169/2. Analyser les pratiques des professionnels de la protection de l’enfance, entre recherche et intervention (Pascale Breugnot et Dominique Fablet)

Effets des recherches socio-cliniques sur les pratiques étudiées : enquêter/intervenir (Symposium international, AREF 2013)

 

169/2. Analyser les pratiques des professionnels de la protection de l’enfance,

entre recherche et intervention

 

Pascale BREUGNOT et Dominique FABLET

 

CREF, Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, France

 

Mots clés : analyse des pratiques, formation, intervention, recherche socio-clinique, psychosociologie.

 

 

Les recherches développées au sein de notre équipe de recherche se centrent, entre autres, sur l’analyse des pratiques dans le champ socio-éducatif et privilégient une approche socio-clinique. Ce qui permet de différencier les dispositifs d’analyse des pratiques professionnelles, c’est avant tout la finalité poursuivie : la formation initiale ou continue des professionnels, la production de connaissances quant aux pratiques professionnelles ou encore l’évolution de celles-ci, sans d’ailleurs que l’une de ces finalités soit exclusive des autres (Marcel J.-F. & al., 2002). Néanmoins, dans le champ socio-éducatif et de façon plus générale, il nous a semblé pertinent de distinguer les activités de recherche socio-clinique, qui s’efforcent d’étudier différentes catégories d’actions, et les activités de formation et d’intervention qui ont davantage pour visée la transformation des pratiques socio-éducatives. Mais si la distinction se révèle de prime abord utile, il ne s’agit pas pour autant d’opposer ces deux types d’activités, aussi après avoir caractérisé les unes et les autres, on mettra en évidence leur complémentarité à partir de deux exemples de recherche-intervention dans le secteur de la protection de l’enfance où il a été possible de combiner recherche, intervention et formation.

 

L’équipe de recherche Éducation familiale et interventions sociales auprès des familles a d’abord centré ses travaux de recherche sur les organisations de suppléance familiale[1] et plus particulièrement l’internat spécialisé. L’équipe a toujours été attentive à distinguer recherche et intervention, en fonction de la visée poursuivie[2]. Pour autant, il n’a jamais été question de renoncer à l’une ou à l’autre ; il est même possible de parvenir à des combinaisons pouvant emprunter, selon des modalités variables, à la recherche et à l’intervention. En ce qui concerne le champ des structures d’éducation résidentielle, un projet d’investigation à visée de connaissance a très clairement précédé des perspectives d’intervention sociale, puisque ce n’est que dans un second temps que des membres de l’équipe ont développé un ensemble d’actions à partir des demandes qui leur étaient adressées.

 

Recherches cliniques de terrain

 

Ce qui caractérise ces recherches socio-cliniques (Durning, 1987), c’est la conjugaison de plusieurs modalités de recueil de données mais surtout la proposition de séances de restitution susceptible de fonder l’alliance entre chercheurs et praticiens. Dans ce type de recherche il s’agit, en effet, d’appréhender les modes de fonctionnement et les pratiques éducatives spécifiques des organisations, établissements et/ou services investigués. L’approche se veut qualitative : il s’agit de saisir les dimensions collectives inhérentes à ces organisations à partir du point de vue des différents agents membres de ces organisations, mais la proposition d’entretiens destinée à rendre possible l’expression de ces points de vue ne constitue pas l’unique modalité de recueil d’informations retenue. D’inspiration ethnologique, la démarche s’appuie également sur un travail d’observation mené grâce à la participation du chercheur à différents moments de vie des organisations, notamment les réunions. À partir du recueil de données (observations, entretiens, analyses documentaires), les chercheurs vont effectuer un traitement et avancer des analyses qu’ils soumettront ensuite aux professionnels lors de séances de restitution. Dans l’échange chercheurs-praticiens initié par la recherche, la restitution constitue une contrepartie pour les professionnels qui ont accepté d’ouvrir la porte de leur établissement aux chercheurs. La séance de restitution constitue en elle-même une source d’informations précieuse pour les chercheurs puisqu’ils ont ainsi accès à une série d’indications complémentaires qui viennent confirmer ou parfois infléchir leurs interprétations quant aux dynamiques collectives spécifiques des différents établissements.

