208 - Temporalités et contenus d'évaluations en CM2 : comparaison entre évaluations ordinaires et nationales

Elisabeth MENOUAR

Théodile-Cirel, Université Lille 3, France

 

Mot-clés: Ecole primaire, Disciplines, Evaluation des élèves, Pratiques enseignantes, Séances de passation.

 

Cette communication issue de mémoires de master 1 et 2 et dans les prémices d’une thèse porte sur la passation d’épreuves d’évaluation d’élèves de CM2. Si les évaluations ont pu être des objets de recherche fréquents dans différentes disciplines (Belair, 1999, Cardinet, 1988, Merle, 2007, Perrenoud, 1998) ce moment des épreuves effectives en classe semble avoir été moins souvent étudié. Cela laisse penser qu’au-delà des regards portés sur la préparation des épreuves en amont de la séance et des recherches sur la correction, notation et diffusion des résultats, la passation en salle de classe parait aller de soi. Ce qui nous semble à questionner dans un contexte d’accroissement du poids et des enjeux liés aux évaluations, notamment internationales.

Notre démarche de recherche s’appuie sur des observations de classe au cours de 23 épreuves de passation d’évaluations d’élèves de CM2 en français et en mathématiques, complétées d’un recueil de documents. Ces données sont explorées à partir d’une modélisation de séance et d’une définition d’un mode de passation protocolaire appuyée sur les instructions fournies aux enseignants pour les évaluations nationales. Nos premiers résultats laissent apparaître des variations fortes entre les actualisations des évaluations et des caractéristiques particulières à chacune des formes d’évaluation (institutionnelle ou ordinaire). Deux principaux axes d’analyse de ces variations seront croisés : les temporalités liées aux contenus des séances et les modalités disciplinaires de ces actualisations (Reuter, 2007/2010). Le premier niveau des temporalités est celui de l’année scolaire. Les contenus évalués sont répartis tout au long de l’année scolaire au rythme des évaluations ordinaires, alors qu’ils sont regroupés en deux grands ensembles disciplinaires (français et mathématiques) sur quelques jours lors des séances d’évaluations nationales.

Le second niveau de temporalité est celui des séances. La modélisation montre comment les phases chronologiques (installation des consignes, contrôle de la situation, achèvement) des séances d’évaluations ordinaires se retrouvent éclatées par la structure institutionnelle lors des évaluations nationales. Enfin, si les résultats montrent des variations en terme de durée des séances, des phases et de modalités de gestion du temps par les enseignants selon les formes d’évaluation, nous mettons au jour que ces variations diffèrent en fonction de la discipline et des contenus disciplinaires évalués. Cette approche ouvre des perspectives d’investigation plus larges, en particulier la question de la plus ou moins grande clarté de la situation d’évaluation pour les élèves face aux différences entre les types d’évaluation, notamment en fonction des disciplines. Elle interroge par ailleurs la façon dont les enseignants adaptent les différents types d’évaluation à leur situation de classe et aux disciplines.

 

Références bibliographiques :

Belair, L.M. (1999). L’évaluation dans l’école, nouvelles pratiques. Paris : ESF.

Cardinet, J;(1988). Evaluation scolaire et pratique. Bruxelles : De Boeck.

Merle, P. (2007). Les notes. Secrets de fabrication. Paris : PUF.

Perrenoud, P. (1998). L’évaluation des élèves. De la fabrication de l’excellence à la régulation des apprentissages. Entre deux logiques. Paris : De Boeck.

Reuter, Y. (ed) (2007/2010). Dictionnaire des concepts fondamentaux des didactiques. Bruxelles : De Boeck.

Verfaillie-Menouar, E. (2011). Evaluations institutionnelles : conceptionset pratiques d’enseignants de CM2. Travail d’Etudes et de Recherche de master 1, sous la direction de Daniel Bart, Sciences de l’Education, Université Lille 3.

Verfaillie-Menouar, E. (2012). Pratiques enseignantes lors de séances d’évaluations écrites en CM2. Etude comparative en français et mathématiques. Mémoire de master 2, sous la direction de Daniel Bart et Yves Reuter, Sciences de l’Education, Université Lille 3.