346-L'accompagnement scolaire et éducatif dans l'articulation du temps scolaire et du hors temps scolaire au niveau du Collège

Sika Basile YAPI

FRED-Université Limoges, France

 

Mots clés: Rythmes scolaires, Accompagnement, Réussite scolaire, Territoire

 

Résumé:

 

Le fonctionnement du système éducatif français laisse apparaître une répartition du temps où le hors temps scolaire, semble être partagé entre le périscolaire et l'extra scolaire. Pour ce qui concerne le temps scolaire proprement dit, il peut être identifié par le temps pendant lequel l'élève est « normalement » sous la responsabilité de l’Éducation nationale avec les « cours » définis au niveau national suivant des programmes, des durées, des objectifs précis pour l'ensemble des établissements. Quant au hors temps scolaire, il peut être à première vue considéré comme le temps extrascolaire, c'est à dire celui pendant lequel l'élève n'est plus « normalement » sous la responsabilité de l’Éducation nationale mais sous celle d'autres institutions (famille, services publics territoriaux, associations...). Il marque les moments où des activités éducatives ne sont plus forcement liées aux contraintes scolaires, même si dans les faits, la plupart de ces activités sont sensées « compléter » le travail scolaire. Entre ce temps scolaire et ce temps extra scolaire, le périscolaire devient un temps intermédiaire où les responsabilités dans la prise en charge de l'élève sont a priori partagées entre l’Éducation nationale, le Territoire, les associations, la famille..., dans le transport, la restauration, l'accompagnement scolaire et éducatif ( activités culturelles et sportives, aide aux devoirs, aide méthodologique...). Cet accompagnement scolaire et éducatif qui reste tributaire du temps scolaire et du hors temps scolaire nécessite d’être interrogé dans son rapport avec ces différents temps de l'élève dans l'atteinte des objectifs de réussite scolaire visés. Ce qui conduit à un certain nombre de questions comme : -Comment les frontières entre temps scolaire, périscolaire et extrascolaire sont-elles définies à l'échelle territoriale? -Ces temps sont-ils fonction des acteurs, des institutions, du contenu, de la durée ou des lieux des activités ? -Ces temps sont-ils « rythmés » par les besoins des élèves ou par les possibilités des institutions qui les prennent en charge ? -Sur quels principes s’appuient les aménagements de ces différents temps ? -Quelle est la situation dans d'autres pays européens ? Toutes ces interrogations et bien d'autres nous conduisent à la question principale suivante : quels sont les principes sous-jacents aux modalités d'articulation des temps scolaires et hors temps scolaires ainsi que leurs conséquences sur l'accompagnement scolaire et éducatif à l'échelle territoriale ? La démarche méthodologique que nous comptons adopter pour ce travail s'appuie d'une part sur des recherches documentaires basées sur des ouvrages, des articles, des rapports dont une liste non exhaustive se trouve ci-dessous ; d'autre part, nous comptons également nous appuyer sur des données de terrain obtenues à partir des travaux que nous effectuons dans le cadre d'une thèse de Doctorat en Sciences de l’Éducation en cours et qui prend en compte la dimension territoriale de l'Education. Il s'agit d’enquêtes de terrain dans différents Collèges et écoles du Département de la Haute-Vienne où nous observons des pratiques d'accompagnement scolaire et éducatif ; nous réalisons des entretiens avec des enseignants, des éducateurs, des chefs d'établissements, des membres d'associations...

 

Introduction

L'organisation scolaire comme bien d'autres activités, résulte entre autres de la conception sociale du temps à une période donnée. Le temps lui même apparaît comme une modalité fondamentale dans la structuration et le fonctionnement des activités qu'elles soient économiques ou sociales.

En France, si les journées scolaires et la durée des cours relèvent d'un cadre national, on note une implication variable d'acteurs territoriaux (Collectivités territoriales, mouvements associatifs, services de l'enfance, familles...) à divers moments de ces journées. On peut citer par exemple, le transport, la restauration, certaines sorties scolaires,...qu'il s'agisse du premier ou du second degré de l'enseignement. Ces activités qui mettent en présence différents acteurs peuvent se tenir à l'intérieur ou à l'extérieur des établissements, et s'inscrire en partie ou en totalité dans le temps scolaire. Ce temps scolaire à partir duquel d'autres temps de vie de l'enfant se bâtissent pour le « prolonger » ou le « compléter », nécessite une attention particulière dans la mesure où il semble déterminer les activités d'accompagnement scolaire et éducatif. Ce qui nous amène à la question suivante :

Au niveau des territoires, comment pouvons nous penser la mise en cohérence du temps scolaire et du hors temps scolaire dans leur rapport à l'accompagnement scolaire et éducatif ?

