333 - Des recommandations européennes pour la formation des professionnels du sanitaire et du social sur la promotion de la santé mentale : le Guide PROMISE

Emmanuelle Jouet

Labratoire de recherche en psychiatrie sociale, EPS Maison Blanche, Paris

Experice, EA 3971, Paris 8, Campus Condorcet

 

 

Mots clés : éducation pour la santé, promotion de la santé mentale, formation professionnelle, bonnes pratiques

Résumé : Dans le champ de l’éducation pour la santé, la promotion de la santé mentale est un domaine d’action prioritaire pour tous les pays européens. Cependant, les ressources de formation de qualité visant l’acquisition de compétences restent encore relativement rares. L'objet de cette présentation est d’aborder les résultats du projet PROMISE financé par DG SANCO concernant l'élaboration de lignes directrices pour la formation des professionnels de la santé et des travailleurs sociaux en matière de promotion de la santé mentale. Le projet PROMISE a réuni un comité scientifique multidisciplinaire de huit sites européens représentant une variété d'institutions, incluant des universités, des établissements publics de santé, et des organismes de santé publique. Le comité a utilisé une analyse de contenu thématique pour sélectionner et analyser les documents des politiques européenne et internationale, les revues de la littérature sur la promotion de la santé mentale et les programmes existants dans ce domaine afin d’identifier des critères de qualité pour les professionnels de la formation sur ce sujet. Les lignes directrices PROMISE obtenues ont ensuite été soumises à un processus itératif  de recueil de commentaires auprès des groupes de pilotage locaux et professionnels de la formation de tous les sites européens dans le but de développer des kits de ressources et d'outils d'évaluation pour l'utilisation des lignes directrices PROMISE. Le comité scientifique a également recueilli des informations auprès des groupes d'intervenants européens, nationaux et locaux et des organisations professionnelles sur les programmes de formation existants, les politiques et les projets. Le processus a identifié dix critères de qualité pour les professionnels de la formation en promotion de la santé mentale : affirmer les principes de base de la promotion de la santé mentale, permettre la participation effective et citoyenne de l’ensemble des parties-prenantes, adopter une approche interdisciplinaire et intersectorielle, inclure des personnes vivant avec un trouble de santé mentale, plaidoyer (advocacy), prendre en compte les avancées scientifiques, adapter les interventions aux contextes et aux besoins dans une approche globale, à la fois holistique et écologique, identifier et évaluer les risques, utiliser les médias, évaluer la formation, la mise en œuvre des actions qui en résultent et l’impact de ces actions. Le processus itératif de retour des commentaires a produit des kits de ressources et des listes d’évaluation liées à chacun de ces critères de qualité dans toutes les langues des partenaires du projet.

 

 

1. Contexte

Le Pacte européen de la santé mentale et du bien-être de 2008 rappelle l’importance et la valeur de la santé mentale et du bien-être pour les citoyens européens (1). L’incidence des troubles mentaux serait en hausse avec dorénavant quelques 50 millions de personnes en Europe vivant avec de tels troubles. Selon l’OMS (2), c’est une maladie psychiatrique, la dépression, qui serait la principale cause d'années perdues pour cause d'incapacité.