 

Interventions dans des établissements de suppléance familiale

 

Depuis plus de vingt-cinq ans, nous avons aussi développé des activités d’intervention principalement mais non exclusivement dans ce champ de l’éducation résidentielle. La diversité des structures concernées par ce type d’action se révèle assez importante : foyers ou centres départementaux de l’enfance, maisons d’enfants à caractère social, centre maternel, institut de rééducation, institut médico-éducatifs mais aussi maison d’accueil spécialisé, foyer à double tarification, foyer occupationnel, foyer de vie accueillant des adultes handicapés... Il nous est arrivé d’intervenir également dans des services dont l’action se situe en milieu ouvert ou ordinaire : action éducative en milieu ouvert (AEMO), service d’éducation spéciale et de soin à domicile (SESSAD)…, ou encore auprès d’équipes de centres de formation de travailleurs sociaux, soit avec des groupes n’excédant guère une dizaine de personnes, mais les actions menées en structures d’éducation résidentielle et s’adressant à un personnel plus important sont de loin les plus nombreuses.

À l’origine de ces activités, les sollicitations de praticiens, responsables et professionnels, désireux d’obtenir le concours d'intervenants extérieurs afin de les aider dans un travail d’accompagnement. Les objectifs peuvent s’avérer divers : explorer les caractéristiques des populations accueillies, mieux appréhender les modes de fonctionnement collectif, faciliter un processus de réorganisation ou le réaménagement de pratiques professionnelles, renforcer la cohésion des équipes, renouveler le projet éducatif, quand il ne s’agit pas tout simplement d’aider à lutter contre l’usure professionnelle. Compte tenu de la nature de la demande, des caractéristiques et des modes de fonctionnement de la structure, de la spécificité du contexte, le dispositif d’intervention prendra des configurations différentes. Par ailleurs, l’identité de l’intervenant et son inscription sociale (organisme de formation, cabinet de consultants, équipe de recherche…) contribuent en partie à structurer le travail d’intervention : on ne sollicite pas exactement de la même manière dans ce champ formateurs, psychologues cliniciens ou enseignants-chercheurs.

En répondant favorablement aux praticiens, il ne s’agissait pas de développer, à l’instar de cabinets de consultants ou d’organismes de formation, un secteur d’activités indépendamment des recherches poursuivies, mais de vérifier dans l’action un certain nombre d’analyses formulées au cours d’investigations antérieures, d’élaborer de nouveaux outils, de découvrir les spécificités de contextes organisationnels moins bien connus des membres de l’équipe, d’observer des changements en train de s’effectuer. On a donc cherché à aménager des dispositifs tenant compte des situations-problèmes spécifiques aux établissements demandeurs sans oublier pour autant des dimensions d’investigation auxquelles les praticiens pouvaient dans certains cas être étroitement associés.

Analyser les pratiques des professionnels exerçant dans le champ socio-éducatif ne condamne donc pas à une position d’observateur nécessairement distanciée ; participer, même modestement, aux changements en cours permet l’abord des phénomènes par une autre voie permettant de renouveler ainsi leur compréhension. Aussi, à partir du moment où des acteurs professionnels sollicitent le concours de chercheurs non pas pour réaliser une recherche ou une étude mais pour être aidés dans l’élaboration et/ou la réalisation de projets, pourquoi renoncerait-on à apporter un éclairage et à dégager des orientations susceptibles d’y contribuer ? Reste qu’en ne se cantonnant pas à des pratiques d’investigation ayant pour seule visée la connaissance il convient de préciser selon quels principes et quelles modalités on engage alors des actions qui s’en différencient.

La psychosociologie d’intervention fournit un cadre théorique et technique pour penser de façon spécifique la relation et les activités de consultation. C’est à cette tradition (Enriquez, 2011) qu’on a puisé pour mener des actions en réponse aux sollicitations provenant des milieux professionnels et développer activités de formation et d’intervention, dont les apports se révèlent complémentaires pour la connaissance des dispositifs et pratiques d’action socio-éducative.

Reste qu’il n’est pas impossible de concilier recherche, intervention et formation, comme on se propose de le montrer à présent.

