191 - Liens familiaux et socialisation de l’adolescent trisomique 21 scolarisé

Nathalie Auguin-Ferrere, psychologue, docteure en Sciences de l’Education.

Laboratoire (EA 4071). Université René Descartes, Paris (75 006), France.

 

Mots clés : Trisomie 21, adolescence, liens familiaux, socialisation, scolarisation.

 

La communication présentera les résultats d’une recherche réalisée entre 2008 et 2012 dans le cadre d'une thèse en sciences de l’éducation. Avec une démarche clinique et des outils originaux, cette étude explore et analyse les mouvements psychiques et sociaux que provoque l’adolescence chez des jeunes trisomiques 21 et leurs parents. Notre regard s’est porté sur ce moment particulier que constitue l’adolescence. Au cours de cette période, parents et adolescent(e) sont bousculés par d’importants remaniements psychiques et relationnels. L’adolescent(e) réorganise le rapport à son corps en faisant évoluer son rapport aux autres. Qu’en est-il pour le jeune ayant une trisomie 21 ? Comment chemine-t-il dans la relation à soi et aux autres ? Comment envisage-t-il sa vie d’adulte ? Quels sont les appuis extérieurs que parents et adolescent(e) trouvent ? Telles ont été les questions qui ont guidé notre recherche. Ainsi, nous avons laissé la parole à 13 adolescent(e)s, garçons et filles âgés de 14 à 20 ans, et 15 parents. Ils nous ont donné à entendre leur vécu respectif, à travers les traductions concrètes de l’intégration familiale, scolaire, sociale de l’adolescent(e), des perspectives qu’ils envisagent ; du regard que porte chaque parent, sur l’évolution de son enfant et de la leur. Nous avons tenu compte de leurs expériences quotidiennes et de leurs conditions particulières d’existence. Le cadre théorique de cette étude s'appuie principalement sur les travaux que mènent D. Vaginay (2000), N. Boucher (2007), J-S. Morvan (2005, 2007, 2010) en France, J-J. Detraux (2006) et M-C. Haelevyck (2009, 2010) en Belgique, H. Gascon (2010) au Québec et V. Guerdan (2009) en Suisse. Ces derniers portent un intérêt particulier au devenir de la personne présentant une déficience intellectuelle, à sa participation sociale, à l’interaction entre liens familiaux et sociaux. Les principaux résultats de cette étude suggèrent que la scolarisation de l’adolescent(e) trisomique 21 en milieu ordinaire ou spécialisé, son inscription dans différentes activités de loisirs, l’appui des adultes autres que les parents, les pairs aident le jeune dans sa construction et sa socialisation. Cependant, les représentations à l’égard de la trisomie 21 et la nature des relations qui s’instaurent entre adolescents ayant une trisomie 21 et les autres, au sein de la sphère scolaire, et plus largement, sociale, peuvent peser sur l’image que l’adolescent(e) a de lui-même, sur la confiance en soi, l’estime qu’il se porte, et sur les attitudes parentales. Ces constats nous amènent à penser que plusieurs axes de travail sont à privilégier auprès des adolescents, de leurs parents, et des professionnels du milieu scolaire et médico-social. Ces derniers seront présentés pour ouvrir sur une discussion autour des bénéfices qu’ils y auraient à favoriser une véritable politique d’inclusion scolaire, en France.

 

Références bibliographiques :

AUGUIN-FERRERE, N. (2013). L’adolescent trisomique. Liens familiaux et socialisation. Le journal des psychologues, 2, n°304, 49-54.

TOROSSIAN-PLANTE, V., AUGUIN-FERRERE, N. (2012). Trisomie 21 – De l’enfance à l’âge adulte : évocation d’un espace transitionnel d’accompagnement in J-S. Morvan, Le sujet handicapé. Evocation(s) du lien psychique et du lien social. Paris : l’Harmattan.

BOUCHER, N. (2007). Le partage psychique du handicap dans le lien d’accompagnement in J-S. Morvan, Espaces éducatifs et thérapeutiques. Paris : Fabert, 159-184.

GUERDAN, V., PETITPIERRE, G., MOULIN, J-P., HAELEWYCK, M-C. (2009). Participation et responsabilités sociales. Un nouveau paradigme pour l'inclusion des personnes avec une déficience intellectuelle. Bern : Peter Lang.

HAELEWYCK, M-C., GASCON, H. (2010). Adolescence et retard mental. Bruxelles : De Boeck, 325 p.

MORVAN, J-S. (2010). L’énigme du handicap. Traces, trames, trajectoires. Toulouse : Erès, 255 p.