*266 - L’enseignement de la Shoah dans le secondaire : un analyseur de l’expertise professionnelle du professeur du secondaire face aux questions socialement vives

En l'absence de dépôt de l'auteur, voici le projet déposé avant expertise.

 

DRAHI Patricia

Université Paris Ouest Nanterre La Défense

 

Mot-clés: Questions socialement vives / Enseignement de la Shoah / Stratégies éducatives / Expertise professionnelle

 

En France, depuis la fin des années 90, les professeurs du secondaire sont confrontés dans leur enseignement à des « questions socialement vives ». Une question socialement vive se caractérise selon Alain Legardez par trois critères : elle suscite débats et controverses dans l’espace public, dans les champs disciplinaires et professionnels, enfin, son traitement médiatique fait que la majorité des acteurs scolaires en ont une connaissance souvent approximative. En histoire, l’enseignement de certaines questions vives peut installer des situations entraînant parfois des dérégulations des pratiques de classe : la confrontation entre savoirs de « sens commun » et savoir historique, la tension entre histoire et mémoires se traduit parfois par des attitudes, des questionnements et des mises en cause susceptibles de déconcerter les enseignants. Le génocide des juifs européens, (inscrit dans les programmes officiels depuis 1988) apparaît à partir des années 2000, comme un de ces enseignements sensibles ou pour le moins difficile au point qu’au sein de l’Institut national de la recherche pédagogique, se constitue alors un groupe de travail et d’expertise . Ces difficultés au demeurant se retrouvent dans d’autres pays européens, en relation avec l’histoire spécifique de chaque pays. Au début des années 2000, en France il est admis dans l’opinion publique que ces crispations surgiraient uniquement au sein des établissements des quartiers populaires. La presse parle alors de « guerre des mémoires », « de concurrence des mémoires » pour les évoquer. Cependant, les résultats d’une étude exploratoire montrent que cet enseignement est susceptible d’interroger les enseignants sur leurs pratiques quelle que soit la population à laquelle ils s’adressent. Mon travail de recherche doctorale a pour objectif de présenter les résultats d’une enquête par entretiens qui se propose d’établir : • Un recensement des difficultés énoncées par les enseignants quel que soit le terrain sur lequel ils enseignent. • Une typologie des différentes stratégies pédagogiques et didactiques développées pour rendre possible cet enseignement sensible. Comment les professeurs qui réussissent à gérer les tensions lorsqu’ elles surgissent, perçoivent cet enseignement s’en saisissent et l’enseignent ? • On s’interrogera enfin sur une possible identification, d’une figure de l’expertise professionnelle face aux questions socialement vives en général.

METHODOLOGIE : Trente entretiens semi-directifs auprès d’enseignants de collèges et lycées dans des établissements de quartiers populaires et de centre-ville ont été recueillis, retranscrits et analysés.

 

Références :

DUBAR D., DEMAZIERE C. Analyser les entretiens biographiques. Collection Essais et Recherches, Nathan, 1997.

LEGARDEZ A., L.SIMONNEAUX (coordonné par), L’école à l’épreuve de l’actualité, enseigner les questions vives, Collection Pédagogies, ESF éditeur, 2006.

CORBEL Laurence et FALAIZE Benoît (2003). Entre mémoire et savoir : L’enseignement de la Shoah et des guerres de décolonisation. Rapport de recherche de l’équipe de l’académie de Versailles.

CORBEL Laurence et FALAIZE Benoît, « L’enseignement de l’histoire et les mémoires douloureuses du XXème siècle », Revue Française de Pédagogie, n° 147, avril-mai-juin 2004, 43-55.

TUTIAUX-GUILLON N. (2008). « Mémoire et histoire scolaire en France : quelques interrogations didactiques ». Revue française de pédagogie, N°165.