 

Une recherche-intervention dans le secteur de la protection de l’enfance

 

Dans le champ socio-éducatif, la focalisation sur les relations professionnels-familles constitue assurément l’une des principales évolutions depuis une quinzaine d’années, ce dont témoigne, entre autres, l’émergence de la notion de « parentalité » et le développement du « soutien à la parentalité » (Fablet, 2010). Habitués à centrer leur action quasi exclusivement sur l’enfant ou le jeune, les professionnels de l’intervention socio-éducative (et plus particulièrement ceux relevant du domaine de la suppléance familiale) n’ont pas manqué d’être quelque peu déstabilisés par la prise en compte du milieu familial du jeune et un nécessaire partage de l’action éducative avec celui-ci. Quelle que soit la catégorie d’intervention envisagée[3], c’est à une collaboration entre instances éducatives que les professionnels sont désormais conviés.

On comprend dès lors que les responsables d’organismes œuvrant notamment dans le secteur de la protection de l’enfance cherchent à accompagner les professionnels confrontés à une véritable mutation de pratiques. Depuis une dizaine d’années des expérimentations se développent, surtout depuis la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance, qui prône une diversification des modes de prise en charge et d’accompagnement éducatif afin de maintenir le lien familial dans les situations de placement de l’enfant. Cette loi assigne avec force une double mission au dispositif de protection de l’enfance : protéger les enfants et accompagner les parents.

C’est ainsi qu’en 2007 la responsable formation d’une importante association de ce secteur accueillant alors 10 000 jeunes au sein d’établissements dispersés dans l’ensemble de l’hexagone a sollicité plusieurs membres de notre équipe pour participer à une journée d’étude intitulée « Familles et professionnels de l’action sociale. Éduquer ensemble » sur ce défi que représente la co-éducation. Il ne s’agissait pas d’une démarche isolée[4] et sans lendemain puisque, peu de temps après, nous étions à nouveau sollicités pour envisager cette fois de développer une activité de recherche. Durant un peu plus d’une année, plusieurs réunions entre responsables de l’association et membres de notre équipe auront été nécessaires pour déterminer la façon dont nous pourrions apporter notre concours. En définitive c’est la question du « travail avec les familles » qui fut, sans surprise, retenue.

Sous l’expression « Maison des familles » plusieurs expérimentations avaient été engagées de façon dispersée et sans grande formalisation, pour la plupart à partir d’établissements de type Maison d’enfants à caractère social (MECS). Aussi nous demandait-on d’étudier les dispositifs et pratiques ainsi initiés afin de les caractériser et de proposer des pistes dans la perspective d’une éventuelle extension au sein des établissements et services de l’association. La principale difficulté fut pour les responsables de l’association de s’accorder afin de déterminer les sites des expérimentations à investiguer. En définitive deux d’entre eux assez différents furent retenus, ce qui conduisit l’équipe de recherche[5] à opérer en deux temps et à remettre deux rapports distincts, en septembre 2010 puis en février 2011.

Le premier dispositif implanté en région consiste, dans le cadre du droit de visite et d’hébergement de parents séparés de leur(s) enfant(s), à mettre à disposition de parents démunis des appartements et à les accompagner lors des rencontres avec leur(s) enfant(s). Le second, un pôle accueil jeune, situé en Ile-de-France, s’inscrit au titre de la prévention dans le cadre de l’Aide Sociale à l’Enfance et dans le champ de la Réussite Educative et a pour objectif d’assurer l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet éducatif pour les jeunes de 10 à 15 ans en risque de déscolarisation ou de désocialisation. Les deux études ont été réalisées selon la démarche exposée précédemment et ont assez rapidement donné matière à publication (Breugnot 2011b ; Breugnot, Fablet, 2013). Mais avant même leur achèvement, nous fûmes à nouveau sollicités par la responsable formation en 2010 pour instaurer cette fois un dispositif de formation destiné à sensibiliser les professionnels de l’association au « travail avec les familles ».