Si les soins en santé mentale sont donc un enjeu majeur, la prévention et la promotion de la santé mentale constituent dorénavant des priorités essentielles de la politique de santé publique au niveau européen (1). Ainsi, le Pacte souligne avec fermeté le sens positif du terme santé mentale : « La santé mentale est un droit de l’homme. Elle est indispensable à la santé, au bien-être et à la qualité de vie. Elle favorise l’apprentissage, le travail et la participation à la société » (p.1). La promotion de la santé mentale devient donc un enjeu de santé publique, avec des implications majeures pour l’ensemble des acteurs du domaine de la santé. Comment s’y prendre alors pour faire entrer la promotion de la santé dans les lieux de soins ? Le Pacte recommande comme action prioritaire des états membres de « promouvoir la formation des professionnels impliqués dans la santé, l’éducation, la jeunesse et autres secteurs pertinents en santé mental et bien-être » (p.4) (1). Toutefois, la question de qui doit être formé fait l’objet d’un débat. L’Association européenne de psychiatrie, dans son Guidance Paper de 2012 sur la promotion de la santé mentale (3), souligne l’importance de la formation des professionnels de la psychiatrie en promotion de la santé mentale. Par contre, pour le Mental Health Action Plan for Europe de l’OMS, la priorité serait avant tout de former l’ensemble des professionnels de santé de première ligne à la promotion de la santé mentale, considérant qu’il est non seulement nécessaire d’intégrer dans les soins primaires des professionnels de la psychiatrie formés spécifiquement en promotion de la santé mentale, mais également d’intégrer des compétences de promotion de santé mentale dans les référentiels de métiers de toutes les professions de première ligne dans les domaines du sanitaire et du social (4). Il est d’autant plus urgent de mettre en place des ingénieries de formation à la promotion de la santé mentale pour les professionnels que, malgré un nombre important de programmes et de politiques dans ce domaine (5), ainsi que d’outils de transfert des bonnes pratiques en programmes d’action efficaces (6) (7), les interventions étudiées dans les revues de la littérature montrent une grande variabilité quant à leur efficacité. En outre, la promotion de la santé mentale ne fait l’objet d’une spécialisation dans les programmes de formation initiale ou continue que dans très peu de pays européens, avec l’exception des Pays Bas qui a créé un métier spécifique d’intervenant en promotion de la santé (8).

2. Promouvoir les bonnes pratiques de formation à la promotion de la santé mentale pour les professionnels du sanitaire et du social

Afin de répondre à ce besoin de formation, le projet PROMISE (Promoting Mental Health, Minimising Mental Illness and Integrating Social Inclusion through Education), soutenu par DG Sanco de la Commission européenne, a développé un guide générique pour la formation des professionnels du sanitaire et du social en promotion de la santé.[1] Les détails de ce processus de développement sont publiés ailleurs (9). Pour résumer, le projet s’est déroulé de 2009 à 2012 sur huit sites dans sept pays européens : Aarhus, Danemark ; Paris, France; Budapest, Hongrie ; Molise, Italie ; Koper et Ljubljana, Slovénie ; Barcelone, Espagne ; et Londres, Angleterre. Les participants venaient d’institutions aux missions hétérogènes, comme des universités, des services de formation continue d’établissement de santé, des lieux de soins et des organisations de santé publique. Professionnels du sanitaire et du social de métiers variés, ils ont composé un comité scientifique dont l’objectif consistait à élaborer, à partir de revues de la littérature et de textes clés sur les politiques de santé mentale en Europe, un guide de bonnes pratiques de formation dans ce domaine. Le projet intégrait des représentants des usagers à chaque phase de développement. En France, la recherche a eu lieu à Paris à l’Etablissement public de santé Maison Blanche, avec la participation d’usagers et du personnel des secteurs psychiatriques, du service de formation continue, de la direction des soins et du comité de liaison alimentation et nutrition.

 

Le premier travail du comité scientifique a été d’analyser quatorze documents clefs sur la promotion de la santé mentale en utilisant les techniques standards d’analyse qualitative de contenu thématique. Tous les documents ont été analysés par tous les membres du comité scientifique du projet PROMISE (Tableau 1).

Tableau 1 : Documents analysés par le comité scientifique du projet PROMISE

1. Slovenian Presidency of the European Union: European Pact for Mental Health and Well-being. Brussels; 2008.

2. Jané-Llopis E, Anderson P: Mental Health Promotion and Mental Disorder Prevention: a policy for Europe. Nijmegen: Radboud University Nijmegen; 2005.

3. STAKES, MINDFUL - Mental health information and determinants for the European level (2006)

4. National Institute for Health and Clinical Excellence: Public health interventions to promote positive mental health and prevent mental health disorders among adults. Evidence briefing. London; 2007.

