268 - Inclusion des élèves handicapés dans des classes ordinaires : recherche sur le travail des enseignants hors la classe

Linda Perles

LIRDEF, équipe TF&D

EA 3749

IUFM, Université Montpellier 2 et 3, France

 

Mots clés : Scolarisation des élèves handicapés, inclusion, travail hors la classe

 

Présentation du contexte

Après avoir adopté en 1994 la déclaration de SALAMANQUE fixant les principes, les politiques et pratiques en matière d’éducation et de besoins éducatifs spéciaux, ce n’est qu’en 2005 avec la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées que la France s’est réellement engagée sur le chemin de l’éducation inclusive même si cette question fait encore débat dans notre pays. La mise en place d’une politique d’éducation inclusive entraine un certain nombre de bouleversements remettant en question l’ensemble des pratiques enseignantes. Dès 2006, la coopération entre enseignants est largement mise en avant comme l’un des éléments de réussite de la loi de 2005 à la scolarisation des élèves handicapés (Gachet, 2006). Si le nombre d’élèves handicapés est en très nette augmentation dans les classes ordinaires, tous les obstacles n’en sont pas pour autant levés et la question de leur situation d’élève est à interroger.

Recherche

Notre recherche porte sur la scolarisation des élèves handicapés dans les classes ordinaires de collège et sur la mise en œuvre de l’inclusion scolaire entrainant une réelle mutation (Gardou, 2006). Nous faisons l’hypothèse que l’inclusion scolaire des élèves handicapés passe par leur acceptation sociale mais aussi scolaire dans les classes ordinaires qu’ils fréquentent. Cette dernière dimension nécessite des adaptations pédagogiques qui ne peuvent être seulement laissés à la charge des enseignants ordinaires. Plus exactement, nous cherchons à comprendre ce qui se joue dans le travail entre enseignants hors la classe en particulier dans les échanges entre enseignants spécialisés[1] et  ordinaires[2] autour de la scolarisation de ces élèves. Nos interrogations portent sur la manière dont cette scolarisation peut modifier les pratiques enseignantes hors la classe (Marcel, Dupriez, Perisset-Bagnoud, 2007) et s’articule avec les pratiques d’enseignement.

Méthodologie

Cette étude repose sur une étude qualitative longitudinale menée auprès de cinq équipes pédagogiques de collèges dotés d’une Unité d’Inclusion Scolaire[3] (ULIS) sur une durée de deux ans. Nous avons réalisé des entretiens semi-directifs des enseignants ordinaires et spécialisés concernés par la scolarisation d’élèves handicapés et de leurs chefs d’établissement. Des observations de types ethnographiques sont envisagées afin de saisir les pratiques réelles ainsi que toutes les données échangées sur des temps non institutionnels et seront croisées avec les discours.

Pour mesurer les effets de ce travail entre enseignants, une étude des résultats scolaires, du temps de scolarisation en classe ordinaire et d’un questionnaire proposé aux élèves handicapés et à leurs parents est prévue.

En témoignant de la réalité du travail collectif des enseignants dans le cadre de la scolarisation des élèves handicapés, confrontés aux prescriptions institutionnelles, nous pensons à l’issue de cette étude dégager les conditions d’amélioration de cette scolarisation à travers l’évolution des pratiques enseignantes allant vers un réel travail coopératif.

Questionnement

Nous souhaiterions mettre en discussion la pertinence de notre hypothèse et sa cohérence avec la méthodologie présentée.

 

Références bibliographiques :

GACHET Pierre François (2006) La loi du 11 février 2005 : quels enjeux de formation ? Actes du colloque inaugural de l’INSHEA Collection Etudes – Editions INSHEA

GARDOU Charles (2ème édition 2006) « Fragments sur le handicap et la vulnérabilité », éditions Erés

Marcel J.F, Dupriez V., Périsset-Bagnoud D., Tardif M. (2007, sous la direction de). Coordonner, collaborer, coopérer. De nouvelles pratiques enseignantes. Bruxelles : De Boeck

 

   

DECLARATION DE SALAMANQUE et cadre d'action pour l'éducation et les besoins spéciaux adoptés par la Conférence Mondiale sur l’Education et les Besoins Éducatifs Spéciaux : accès et qualité Salamanque, Espagne, 7-10 juin 1994

 

LOI n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées - JORF n°36 du 12 février 2005 page 2353  texte n° 1NOR: SANX0300217L

 

Bulletin Officiel  spécial n°4 du 26 février 2004- C. n° 2004-026 du 10-2-2004 : Mise en œuvre de la formation professionnelle spécialisée destinée aux enseignants du premier et du second degrés préparant le certificat d'aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap (CAPA-SH) ou le certificat complémentaire pour les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap (2CA-SH)

 



[1]L’enseignant spécialisé exerce auprès d’élèves présentant des besoins éducatifs particuliers liés à une situation de handicap, une maladie ou des difficultés scolaires graves. Il est titulaire d’un certificat d'aptitude professionnelle pour les aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap (CAPA-SH) pour le premier degré ou du certificat complémentaire pour les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap (2CA-SH)- BO spécial n°4 du 26 février 2004

[2] Enseignant ordinaire : terme utilisé pour un enseignant non spécialisé

 

[3] ULIS : Les unités localisées pour l'inclusion scolaire (ULIS) permettent l'accueil dans un collège, un lycée général et technologique, ou un lycée professionnel d'un petit groupe d'élèves présentant le même type de handicap.