La démarche méthodologique que nous adoptons s'appuie sur des recherches documentaires (ouvrages, articles, rapports) et quelques données d'observation de nos travaux en cours, dans le cadre d'une thèse de Doctorat. (Dans nos enquêtes de terrain portant sur différents Collèges et écoles du Département de la Haute-Vienne, nous observons des pratiques d'accompagnement scolaire et éducatif ; nous réalisons des entretiens avec des enseignants, des éducateurs, des Chefs d'établissements, des membres d'associations, des responsables communaux de services éducatifs, des responsables de services à l'Inspection académique,...)

 

1-Temps scolaire et activités périscolaires

1-1- Temps scolaire

Le temps scolaire peut être limité à celui des périodes officielles d'ouverture d'établissements scolaires où des séquences d'apprentissage (dont la durée et le contenu sont définis au niveau national) sont assurées par le corps enseignant. Les programmes et le volume global d'heures par disciplines sont certes nationaux (Ministère de l’Éducation nationale), mais la répartition des plages horaires et des espaces de cours reviennent aux établissements.

Néanmoins, on peut noter que pendant ce temps scolaire au Collège, des heures de soutien scolaire (aide aux devoirs, aide méthodologique),  d'  « ouvertures »  culturelles, sportives et citoyennes (environnement, solidarité...) existent. Ces activités peuvent se dérouler en dehors des heures de classe, dans l'établissement ou à proximité et cela avant la fermeture officielle. Elles font donc partie du temps scolaire. Leur forme et leur contenu sont localement définis contrairement aux heures de classes où les activités relèvent d'un programme national.

1-2-Le périscolaire

« Le terme « périscolaire » désigne les activités éducatives se déroulant après le temps scolaire (quotidiennement ou pendant les congés des élèves et des enseignants), mais en liaison avec la mission éducative de l'école » (CHAMPY Philippe, ÉTÉVÉ Christiane, 2005).

Ces activités qui ne se substituent pas à celles des enseignants tiennent à compléter ce qui est fait à l'École.

Le préfixe « péri » qui signifie « autour » (Le Robert), nous fait comprendre qu'il s'agit de ce qui se construit autour du scolaire et qui peut faire partie du temps scolaire comme nous l'indiquions précédemment ou qui peut se dérouler en dehors du temps scolaire.

1-3-Accompagnement scolaire-Accompagnement éducatif

Au delà de ces terminologies qu'on pourraient attribuer à des logiques institutionnelles, c'est par le contenu que l'accompagnement peut apparaître comme éducatif ou scolaire. En plus, les frontières entre le scolaire et l'éducatif restent difficiles à déterminer en dehors des espaces et des acteurs. Néanmoins, voir tout ce qui relève des établissements scolaires comme « scolaire » et tout ce qui est en dehors comme « éducatif » serait simplificateur. Espaces et acteurs restent insuffisants pour définir le « scolaire » ou « l'éducatif ». Une approche par le contenu pourrait mieux les distinguer. Dans ce sens, l'accompagnement deviendrait scolaire dès qu'il s'agira pour l'essentiel d'aides aux devoirs, d'aides à la compréhension des cours, de soutien méthodologique... à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement. Il deviendrait « éducatif » dès qu'il sera question pour l'essentiel, d'apprentissages sociaux à travers des pratiques culturelles, sportives, artistiques...à l'intérieur ou à l'extérieur de l'établissement. L'accompagnement scolaire et éducatif pourrait donc renvoyer à l'idée d'une éducation prenant en compte l'enfant dans sa globalité comme le soutenaient les mouvements d'  « éducation populaire ».

 

2-Hors temps scolaire

 

2-1-Le temps péri-scolaire

« Le temps périscolaire (immédiatement avant ou après l’école) représente aujourd’hui le champ d’action des projets pédagogiques en partenariat avec l’école. Il concerne le temps du transport scolaire, la période d’accueil avant la classe, le temps de la restauration, le temps d’après la classe, les études surveillées, l’accompagnement scolaire, les activités culturelles et sportives » Gaussel (2013).