5. Queen Mary University of London: Best Practice In Promoting Mental Health In Socially Marginalized People In Europe. London; 2008.

6. Jané-Llopis, E. & Anderson, P. (Eds): Mental health promotion and mental disorder prevention across European Member States: a collection of country stories. Luxembourg: European Communities; 2006

7. Wahlbeck K. & Mäkinen M. (Eds): Prevention of depression and suicide. Consensus paper. Luxembourg: European Communities; 2008.

8. World Health Organization Department of Mental Health and Substance Abuse: Prevention of Mental Disorders: effective interventions and policy options. Geneva; 2004.

9. World Health Organization Department of Mental Health and Substance Abuse: Promoting mental health: concepts, emerging evidence, practice: summary report. Geneva; 2004.

10. Jané-Llopis E, Barry M, Hosman C, Patel V: The evidence of mental health promotion effectiveness: strategies for action. Promotion and Education 2005 (Suppl 2).

11. World Health Organization Regional Office for Europe: Mental health action plan for Europe: facing the challenges, building solutions. Report from the WHO Ministerial Conference. Copenhagen; 2005

12. Patel V, Araya R, Chatterjee S, Chisholm D, Cohen A, De Silva M, Hosman C, McGuire H, Rojas G, van Ommeren M: Treatment and prevention of mental disorders in low-income and middle-income countries. Lancet 2007, 370:991–1005.

13. Pape B, Galipeault J-P: Mental Health Promotion For People With Mental Illness - A Discussion Paper, Public Health Agency of Canada: Ottawa; 2002.

14. Austen P: Community Capacity Building and Mobilization in Youth Mental Health Promotion: the Story of the Community of West Carleton. How the Community Helper Program Evolved from a Community’s Experience with Youth Suicide. Ottawa: Health Canada Health Promotion Unit; 2003.

A partir de ces analyses, un ensemble de cinquante catégories de propos ont été identifiées par les membres du comité scientifique. Dans l’étape suivante, le comité a regroupé ces cinquante catégories dans des thèmes conceptuels principaux. Ensuite, par une démarche de consultation participative auprès d’experts locaux des différents sites, cette liste a été progressivement ramenée à dix critères de qualité autour desquels a été construite la première version du guide générique de formation en promotion de la santé mentale. Pour chaque critère, a été créé un kit de ressources dans les langues des sites participants afin que le Guide PROMISE puisse se décliner sur des thèmes spécifiques de promotion de la santé mentale ou à l’attention de différents acteurs clefs sanitaire et du social : psychiatres, psychologues, infirmiers, travailleurs sociaux. En dernier lieu, des éléments des projets européens CompHP (Developing Competencies and Professional Standards for Health Promotion Capacity Building in Europe) (10) et ProMenPol (Promoting and Protecting Mental Health. Supporting Policy through Integration of Research, Current Approaches and Practice) (11) sont venus compléter les guides en termes de déploiement de compétences sur des terrains spécifiques : l’école, le lieu de travail, les maisons de retraite.

3. Les 10 critères de qualité

Le projet PROMISE a ainsi identifié 10 critères de qualité pour la formation des professionnels de la santé en promotion de la santé mentale (Tableau 2 voir en annexes).

Le critère de qualité n° 1 (CQ1), Affirmer les principes de base de la promotion de la santé mentale souligne la distinction entre la promotion de la santé mentale et la prévention des maladies mentales ou les soins psychiatriques. La santé mentale positive est vue comme une ressource, une valeur en soi et un droit humain essentiel au développement économique et social. La promotion de la santé mentale cherche à œuvrer sur les déterminants de la santé mentale afin de promouvoir la santé mentale positive et d’optimiser le développement psychologique de l’ensemble de la population, y compris ceux qui souffrent de problèmes de santé mentale ou qui sont à risque. Une approche de promotion de santé mentale inclut ainsi la prévention de la santé mentale vue comme un effet attendu, mais refuse de voir la santé mentale uniquement comme l’absence de maladie (12).

