*335 - Rôle de la fluidité et de la segmentation des phrases dans l’apprentissage de lecture

En l'absence de dépôt de l'auteur, voici le projet déposé avant expertise.

 

GARCIA Sandrine

Université Dauphine

 

OLLER Anne-Claudine

Université de Savoie/OSC-Sciences Po

 

Mot-clés: apprentissage de la lecture, fluidité, segmentation des phrases, incorporation

 

 

L’apprentissage de la lecture a fait l’objet d’investissements didactiques particulièrement intenses depuis le début des années 1970. Dans cette période, les méthodes syllabiques d’apprentissage de la lecture ont été mises en cause et accusées de ne pas permettre aux élèves d’accéder à la compréhension par des acteurs tels que J. Foucambert (1976), E. Charmeux (1975) et L. Lentin (1977). Il s’en est ensuivi la promotion de méthodes « fonctionnelles », confondues avec les méthodes globales, qui ont mis l’accent sur une démarche de construction d’hypothèses, l’authenticité des supports utilisés pour l’apprentissage et de travail portant essentiellement sur la discrimination visuelle. Malgré l’accent mis sur la compréhension par de nombreuses méthodes, un grand nombre d’élèves sont aujourd’hui en grande difficulté dans les compétences de lecture considérées comme de « base ». La recherche que nous souhaitons présenter -mise en oeuvre dans une école primaire de province- a consisté à déplacer le regard sur l’activité même de lecture, ignorée trop souvent dans sa dimension de savoir faire pratique, de compétence incorporée et uniquement valorisée dans sa dimension technique ou culturelle. Pour autant, et comme nous avons pu l’évaluer à partir d’une classe à recrutement populaire ayant utilisé uniquement une méthode syllabique, la démarche qui insiste sur la seule dimension technique ne suffit pas à doter les élèves d’une véritable compétence lectorale. C’est la raison pour laquelle nous avons poussé l’analyse du rôle du déchiffrage dans la compréhension en faisant l’hypothèse, adossée sur plusieurs recherches, qu’il est nécessaire pour que l'élève comprenne qu'il soit non seulement capable de faire fonctionner la combinatoire, mais qu’elle devienne une activité incorporée. Cette incorporation nécessite à la fois une lecture suffisamment fluide et bien segmentée pour qu’il puisse reconnaître le langage oral qu’il maîtrise déjà au moins en grande partie. Cette communication présentera les résultats des 50 élèves de CP de l'école en termes de compétences de lecture, évaluées à l'aune d'un test que nous avons conçu sur la base de leur déchiffrage et auquel nous les avons soumis en décembre et en février -il est prévu que les élèves soient à nouveau soumis au test en avril et en juin. Nous avons alors constaté non seulement une amélioration des résultats (jusqu'à 90% de fautes en moins), mais aussi la réduction des écarts entre les élèves. Comme nous avons pu le mesurer, ces résultats sont accompagnés d'une meilleure compréhension du texte par l'ensemble des élèves (Fayol, 1996).

 

Bibliographie indicative :

- Fayol, M., 1996- "A propos de la compréhension", in Observatoire National de la Lecture, Regards sur la lecture et ses apprentissages, Paris, MENSR. - Foucambert, J., 1976 (réed 1996)- La manière d'être lecteur, Paris, Bibliothèque/Albin Michel. - Charmeux, E., 1975- La lecture à l’école, Paris, CEDIC-Nathan. - Lentin, L., 1977- Du parler au lire, Paris, ESF.