Si des activités péri-scolaires peuvent se dérouler pendant le temps scolaire, un « temps périscolaire », qu'on pourrait définir comme « hors temps scolaire » (car précède ou succède le temps scolaire) existe et permet l'intervention d'une multitudes d'acteurs dont la Charte de l'accompagnement à la scolarités de 1992 et réactualisée en 2000 reste l'un des principaux textes de cadrage. L’Accompagnement se définissait comme l'« ...ensemble des actions visant à offrir, aux coté de l’École, l'appui et les ressources dont les enfants ont besoin pour réussir à l'école, appui qu'ils ne trouvent pas toujours dans leur environnement familial et social. Ces actions qui ont lieu en dehors des temps de l’École, sont centrées sur l'aide aux devoirs et les apports culturels nécessaires à la réussite scolaire. »

2-2- L'extra-scolaire et le péri-scolaire

Le hors temps scolaire « déborde » le péri-scolaire. Ce dernier est bâti autour du scolaire et peut être vu comme un temps précédent ou succédant celui de l’École comme nous venons de le souligner et dont les activités tendent explicitement à compléter celles de l’École.

Quant à l'extrascolaire, le préfixe « extra » (Le Robert) qui signifie en dehors, au delà , renforce l'idée d'extériorité non pas seulement au niveau de l'espace ou du temps, mais aussi au niveau du contenu des activités qui s'y déroulent. L'extra-scolaire marque un autre temps de vie de l'enfant où les activités ne sont pas majoritairement liées aux problématiques de réussite scolaire, comme c'est le cas au niveau du périscolaire. On y retrouve des mesures éducatives familiales, des pratiques culturelles « communautaires », des apprentissages divers et toutes les activités pouvant permettre à l'enfant de mieux s'intégrer dans son environnement familial, sans qu'elles soient forcement liées à l’École. Mais l'extra-scolaire c'est aussi, celui des devoirs (ceux qui restent à faire ou ceux qui sont expressément prescrits pour la maison) où l'élève peut bénéficier de l'aide de ses parents dans son travail. Comme le fait remarquer Glassman, « Il est nécessaire de connaître la situation en termes de charge de travail mais il apparaît également essentiel de réfléchir au sens et au contenu de cette tâche scolaire. » Ce travail qui crée du « scolaire » dans l'extra-scolaire apparaît à la fois comme élément de rapprochement et élément de tension entre enfants et parents, selon les possibilités de ces derniers à répondre favorablement aux sollicitations ou selon la gestion familiale de cette tache scolaire.

 

3-Le partage de l’Éducation

3-1-Le projet éducatif territorial

La question du projet éducatif territorial implique les communes, les associations, les établissements publics qui peuvent répondre à des appels à projet et donc permettre une « continuité éducative ». Il s'agit d'engagements mutuels dans le cadre de partenariats où la coordination des actions éducatives est a priori recherchée. Ce qui pourrait renvoyer à une « volonté » de « partage » de l'éducation pour permettre aux enfants de s'y retrouver, de s'y repérer, d'en tirer les meilleurs avantages possibles non seulement pour leur réussite scolaire mais aussi pour leur insertion sociale.

Le projet éducatif territorial peut apparaître comme orienté vers « une mise en cohérence » des temps de vie de l'enfant à travers la recherche de coopération entre les acteurs territoriaux et ceux de l’Éducation nationale. Cette dernière indiquait par le biais d'une circulaire ceci :

« Le projet éducatif territorial est un outil de collaboration locale qui peut rassembler, à l’initiative de la collectivité territoriale, l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine de l’éducation : le ministère de l’éducation nationale, le ministère des sports, de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative, les autres administrations de l’État concernées (ministère de la culture et de la communication, ministère délégué à la ville, ministère délégué à la famille, notamment), les caisses d’allocations familiales ou la mutualité sociale agricole, les autres collectivités territoriales éventuellement impliquées, ainsi que des associations de jeunesse et d’éducation populaire, ou d’autres associations et institutions à vocation sportive, culturelle, artistique ou scientifique notamment, et des représentants de parents d’élèves. », Circulaire ( 2013).

Ce rapprochement « Education nationale-Territoires » que les lois de décentralisation du début des années 1980 ainsi que les textes de cadrage (circulaires, notes...) comptent «favoriser » et « faciliter », reste toujours en « construction » quand on tient compte des réalités dans la mise en pratique sur le terrain.

3-2-L'accompagnement à la scolarité

Comme on peut le noter dans un Rapport de l'Inspection Générale de l’Éducation Nationale (2006), la pratique montre bien que l'école a un regard critique, voir « méfiant » envers les activités « non scolaires », quant aux méthodes et aux acteurs qui les portent. L'institution scolaire apparaît comme celle qui détermine parmi les activités péri-scolaires, lesquelles à intégrer au temps scolaire et lesquelles à reléguer au temps péri-scolaire.

