188/3 - Les conceptions sur l’évolution biologique d’enseignants du primaire et du secondaire dans 28 pays varient selon leur pays et selon leur niveau d'étude

188/3 - Les conceptions sur l’évolution biologique

d’enseignants du primaire et du secondaire dans 28 pays

                                   varient selon leur pays et selon leur niveau d'étude

 

Pierre Clément

S2HEP, Université Lyon 1, France, Pierre.Clement@univ-lyon1.fr

&

Marie-Pierre Quessada

LIRDEF, IUFM, Université Montpellier 2, France, marie-pierre.quessada@montpellier.iufm.fr

 

 

En collaboration, pour le recueil des données, avec les équipes des 28 pays sous la responsabilité respective de :

  • Algérie : Farida Khammar, USTHB, Alger ;
  • Allemagne : Franz Bogner, Université de Bayreuth ;
  • Australie : Frances Quinn, Université New England, NSW ;
  • Brésil : Graziela Lopez, Université Sao Paulo & Paloma Silva, UNESP, Bauru ;
  • Burkina Faso : Ivette Béré – Yoda, ENS Ouagadougou ;
  • Cameroun : Lawrence Ntam Nchia, ENS Yaoundé ;
  • Chypre : Nicos Valanides, Université de Chypre ;
  • Danemark : Pierre Clément & Jan Solberg, IND, Université de Copenhague ;
  • Espagne : José María Sanchis, Université de Valence ;
  • Estonie : Kai Pata & Tago Sarapuu, Université de Tartu ;
  • Finlande : Anna-Liisa Rauma-Kosonen, Université de Joensuu ;
  • France : Pierre Clément, Univ. Lyon 1 & Daniel Favre, Univ. Montpellier 2 ;
  • Gabon : Laurence Ndong, ENS de Libreville ;
  • Géorgie : Malkhaz Makashvili, Université Ilia State, Tbilisi ;
  • Grande Bretagne : Stephen Tomkins, UCAM-EDUC, Londres ;
  • Hongrie : Attila Varga, National Institute for Public Education ;
  • Italie : Silvia Caravita & Adriana Valente, CNR, Rome ;
  • Liban : Iman Khalil, Faculté de Pédagogie, Université Libanaise ;
  • Lituanie : Jurga Turcinaviciene, Université de Vilnius ;
  • Malte : Paul Pace, Université de Malte ;
  • Maroc : Sabah Selmaoui, ENS Marrakech ;
  • Pologne : Elwira Samonek-Miciuk, Université de Lublin ; 
  • Portugal : Graça Carvalho, IEC, Université du Minho ;
  • Roumanie : Adrienne Kozan-Naumescu, Université Babes-Bolyai Cluj;
  • Sénégal : Mame Seyni Thiaw, FASTEF, UCAD, Dakar ;
  • Serbie : Jelena Stanisavljevic, Faculté de Biologe, Université de Belgrade ;
  • Suède : Niklas Gericke, Université de Karlstadt ;
  • Tunisie : Mondher Abrougui, ISEFC, Université de Tunis.

Avec aussi la collaboration de Charline Laurent (France) pour l’analyse des données.

 

Remerciements : Le début de ce travail a été financé par le projet de recherche BIOHEAD-Citizen (Biology, Health and Environmental Education for better Citizenship, 2004-2008, FP6 de la Communauté Européenne CIT2-CT 2004-5006015). Un grand merci à Charline Laurent (France) pour l’analyse statistique de l’ensemble de ces données.

 


Résumé

 

Nous avons coordonné une recherche internationale menée dans 28 pays, sur les conceptions d’enseignants relatives à l’évolution biologique. Elle a démarré dans le cadre du projet BIOHEAD-Citizen (2004-2008) et a ensuite été étendue à 10 nouveaux pays. Ce travail est le premier à porter sur autant de pays à partir de plusieurs questions sur l’évolution biologique : deux questions sur le finalisme selon lequel l’évolution serait orientée vers l’émergence de l’Homme, et deux autres sur les conceptions plus ou moins créationnistes ou évolutionnistes des enseignants, avec la possibilité pour eux d’indiquer qu’ils sont les deux à la fois. Au total 10 009 enseignants du Primaire et du Secondaire (enseignant alors la biologie ou la langue du pays) ont rempli notre questionnaire.

 

Dans le présent travail, l’analyse de ces données est limitée à une comparaison entre pays, et entre niveaux d’instruction des enseignants, quel que soit leur domaine de formation. Les résultats développent et complètent les premières conclusions que nous avions publiées à partir d’un nombre bien plus réduit de pays.

 

1 – Les enseignants des pays les moins riches sur le plan économique (PIB par habitant) ont adhéré aux thèses les plus créationnistes et aux conceptions les plus finalistes. Les différences d’un pays à un autre sont très importantes. Par exemple 2% des enseignants français interrogés ont coché l’item créationniste radical d’une question, alors que 84% l’ont fait en Algérie. Une analyse multivariée permet de comparer les 28 pays à partir des réponses aux quatre questions ; des analyses plus fines sont ensuite présentées question par question.

 

2 – Les enseignants qui ont eu une formation plus longue (4 ans ou plus dans l’enseignement supérieur, quelle que soit la discipline de leur formation) sont significativement plus évolutionnistes et moins finalistes que les autres. Réciproquement, ceux qui ont eu 2 ans ou moins d’instruction supérieure sont plus créationnistes et plus finalistes que les autres. Cet effet pourrait n’être qu’une conséquence du moindre niveau de formation des enseignants dans les pays économiquement les plus pauvres. Cependant, si nous supprimons « l’effet pays », cet « effet niveau de formation » reste très significatif, concernant les conceptions créationnistes et plus encore les conceptions finalistes.

 

Ce dernier résultat représente un espoir pour l’avenir, mais il serait néanmoins illusoire de croire que seulement augmenter la durée de formation des enseignants permettrait de contrecarrer le regain actuel de thèses créationnistes ou finalistes, tant les problèmes soulevés sont complexes, ce que nous développons dans la discussion terminale

 

 

Mots-clés :

Evolution - Créationnisme -  Finalisme - Enseignants - Comparaisons internationales – Conceptions -


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