Les trois critères suivants identifient différents acteurs qui doivent être intégrés dans les démarches de promotion de la santé mentale. En premier lieu, il s’agit de permettre la participation effective et citoyenne de l’ensemble des parties prenantes (CQ2), ce qui est essentiel si chacun va jouer un rôle signifiant et durable dans les programmes de promotion de la santé mentale. Deuxièmement, adopter une approche interdisciplinaire et intersectorielle (CQ3) est au centre des politiques contemporaines de construction de capacités en termes de promotion de la santé mentale. La psychiatrie, le secteur sanitaire ne peuvent réussir à eux seuls dans ce domaine complexe. En effet, une promotion de la santé mentale efficace nécessite d’agir sur les différents déterminants sociaux, écologiques et économiques de la santé : faciliter le lien social, lutter contre la discrimination et la violence, améliorer l’environnement physique et les conditions de vie, les transports, les écoles… Vu la diversité et la multiplicité des déterminants du bien-être humain, la promotion de la santé mentale est par essence intersectorielle. Une grande variété de professionnels doivent être impliqués dans les programmes, non seulement ceux venant de la santé, du social, du juridique et de l’éducation, mais également les collectivités locales, et les associations d’usagers et d’aidants (4,5,6). Savoir travailler en équipe multidisciplinaire et intersectorielle doit être inclus dans la formation de tous les acteurs.

Enfin le CQ4, inclure des personnes vivant avec un trouble de santé mentale, souligne le fait que les usagers des services de santé mentale ont un rôle légitime à jouer en participant au développement et à l’animation des formations pour les professionnels en promotion de la santé mentale et aussi dans les actions de promotion de la santé mentale en général. Une des causes principales d’échec des programmes de promotion de la santé mentale est le stigma associé aux questions de santé mentale. Impliquer les personnes vivant avec un trouble psychique dans la conception et la mise en œuvre de ces programmes est crucial pour éviter de créer de nouvelles raisons pour stigmatiser ces questions (13). Les expériences des usagers par rapport à la maladie et la stigmatisation associée à la maladie doivent être valorisées. La formation en promotion de la santé mentale doivent inclure une réflexion sur la formation des professionnels ayant une expérience d’usager pour devenir acteurs dans ce domaine (14).

Développer des compétences en matière de plaidoyer (Advocacy) (CQ5) et prendre en compte les avancées scientifiques et les connaissances fondées sur les preuves (GC6) sont des qualités cruciales pour construire des interventions efficaces.

Un point faible de nombreux programmes de formation dans le domaine de la promotion de la santé mentale est de négliger les questions de formation quant à la mise en œuvre des programmes. Trois critères de qualité du Guide PROMISE traitent de ces questions. Adapter les interventions aux contextes et aux besoins dans une approche globale, à la fois holistique et écologique (CQ7) et identifier et évaluer les risques (CQ8) sont essentiels pour renforcer les compétences d’individus et de communautés en matière d’évaluation du niveau de risque qu’ils sont prêts à prendre avec leur santé. Ceci est particulièrement vrai par rapport à la stigmatisation vis à vis de la maladie mentale et des personnes vivant avec une maladie mentale, un obstacle majeur dans l’accès aux soins et à l’information sur la santé mentale en général.

Former des professionnels de la santé à utiliser les médias (CQ9), y compris Internet et les réseaux sociaux a prouvé son efficacité dans la lutte contre la stigmatisation, l’augmentation du soutien par les pairs, et la promotion d’attitudes positives à propos des questions de santé mentale en général (11).

Enfin, une formation de qualité sur comment évaluer la formation, la mise en œuvre des actions qui en résultent et l’impact de ces actions (CQ10) est un facteur de réussite essentiel. La promotion de la santé mentale implique d’avoir des compétences d’évaluation non seulement de la formation elle-même mais aussi de la mise en œuvre et de l’impact des actions de promotion de santé mentale ciblés dans la formation.

