204 - Enseigner l’histoire à l’école élémentaire : analyse des interventions langagières du professeur dans un processus dialogique d’apprentissage disciplinaire

Catherine Souplet

Théodile-Cirel, Université Lille 3, France

 

Mots clés : professeur d’école, enseignement disciplinaire, polyvalence, échanges langagiers, apprentissages

 

Du côté des processus d’apprentissage des élèves, des travaux de recherche en didactiques permettent de mieux connaître leurs particularités selon les disciplines, notamment au travers de notions telles que la communauté discursive (Bernié, 2002), la position énonciative (Jaubert, Rebière, 2011), la conscience disciplinaire (Reuter, 2007). Cela contribue à enrichir tout autant les didactiques disciplinaires que des travaux de didactique comparée.   

En corrélation avec ces aspects, il y a un intérêt certain à se pencher sur les pratiques des professeurs des écoles dans le même objectif, à savoir mieux comprendre les particularités disciplinaires de l’activité de ces enseignants polyvalents. Des recherches (Audigier, Tutiaux-Guillon, 2004 ; Philippot, 2009) ont déjà montré la prépondérance des contraintes liées à la gestion de la classe dans leurs pratiques d’enseignement, au détriment de la prise en compte de l’épistémologie des sciences de référence.

Je propose d’étudier cette problématique au travers de l’analyse de transcriptions des échanges langagiers menés durant des leçons d’histoire. Ces transcriptions font partie d’un corpus recueilli dans le cadre d’un travail de thèse qui a permis d’identifier quelques traits saillants des apprentissages en histoire d’élèves d’école élémentaire. Il s’agit donc d’une relecture de ce corpus, en adoptant un angle d’analyse différent, dirigé vers le professeur et les effets produits par ses interventions.

De fait, le professeur d’école élémentaire n’est pas spécialiste de la discipline. En tant qu’acteur institutionnel, il n’est pas supposé disposer de principes épistémologiques, ou de connaissances historiographiques substantielles, et cela provoque des effets particuliers. Dans les situations étudiées, on peut constater de manière ambivalente qu’il peut incontestablement  tenir un rôle de facilitateur dans l’étayage des processus d’apprentissage mais aussi qu’il peut parfois parasiter le processus engagé. Ce sont ces constats qui sont soumis ici à analyse pour identifier les interventions langagières du professeur et les effets produits sur les apprentissages des élèves.

 

Références bibliographiques :

Audigier F. & Tutiaux-Guillon N. (dir.) (2004). Regards sur l’histoire, la géographie et l’éducation civique à l’école élémentaire. Lyon : INRP.

Bernié J.-P. (2002). L’approche des pratiques langagières scolaires à travers la notion de communautés discursives : un apport à la didactique comparée ? In Revue Française de Pédagogie, n° 141 (p. 77-88). Lyon : INRP.

Jaubert M. (2007). Langage et construction de connaissances à l’école. Un exemple en sciences. Bordeaux : Presses universitaires de Bordeaux.

Philippot T. (2009). Des enseignants de l’école primaire et l’enseignement des matières scolaires : réflexions sur la professionnalité enseignante. In Brassart D. & Legrand G. (éds), Qu’est-ce qu’une formation professionnelle universitaire des enseignants ? Enjeux et pratiques, 6e colloque international des IUFM, Arras.

Reuter Y. (2007). La conscience disciplinaire. In Éducation et didactique, vol 1, n°2  (p. 57-71). Rennes : PUR.