Sans doute interrogative quant à l’impact possible des études sur le personnel éducatif des établissements de l’association, la responsable formation souhaitait mettre en place une action censée mobiliser davantage ce personnel quant aux formes d’accompagnement socio-éducatif des familles et l’engager ainsi plus fermement dans un renouvellement de pratiques. De plus, en tant que responsable formation elle avait davantage la main sur ce type d’actions, ce qui accéléra la mise au point du dispositif de formation, alors que peu de temps avant Pascale Breugnot venait d’être recrutée comme responsable formation d’un centre de formation de travailleurs sociaux et c’est par son intermédiaire que s’opéra la contractualisation. Aussi l’action de formation s’adressant aux cadres et personnel éducatifs de l’association a-t-elle commencé au début de l’année 2011 et se poursuit toujours en 2013.

Intitulé "Eduquer avec les familles" le séminaire comprend deux volets. Lors d’un premier module de six journées de formation (en trois séquences de deux jours espacées d’environ deux mois), "Rénover les pratiques éducatives", il s’agit de sensibiliser les participants (environ une vingtaine) aux nouvelles modalités d’accompagnement des familles à partir de présentations de dispositifs innovants par leurs initiateurs ou par des chercheurs qui les étudient, ce qui facilite la construction de repères communs propres à permettre aux participants d’en impulser à leur tour.

Le deuxième module de six journées de formation également (réparties en quatre séquences de regroupement sur un semestre), "Approche comparée d’expériences en direction des familles", s’adresse à une douzaine de cadres et professionnels ayant participé au premier module et mandatés par les responsables d’établissements pour être "moteurs" dans leur environnement de travail quant à la réflexion sur l’accompagnement socio-éducatif des familles. Les cadres et professionnels en provenance de différentes régions reçoivent pour consigne d’effectuer une enquête de terrain sur une structure, innovante ou non, qui expérimente de nouvelles modalités d’accompagnement des familles, les formateurs (notre tandem co-anime avec deux cadres de l’association) ayant un rôle de facilitateur notamment quant aux aspects méthodologiques.

La structure choisie peut être ou non un établissement ou un service de l’association ou extérieur à celle-ci et il apparaît intéressant qu’elle ne se trouve pas trop éloignée du lieu d’exercice des participants de façon à créer et entretenir des liens tout en limitant les coûts occasionnés par les déplacements. Les participants disposent d’un budget et de trente-cinq heures, en sus des journées de formation consacrées à leurs regroupements, pour recueillir les données, les analyser et rédiger leurs comptes rendus. Les investigations peuvent être menées en solo ou en binôme, l’objectif consistant à développer les bases d’une culture professionnelle commune. Pour ce faire, la dernière journée du quatrième et dernier regroupement prendra la forme d’une journée d’étude permettant aux participants de restituer les résultats de leurs investigations et de les exposer devant une douzaine d’invités, cadres et professionnels de l’association. Enfin, celle-ci disposera des écrits de présentation des structures investiguées et pourra envisager une diffusion en interne.

Mais l’action de formation, avec ses deux volets, n’est pas encore arrivée à son terme[6], puisqu’elle se poursuit au cours de l’année 2013. Il conviendra alors de procéder à l’évaluation du dispositif même s’il est d’ores et déjà possible de dégager quelques enseignements.

 

Conclusion

 

L’analyse des pratiques professionnelles renvoie à une pluralité d’activités au regard des orientations et des démarches de travail poursuivies, d’autant plus lorsqu’on s’efforce de répondre aux demandes sociales qui s’expriment dans le champ socio-éducatif. Dans une première approche, on a donc intérêt à les distinguer tout en sachant que, loin de s’opposer entre elles, il est possible de parvenir dans certaines situations à des combinaisons. Dans l’exemple développé précédemment, on relèvera plusieurs aspects instructifs. La recherche sur les deux dispositifs expérimentaux nous a semblé aboutir à des résultats certes partiels du fait de leur spécificité, mais enrichissants quant au corpus des innovations socio-éducatives auparavant investiguées. Ce ne sont sans doute pas les résultats atteints qui auraient pu réussir à mobiliser les professionnels de l’association pour s’engager dans un changement de pratiques. Force est d’ailleurs de reconnaître qu’on y aura fait peu référence au cours de l’action de formation, alors que les expérimentations plus discrètes initiées par les professionnels ayant participé aux deux modules de formation ont suscité indéniablement davantage d’intérêt. C’est en effet l’action de formation qui constitue en elle-même un véritable levier de changement dans la mesure où elle s’inscrit dans la durée et se développe en interne, comme Sainsaulieu (1987) l’avait déjà  bien montré.