4. Comment utiliser le Guide PROMISE

Le document final qui en résulte, le Guide PROMISE, est un ensemble de dix critères de qualité destinés à être utilisés dans la création de programmes de formation professionnelle en matière de promotion de la santé mentale. Il s’adresse à tout concepteur de formation qui souhaite développer une formation sur la promotion de la santé mentale, que ce soit en général ou sur un thème particulier ciblant une population spécifique. Ces critères de qualité sont conçus pour être utilisés dans le cadre soit de la formation initiale soit de la formation continue. Ils peuvent également l’être lors de la création de formations sur des projets locaux portant sur des thèmes particuliers de promotion de la santé mentale, comme par exemple la formation d’une équipe de médecine de la santé au travail afin d’intervenir auprès des cadres d’une entreprise pour une action sur la promotion de la santé mentale et du bien-être au travail.

Le Guide PROMISE comprend pour chaque critère de qualité une description détaillée, des documents de politiques majeures, des exemples de programmes de formation existants et une liste d’évaluation de la qualité.

L’ingénieur de formation crée d’abord une première version de son programme de formation. Ensuite, il examine chacun des dix critères de qualité et se pose la question suivante : « Mon programme de formation respecte-t-il ce critère de qualité ? ». Attaché à chaque critère se trouve une check-list qui permet d’évaluer la conformité du programme de formation au critère de qualité en question. Si le programme de formation respecte le critère en question, il passe au suivant. Dans le cas contraire, il se reporte au kit de ressources attaché à chaque critère. Le kit de ressources contient des textes de base pouvant servir de support pour valider la prise en compte de ce critère dans le programme de formation et qui peut être distribué aux participants comme supports de lecture complémentaire ou pour préparer la session. Il contient également des exemples de programmes de formation et d’actions de promotion de la santé mentale qui tiennent compte du critère de qualité en question, ainsi que des liens vers des ressources pratiques comme des posters, des brochures, des sites internet. Ce guide est disponible dans les sept langues des pays participants au projet, dont le français, sur le site du projet au http://promise-mental-health.com/training-guidelines.html

Conclusion

En conclusion, le Guide PROMISE pour la formation des professionnels du sanitaire et du social dans la promotion de la santé mentale est construit autour de dix critères de qualité, chacun avec son kit de ressources et sa check-list. Ce Guide résulte d’un processus basé sur une analyse thématique des principaux textes européens et internationaux en matière de politique de promotion de la santé et des revues de la littérature scientifique sur cette question, et s’appuyant sur la participation active de professionnels de différents secteurs d’activité ainsi que d’usagers de la psychiatrie sur huit sites européens, dont la France. Il est à espérer que le Guide PROMISE contribuera de façon significative à la mise en œuvre de nos politiques de santé dans ce domaine important.

 

BIBLIOGRAPHIE

Slovenian Presidency of the European Union. (2008). European Pact for Mental Health and Well-being. Brussels. http://ec.europa.eu/health/ph_determinants/life_style/mental/docs/pact_en.pdf

World Health Organization. (2008). The Global Burden of Disease: 2004 Update. Geneva; Switzerland: WHO Press

Kalra, G., Christodoulou, G., Jenkins, R., Tsipas, V., Christodoulou, N., Lecic-Tosevski, D., Mezzich, J., Bhugra, D. (2012). Mental health promotion: guidance and strategies. European psychiatry, 27:81–6. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22197146

World Health Organization. (2005). Report from the WHO European Ministerial Conference: Mental Health Action Plan for Europe Facing the Challenges, Building Solutions. Helsinki. http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0008/96452/E87301.pdf

World Health Organization Department of Mental Health and Substance Abuse. (2004). Promoting mental health: concepts, emerging evidence, practice: summary report. Geneva. http://www.who.int/mental_health/evidence/en/promoting_mhh.pdf

Netherlands Institute of Health Promotion and Disease Prevention. (2005). Final technical implementation report of the action Getting Evidence into Practice. Woerden. http:/ / ws5.e-vision.nl/ systeem3/ images/ FINAL%20REPORT%20EC%202003123-79084 1.pdf

Molleman, GRM., Ploeg, MA., Hosman, CM., Peters, LH. (2006). Preffi 2.0 - a quality assessment tool. Promot Educ, 13:9-14.