Au niveau des territoires, les Contrats d'accompagnement à la scolarité qui formalisent l'Accompagnement, s'inscrivent dans des Contrats éducatifs locaux. Ces derniers à leur tour, relèvent des politiques éducatives territoriales.

Collectivités territoriales, associations , services publics... sont donc invités à travers des projets, à contribuer « activement » dans le cadre de partenariats avec l’Éducation nationale, à la « mission » éducative en organisant diverses activités. Ces activités d'accompagnement, font l'objet de nombreuses attentes de la part des familles, quant à leur contribution à la réussite scolaire. La demande et les orientations des actions vont dans le sens de l'aide aux devoirs . Comme le fait remarquer le rapport de l'Inspection Générale de l' Education Nationale (IGEN) en 2006 :

« Si pour la plupart des animateurs, l'accompagnement se compose d'une partie proprement scolaire et d'une partie dédiée à l'ouverture culturelle, sportive et citoyenne, pour les parents, soucieux de la réussite scolaire de leur enfant, l'accompagnement à la scolarité doit essentiellement apporter une aide aux devoirs et aux leçons qu'ils ne sont pas en mesure d'assumer eux même, l'ouverture culturelle représentant certes un « plus » mais non essentiel. »

Même si aujourd'hui, l'idée de réflexion et de « partage » concernant les temps de l'enfant semble être admise, la mise en pratique sur le terrain suscite encore des interrogations quant à l'effectivité de ce partage.

3-3-Tensions entre acteurs

Mais pour comprendre la question des rythmes scolaires et ses enjeux, un retour rapide dans l'histoire s'impose. Avant l'industrialisation, les activités sociales étaient au rythme des saisons et de l'alternance des jours et des nuits. La vie sociale « reproduisait » les rythmes de la nature dans les travaux agricoles. Avec l'accélération de l'industrialisation, on va assister progressivement à la fin du 19 siècle à un changement où, c'est le travail (les activités sociales et économiques) qui donnera un autre rythme à la société (Leconte, 2011). Tous les autres temps de vie y compris ceux de l'éducation vont s'organiser autour du temps de travail.

Les lois sur la décentralisation (mars 1982, janvier 1983) vont conférer certains pouvoirs aux collectivités territoriales à l'égard des établissements scolaires comme : la construction et l'équipement des bâtiments ; le financement et la participation à certaines activités périscolaires...

« Au plan historique et philosophique, l'école républicaine s'est en effet construite par une mise à distance du local, ses valeurs étant considérées comme de portée universelle et contribuant au développement de la république naissante » ( Ben Ayed, 2009)

D'une « mise à distance » du local on assiste progressivement à la recherche d'une « proximité » de l’École et du « local ».

Dès lors, toute initiative d'aménagement du temps scolaire suscite de nombreux débats non seulement au niveau national mais aussi au niveau des territoires. Ces derniers deviennent des espaces où la mise en pratique des décisions révèlent des tensions liées entre autres à la difficile ( voire impossible) conciliation des temps de travail et de vie des « acteurs territoriaux » et de ceux des établissements scolaires. Ce qui conduit même à s'interroger sur la place qui est accordée aux « préoccupations » de l'enfant.

 

4-La mise en cohérence du temps scolaire et du hors temps scolaire

4-1- Les besoins de l'enfant

Le travail scolaire implique un investissement physique et mental pour l'élève. Il est important de veiller à la préservation de sa santé et à la qualité de l'apprentissage. On peut noter qu'au collège, les alternances cours, études surveillées, activités culturelles, sorties...sont certes importantes pour « diversifier » la journée scolaire des élèves et permettre à ceux en difficultés de pouvoir en tirer le meilleur profit possible. Mais l'observation laisse apparaître dans bien de cas, une « densification » de la journée pouvant devenir contre-productive pour les élèves, surtout ceux les plus en difficultés.

Comme le fait remarquer Claire Leconte, il serait peut être temps de partir des besoins de l'enfant

« Après avoir pris conscience de l'ensemble de ces problèmes méthodologiques dans les recherches, les responsabilités de chaque acteur, la nécessité de considérer l'enfant dans son environnement et dans l'ensemble de ses temps de vie, je n'ai cessé de souhaiter qu'on réfléchisse à l'aménagement des temps de l'enfant, avec tous les partenaires, sachant qu'un tel aménagement doit considérer l'age, le contexte socioculturel des élèves, la nature et le contenu des activités péri et extra-scolaires et les besoins avérés. » Leconte (2011)

Le temps apparaît comme une modalité fondamentale de l'action pédagogique comme le souligne Husti Aniko (1999). Une répartition moins « rigide » de la durée des séances pourrait contribuer à réduire l'épuisement physique et mental des enfants en fin de journée. Ce qui devrait prendre en compte les rythmes biologiques (pour mieux alterner temps de repos et temps d'éveil) mais aussi les rythmes « psychologiques » de l'enfant.