 

Références bibliographiques :

 

Breugnot, P. (2011a). Les innovations socio-éducatives. Dispositifs et pratiques innovants dans le champ de la protection de l’enfance. Rennes : Presses de l’EHESP.

Breugnot, P. (2011b). Prévenir la déscolarisation et la désocialisation de jeunes adolescents  Connexions, 96, 129-142.

Breugnot, P. et Fablet, D. (2013), « Contrôler ou soutenir les parents : quelles modalités pour le droit de visite et d’hébergement de parents d’enfants placés ? », Connexions, 99, 99-110.

Durning, P. (1987). Entre l’expérimentation en extériorité et l’intervention institutionnelle : la recherche clinique de terrain. Connexions, 49, 107-118.

Dubost, J., Lévy, A. (2002). Recherche-action et intervention. In Vocabulaire de psychosociologie. (p. 391-416). Toulouse : Érès.

Durning, P. (1986) Éducation et suppléance familiale en internat. Paris : C.T.N.E.R.H.I. (diff. PUF).

Durning, P. (1987). Entre l’expérimentation en extériorité et l’intervention institutionnelle : la recherche clinique de terrain. Connexions, 49, 107-118.

Durning, P. (2003). Interventions auprès d’équipes éducatives en internat. Essai de justification d’une approche psycho-socio-éducative. In Blanchard-Laville, C. et Fablet, D. (ed.). Théoriser les pratiques professionnelles. Intervention et recherche-action en travail social. (p. 171-190). Paris : L’Harmattan.

Enriquez, E. (2011). Désir et résistance : la construction du sujet. Lyon : Parangon/Vs.

Fablet, D. (2010). De la suppléance familiale au soutien à la parentalité. Paris : L’Harmattan.

Liu, M. (1997). Fondements et pratiques de la recherche-action. Paris : L’Harmattan.

Marcel, J.-F. & al. (2002). Les pratiques comme objet d’analyse. Revue Française de Pédagogie, 138, 135-170.

Sainsaulieu, R. (1987). Sociologie de l’organisation et de l’entreprise. Paris : Presses de la fondation nationale des Sciences politiques & Dalloz.



[1] Par suppléance familiale, on entend « l’action auprès d’un mineur visant à assurer les tâches d’éducation et d’élevage habituellement effectuées par les familles, mises en œuvre partiellement ou totalement hors du milieu familial dans une organisation résidentielle » (Durning, 1986, p. 102) ; c’est-à-dire l’action de professionnels agissant ainsi à la place de la famille, sans pour autant la remplacer, principalement dans des internats spécialisés, des services de placement familial ou encore des structures intermédiaires.

[2] D’où notre réticence à utiliser l’expression de recherche-action pour qualifier nos activités, alors que Dubost et Lévy (2002) ont rédigé une notice unique « recherche-action et intervention » pour le Vocabulaire de psychosociologie. Compte tenu peut-être de la polysémie de l’expression initialement due à Lewin (Liu, 1997), celles voisines de « recherche participative »  ou de « recherche collaborative » semblent préférées aujourd’hui.

[3] On distingue trois catégories d’interventions socio-éducatives. Celles-ci peuvent être définies comme les interventions de professionnels visant à assurer une action éducative complémentaire de l’action éducative intrafamiliale ou, lorsque des difficultés à ce niveau apparaissent, d’aide et de soutien à la famille dans ses fonctions éducatives (action éducative à domicile ou action éducative en milieu ouvert) ou de suppléance familiale (placement en internat spécialisé ou placement familial).

[4] En 2009 puis en 2010, deux autres organismes du secteur associatif en protection de l’enfance ont sollicité notre équipe pour entreprendre une recherche-intervention à chaque fois centrée sur la question du « travail avec les familles ».

[5] Un tandem constitué de Pascale Breugnot, qui achevait alors sa thèse publiée depuis (2011a), et de moi-même.

[6] Depuis 2011, trois modules 1 et deux modules 2 ont tété réalisés et l’action a concerné environ quatre-vingts cadres et professionnels de l’association.