Jané-Llopis, E., Anderson, P. (2005). Mental Health Promotion and Mental Disorder Prevention: a policy for Europe. Nijmegen: Radboud University Nijmegen. http://www.gencat.net/salut/imhpa/Du32/html/en/dir1662/dd11711/a_policy_for_europe.pdf

European Network for Mental Health Promotion. http://www.mentalhealthpromotion.net/

Kuhn, KL. (2010). Promoting and protecting mental health, supporting policy through integration of research, current approaches and practice (ProMenPol): Publishable Final Activity Report. Dortland: Federal Institute for Occupational Safety and Health. http:/ / cordis.europa.eu/ search/ index.cfm?fuseaction=proj.document& PJ_RCN=9779445

OMS Charte d’Ottawa sur la Promotion de la Santé. (1986). Ottawa http://www.sante.gouv.fr/cdrom_lpsp/pdf/Charte_d_Ottawa.pdf

Jané-Llopis, E., Anderson, P. (2006). Mental health promotion and mental disorder prevention across Europe Member States: a collection of country stories. Luxembourg: European Communities.

http://ec.europa.eu/health/archive/ph_projects/2004/action1/docs/action1_2004_a02_30_en.pdf

Pape, B., Galipeault, J-P. (2002). Mental Health Promotion For People With Mental Illness - A Discussion Paper. Ottawa: Public Health Agency of Canada. http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/mh-sm/mhp02-psm02/index-eng.php

Greacen, T., Jouet, E., Ryan, P., Cserhati, Z., Grebenc, V., Griffiths, C., Hansen, B., Leahy E., (…) Flores, P. (2012). Developing European guidelines for training care professionals in mental health promotion. BMC Public Health. 27;12:1114. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3553026/

Notes de l'auteur : Ce texte reprend de grandes parties écrites par l’auteur pour la publication de Greacen, T., Jouet, E., Dodéro, M., Fabre A., Salem, E. (2013). Promotion de la santé mentale : des recommandations  pour la formation des professionnels, La santé en action, 424, 25-27 et s’appuie sur les travaux du collectif PROMISE http://promise-mental-health.com/ financé par DG SANCO de la Commission européenne (http://ec.europa.eu/dgs/health_consumer/index_fr.htm)

 

Annexes

Tableau 2 : Les dix critères de qualité pour la formation des professionnels en promotion de la santé mentale

Un programme de formation en promotion de la santé mentale à l’attention des professionnels du sanitaire ou du social devrait s’efforcer de respecter les dix critères de qualité suivants :

1. Affirmer les principes de base de la promotion de la santé mentale

Le programme de formation défend les principes de base de la promotion de la santé mentale notamment en la distinguant de la prévention voire des soins psychiatriques. La santé mentale est comprise dans son sens positif, comme un atout, avec un intérêt en soi. Il s’agit d’un droit humain fondamental, nécessaire au développement économique et social et cela au niveau individuel comme au niveau collectif. La promotion de la santé mentale a pour objet d’agir sur les déterminants de la santé mentale de façon à accroître la bonne santé mentale d’une part et à réduire les inégalités d’autre part.

