286 - Structuration des savoirs scolaires et jeu d'acteurs

 Cédric Roure

Centre de Recherche sur l'Education, les Apprentissages et la Didactique (CREAD)

Université de Bretagne Occidentale, France

 

          Mots-clés : Didactique, Epistémologie, Jeu d'acteurs, Communications, Concepts intégrateurs.  

 

     Toute entreprise de transmission de savoirs passe inévitablement, sur un plan didactique, par des choix opérés sur ces savoirs, regroupés sous la dénomination de « sélection des savoirs à enseigner ». Il en va ainsi d’un rôle de la transposition didactique, utile pour « analyser les processus de transformation des connaissances (ou des savoirs) dans un but de didactisation » (Develay, 1992, p.87). Cette sélection aboutit, in fine, à une hiérarchisation et une structuration des savoirs scolaires que nous pouvons étudier et rendre intelligible par l’intermédiaire d’une épistémologie des savoirs scolaires. En effet, selon Develay, l’analyse du concept de transposition didactique « renvoie à l’étude du processus de didactisation qui nous a permis d’envisager les contenus d’une réflexion épistémologique à propos des disciplines d’enseignement » (p.87). Cette épistémologie des savoirs scolaires est de nature à expliciter la hiérarchisation et la structuration des savoirs d’une discipline. Cette hiérarchisation des savoirs scolaires s’appuie sur le principe que certaines notions « occupent une place plus englobante que d’autres » (ibid., p.37), à l’image des poupées gigognes où la notion la plus importante englobe une notion de niveau inférieur, qui elle-même en englobe une à son tour…. Develay définit ainsi les concepts intégrateurs qui « à un niveau d’enseignement donné, organisent en une structure cohérente l’ensemble des faits ou notions abordées » (p.40), et à ce titre, constituent les principes organisateurs d’une discipline.

Notre recherche prend appui sur le versant sociologique de l’épistémologie des savoirs scolaires (Kuhn, 1983 ; Vinck, 1995) et sur la sociologie de la connaissance afin d’étudier l’influence des structures et des groupes d’humains dans la production et la diffusion des savoirs. L’enjeu est d’analyser les savoirs scolaires sous l’angle du jeu des acteurs (Laugier, 2001) afin de montrer qu'ils ne sont pas seulement le fruit de la logique, mais qu’ils sont également influencés par les réseaux d'individus. En s'intéressant aux communications didactiques d'auteurs dans une revue professionnelle de référence en éducation physique et sportive, l'enjeu est de parvenir à élucider les principes organisateurs de l'enseignement d'un groupement d'activités physiques : les sports de raquette, par la mise en œuvre d'un cadre relatif à l'épistémologie des savoirs scolaires.

Les résultats permettent de rendre compte de la structuration des savoirs scolaires des sports de raquette par l'intermédiaire de l'identification de concepts intégrateurs. Ils participent également à la compréhension du processus de mise en place et d'évolution de cette structuration principalement sous l'angle du jeu des acteurs. La discussion des résultats aborde la construction progressive d'un groupement d'activités physiques sous l'angle du jeu des acteurs et d'une structuration des savoirs organisée autour de concepts intégrateurs communs.           

 

Références bibliographiques :

Develay, M. (1992). De l’apprentissage à l’enseignement. Paris : ESF.

Kuhn, TS. (1983). La structure des révolutions scientifiques. Paris : Flammarion.

Laugier, S. (2001). Wittgenstein, métaphysique et jeux de langage. Paris : PUF.

Vinck, D. (1995). Sociologie des sciences. Paris : Armand Colin.