu professionnel.

 

  • La seconde présentation de Delphine Caillaud prend pour objet le « double paradoxe » des filles de milieu populaires inscrites en école d’ingénieur-e-s. Comment sont-elles parvenues à passer outre la distillation sociale, en s'insérant dans un parcours plus largement réservé aux classes sociales favorisées, et à dépasser l'auto-sélection, en s'autorisant un parcours scolaire caractérisé comme plutôt masculin ?

 

  • Enfin, la dernière enquête de Céline Avenel s’intéressera à la féminisation des études de médecine, à partir de portraits d’étudiantes et étudiants de Montpellier, avec pour objectif d’analyser les formes de reconfiguration complexe de la distinction masculin/féminin à partir de l’analyse des trajectoires scolaires et projections professionnelles des actuel-le-s étudiants et étudiantes en médecine, suite à la féminisation de cette filière.

 

Références bibliographiques

Baudelot, C. (2004). Le genre, le clivage le plus vivant de notre société. In C. Bard, C. Baudelot & J. Mossuz-Lavau (Ed.), Quand les femmes s’en mêlent (pp. 377-382). Cahors : La Martinière.

Combes, D., Daune-Richard, A.M. & Devreux, A.M. (2002). Mais à quoi sert une épistémologie des rapports sociaux de sexe ? In M.C. Hurtig, M. Kail & H. Rouch (Ed.), Sexe et genre. De la hiérarchie entre les sexes (pp. 59-68). Paris : CNRS.

Crenshaw, K. (1991).  Mapping the Margins: Intersectionality, Identity Politics, and Violence against Women of Color. Stanford Law Review, 43 (6), 1241-1299

Lapeyre, N. (2006). Les professions face aux enjeux de la féminisation. Toulouse : Octarès