Dans nos observations, nous avons noté que ce temps « psychologique » compte beaucoup et peut par exemple se révéler à l'impatience que manifestent les élèves à attendre la sonnerie marquant la fin de l'activité, quand ils sont moins intéressés. Mais lorsqu'ils sont très intéressés, ils semblent vouloir continuer même après la sonnerie.

C'est donc l'un des points sur lesquels pourraient porter les réflexions dans la recherche d'une « conciliation » des différents temps.

4-2-La reconnaissance des activités périscolaires dans les évaluations scolaires

La place des acteurs territoriaux dans le domaine périscolaire nécessite d’être clairement définie. Pour que leurs activités puissent avoir une place « véritable », il serait utile qu'elles participent aux évaluations scolaires. Reconnaître la pluralité de temps scolaires et de formes scolaires implique cela et conduit à « légitimer » les activités ainsi que les acteurs qui les portent. Dans la plupart des pays de l'OCDE, il existe des modes de reconnaissance des apprentissages non formels ou informels (Werquin, 2010). L'exemple que nous souhaitons ressortir est celui de la Norvège où « le principe de realkompetanse sanctionne la somme des acquis d’une personne, que ceux-ci résultent d’un apprentissage scolaire (formel) ou extrascolaire (non formel ou informel) (Gaussel, 2013) ».

 

Conclusion

 

La mise en cohérence du temps scolaire et du hors temps scolaire pourrait être une donnée essentielle pour l'accompagnement scolaire et éducatif au regard de la réussite des élèves. Partir donc des réflexions sur les besoins de l'enfant et la reconnaissance des activités périscolaires (dans les évaluations scolaires) semble être un des points de départ pouvant « concilier » les différents acteurs quant à l'organisation territoriale des temps de vie de l'enfant, dont la réussite scolaire reste une « préoccupation » qu'affichent tous les acteurs et les institutions concernés. Quelles que soient les réflexions sur la mise en cohérence du temps scolaire et du hors temps scolaire, la question de la mise en pratique effective des décisions sur le terrain demeure essentielle quand on tient compte des particularités territoriales, des moyens disponibles ainsi que des acteurs institutionnels.

 

Références

 

-BEN AYED Choukri (2009), Carte scolaire et marché scolaire. Nantes : Edition du temps

 

-BROCCOLICHI Sylvain, BEN AYED Choukri & TRANCART Danièle (2010). École : les pièges de la concurrence, Paris : La Découverte

 

-CHAMPY Philippe, ÉTÉVÉ Christiane (2005). Dictionnaire encyclopédique de l’Éducation et de la formation, Paris : Retz

 

-CIRCULAIRE n° 2013-036 du 20 mars 2013 publiée au BO n° 12 du 21 mars 2013, projet éducatif territorial, MEN-DGESCO (Ministère de l’Éducation nationale)

 

-DEVILLE Julie (2007). Filles, garçons et pratiques scolaires. Paris : L’Harmattan

 

-GAUSSEL Marie (2013). Aux frontières de l’École ou la pluralité des temps éducatifs. Dossier d’actualité Veille et Analyses, n°81, janvier. En ligne : http://ife.ens-lyon.fr/vst/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=...

 

-GLASMAN Dominique & BESSON Leslie (2004). Le travail des élèves pour l’école en dehors de l’école: Rapport pour le Haut Conseil de l’Évaluation de l’École, Paris : Haut Conseil de l’Évaluation de l’École (HCEE).

 

-HUSTI Aniko (1999). La dynamique du temps scolaire. Paris : Hachette

 

- LECONTE Claire (2011). Des rythmes de vie aux rythmes scolaires, quelle histoire! Villeneuve d'Ascq : Presses Universitaires Du Septentrion

 

-PAUL Maela (2004). L'accompagnement : une posture professionnelle spécifique. Paris : L’harmattan

 

Rapport IGEN (2006). L’accompagnement à la scolarité : pour une politique coordonnée équitable et adossée aux technologies de l’information et de la communication. Paris: IGEN

 

- WERQUIN Patrick (2010). Reconnaître l’apprentissage non formel et informel : résultats, politiques et pratiques. Paris : OCDE