353 - Intérêt d’une éducation narrative : facteur d’apprentissage en faveur de changement de comportement chez le malade chronique.

Nadine Esnault

ISCEA/UCO Angers, CREN Nantes, France

 

Mots clés : Narration, formation biographique, apprentissage, savoir insu.

 

Le nombre de malades chroniques, en raison de l’allongement de la vie et des progrès des sciences ne cesse d’augmenter et plus préoccupant, l’observance des consignes thérapeutiques est inférieure à 50%. L’éducation est appelée au secours de la médecine. L’épreuve de la maladie provoque un grand bouleversement identitaire, un travail psychique invisible. Le changement, s’il paraît évident du point de vue théorique, est délicat à mettre en place dans le quotidien du patient.  Changer mobilise des dimensions cognitives, émotionnelles, métacognitives et aussi infra cognitives avec nos réflexes de pensée.

Apprendre ne serait se réduire à une simple transmission. De plus la transmission est, non pas dans l’émission,  mais dans la réception. Qu’est-ce que le récepteur attrape ? Apprendre est un processus complexe et paradoxal.

L’analyse autobiographique d’entretiens cliniques réalisés près d’adultes en âge d‘exercer une activité professionnelle et porteurs de maladie chronique (asthme), nous a permis d’éclairer le processus d’apprentissage versus patient, pour une meilleure intégration des conseils thérapeutiques. A quel moment se fait la bascule vers l’appropriation de la maladie ?

Le potentiel de savoir de chacun n’est pas disponible, ni en permanence, ni à la demande. Le savoir s’engrange sans contribution volontaire de notre part. Ainsi, il peut rester insu, disponible certes mais latent. C’est à la faveur d’aléas contextuels qu’il se trouve remanié. En tant qu’entité vivante, évolutive, il s’auto-régénère et vient se mettre à jour en se le racontant. La narration produit de nouvelles formes qui n’avaient pas encore trouvé à être exprimées, à être mises en production. Les mots viennent donner sens aux gestes.

Cette démarche biographique nous sert de révélateurs. Elle pointe la nécessité de la parole pour se reconstruire de nouveaux savoirs, de la narration à partir d’ateliers éducatifs pour amener le malade à trouver en lui une dynamique de changement, de projet.

 

Références bibliographiques :

Cifali, M. (2007). Le lien éducatif : Contre-jour psychanalytique (5è éd.). Paris : PUF.

Dominicé, P. (2007). La formation biographique. Paris : L’Harmattan.

Lani-Bayle, M. (2006). Taire et transmettre. Lyon : Chronique sociale.

Meirieu, Ph. (1989). Apprendre… oui, mais comment (4è éd.). Paris : Les éditions ESF.