306 - L’influence du territoire sur l’orientation des filles en fin de classe de troisième.

 Boris Meunier

EA.4671 ADEF Aix-Marseille Université ; ENS de Lyon, IFE ; 13248, Marseille, France

 

Mots clés : Contexte, Territoire, Filles, Trajectoire scolaire.

 

Cette recherche vise à étudier l’influence du contexte et du territoire et plus spécifiquement celui de la ruralité sur la trajectoire scolaire des filles issues des milieux ruraux. Elle a été conceptualisée grâce aux théories de la Reproduction, des recherches sur le genre et sur une étude longitudinale d’une cohorte de près de 2400 élèves depuis 1999 effectuée par l’Observatoire de l’Ecole Rurale. C’est à travers une méthode expérimentale que l’étude a été construite. Une enquête par questionnaire et en incluant les résultats du diplôme du brevet national des collèges, les données ont été recueillies auprès d’un échantillon de 350 élèves, afin d’effectuer une comparaison de deux groupes distincts. Le premier groupe est issu du milieu urbain (dans trois établissements urbains) et l’autre est issu des milieux ruraux (cinq établissements ruraux). Cette étude montre que les filles s’orientent plus que les garçons en seconde générale et technologique. Le résultat confirme l’effet du genre sur l’orientation. Mais elle montre que l’écart entre garçon et fille est supérieur aux données statistiques au niveau national. De plus, l’étude permet aussi de conclure que, toutes choses égales par ailleurs, les filles issues des milieux ruraux en fin de troisième s’orientent majoritairement plus en seconde générale et technologique que les filles issues du milieu urbain. Le contexte territorial influerait donc sur l’orientation des filles en leurs faveurs. Ces résultats sont une étude à un instant donné, il compare deux régions distinctes. Est-il envisageable de les généraliser ? Le contexte étant un facteur important de cette étude, on ne peut conclure sans reproduire cette étude à d’autres territoires. Toutefois, il interroge sur les raisons de cette réussite des filles en ce milieu. Les explications à ce stade hypothétique sont un manque d’offre d’orientation à proximité pour les filles, un manque d’emploi dans le rural, une volonté plus grande de vivre et habiter à la ville que les garçons. De plus, le suivi sur plusieurs années de la même cohorte permettrait de voir si les acquis se pérennisent au niveau du lycée. Une précédente étude montre que les filles certes partent au lycée souvent urbain, faute d’en trouver en milieu rural, mais ont une volonté de revenir soit en milieu agricole après une année de seconde soit pour travailler ayant fait comme elles disent une mauvaise expérience de la « ville ».

 

Références bibliographiques :

 ALPE,Y., CHAMPOLLION,P., FROMAJOUX,R-C., et POIREY,J-L., (2001) L’enseignement scolaire en milieu rural et montagnard, tome 1 Espaces ruraux et réussite scolaire, Grenoble :Presses Universitaires Franc-Comtoises.

BAUDELOT, C. et ESTABLET, R. (1992) Allez les filles ! Paris, Seuil.

BOURDIEU, P. et PASSERON, J-C. (1970) La reproduction. Eléments pour une théorie du système d'enseignement, Paris, Editions de Minuit.

DURU-BELLAT, M., (1990) L’Ecole des filles : quelle formation pour quels rôles sociaux ? Paris, L’Harmattan.