2. Permettre la participation effective et citoyenne de l’ensemble des parties prenantes

Le programme de formation adhère au principe de participation citoyenne. Il cherche à apprendre aux participants à encourager et à donner les moyens à l’ensemble des parties prenantes dans une action donnée de promotion de la santé mentale, pour qu’elles puissent y participer pleinement. Concernant la formation des professionnels dans le cadre de la mise en œuvre d’actions spécifiques, il s’agit d’encourager les représentants des personnes directement concernées par l’objectif de promotion de la santé mentale en question à participer au choix des objectifs, à la conception et à l’exécution du programme. Le programme de formation tient également compte de la manière dont les populations concernées vont pouvoir pérenniser les acquis du projet (financement, temps…)

3. Adopter une approche interdisciplinaire et intersectorielle 

Le programme de formation prend acte de la nécessité d’assumer une approche intersectorielle et interdisciplinaire dans le domaine de la promotion de la santé mentale. L’objectif est ici de faire en sorte que les différents acteurs s’approprient à la fois le programme de formation et les interventions de promotion de la santé mentale associées au programme. L’acquisition des compétences de leadership et d’encadrement proactif est encouragée afin de construire une vision, une politique et un programme partagés.

4. Inclure des personnes vivant avec un trouble de santé mentale 

Le programme de formation s’adresse également aux personnes ayant vécu des problèmes de santé mentale, aux usagers des services psychiatriques et à leurs proches. Sont incluses dès le départ des personnes vivant avec un trouble de santé mentale et, dans le cas d’une formation liée à la promotion d’un programme de santé en particulier, des personnes ayant une expérience personnelle du problème de santé mentale lié à l’objectif du programme.

5. Plaidoyer (Advocacy) 

Le programme de formation souligne l’importance du plaidoyer (advocacy), c'est-à-dire la capacité de mettre en valeur et de défendre le point de vue de ceux qui n’ont pas forcément les compétences ou le pouvoir social nécessaires pour défendre leurs intérêts ou pour faire évoluer de manière positive le système de soins sanitaires et sociaux.

6. Prendre en compte les avancées scientifiques 

Le programme de formation intègre les avancées scientifiques basées sur les preuves ainsi que l’actualité épidémiologique et sociodémographique, et puise dans une variété de méthodes, y compris l’épidémiologie et les sciences sociales, afin d’identifier des stratégies d’action.

7. Adapter les interventions aux contextes et aux besoins dans une approche globale, à la fois holistique et écologique

Le programme de formation souligne le fait que les interventions visant à promouvoir la santé mentale doivent être adaptées aux contextes locaux, prenant en compte le cadre de vie des personnes concernées et les individus concernés eux-mêmes. Du point de vue de l’individu, cela signifie traiter chaque objectif spécifique de santé mentale de manière holistique, tenant compte des particularités des populations concernées et de l’environnement physique dans lequel chacun vit ; prenant en considération les différentes cultures, contextes socio-économiques et éducatifs, âge, sexe, préférences sexuelles, santé, compétences et capacités... Le programme de formation se construit autour d’objectifs de promotion de la santé qui sont mesurables, que l’on peut évaluer, et les groupes sociaux ou individus en question sont impliqués dans ce processus d’évaluation : évaluation des besoins locaux, choix des objectifs et des indicateurs, évaluation des résultats.

8. Identifier et évaluer les risques

Le programme de formation aborde, au niveau individuel et au niveau populationnel, non seulement les bénéfices escomptés mais également les risques encourus du fait des actions de promotion de la santé mentale. Tout changement implique une prise de risque. Il convient donc de permettre aux individus et aux populations en question de décider du niveau de risque qu’ils sont prêts à prendre quant à leur santé et à leur sécurité.

9. Utiliser les médias 

Le programme de formation intègre un enseignement sur l’utilisation des médias et des techniques de communication pour la promotion de la santé mentale et la lutte contre la stigmatisation associée à la maladie mentale.

 10. Evaluer la formation, la mise en œuvre des actions qui en résultent et l’impact de ces actions 

Le programme de formation souligne l’importance de l’évaluation du processus de mise en œuvre des programmes de promotion de la santé mentale, tout comme l’évaluation de la formation elle-même ainsi que des résultats des programmes effectivement mis en œuvre.

[1] Le Guide PROMISE sur la formation des professionnels du sanitaire et du social sur la promotion de la santé mentale est disponible en français à : http://promise-mental-health.com/Le%20Guide%20PROMISE%20240912.pdf