158 - Comment évaluer le niveau linguistique des étudiants allophones à l’entrée dans le supérieur en France ?

Marie Beillet
Service Méthodologie et Formation - Université de Mons, Belgique

 

Mots clefs : étudiant allophone, taux de réussite, niveau de langue, épreuve spécifique

 

En 2010, selon les chiffres du ministère français de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche , 12 % des étudiants du supérieur étaient des étudiants non nationaux. Or, le taux de réussite aux examens des étudiants étrangers est de 40 % inférieur à celui des étudiants français (Mangiante & Parpette, 2011). Une série de facteurs importants dans l’échec scolaire chez les étudiants allophones a été soulignée, dont une partie est inhérente à leurs particularités en tant qu’étudiants étrangers (Coulon & Paivandi, 2003). Parmi ces facteurs, on relève des facteurs institutionnels, mais aussi des facteurs scolaires. Cependant, aucun état des lieux systématique en termes de compétences ou connaissances n’est réalisé en amont de l’arrivée des étudiants. Il est donc nécessaire de tester les candidats à une inscription afin de mieux les aider. Les tests linguistiques actuellement proposés sont basés sur la connaissance d’un français dit général alors qu’il existe un français académique distinctif lié aux spécificités du monde universitaire, culturellement marqué (Mangiante & Parpette, 2011). De plus, les situations d’enseignement et d’examen nécessitent, de la part des étudiants, la mobilisation de compétences langagières, stratégiques et méthodologiques spécifiques (Casanova et al., 2012). Il convient donc de s’interroger sur ce qu’on attend d’un étudiant à l’université au-delà de la maîtrise du français général (Peters & Belair, 2011). En s’intéressant aux divers systèmes de recrutement des étudiants étrangers dans les universités, on remarque de nombreuses disparités d’admission. En effet, il n’existe pas, dans les accords de Bologne, d’articles régissant un niveau en langue commun exigé à l’entrée des universités. L’organisation de la sélection des étudiants étrangers se fait donc à la discrétion des pays voire des universités elles-mêmes. Cette problématique est la prémisse d’une recherche qui est actuellement menée dans un partenariat ente l’Université de Mons (Belgique) et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris. L’objectif de la recherche menée est de créer et d’expérimenter un test de niveau de langue française spécifique aux étudiants allophones s’inscrivant pour la première fois dans l’enseignement supérieur en France. Ce dernier permettrait de vérifier, en s’appuyant sur le Cadre Européen Commun de Références pour les Langues, la capacité des étudiants à suivre un cours magistral (compréhension orale) et d’en faire le résumé (production écrite). Cet outil de mesure des compétences linguistiques en français académique pour les étudiants non francophones permettra de faciliter leur intégration à l’Université et d’améliorer leur taux de réussite. La présente communication présente la méthodologie suivie lors de la création de cette nouvelle épreuve du Test d’Évaluation de Français ACAdémique pour les étudiants allophones.

 

Références bibliographiques :

Casanova D., Artus F., Demeuse M. et Maréchal M. (2012) Comment évaluer les compétences en français académique d’étudiants non francophones souhaitant poursuivre leurs études en France ? in Les cahiers de l’asdifle n° 23, 37-46 (à paraître).

Coulon A. et Paivandi S. (2003). Rapport pour L’Observatoire de la Vie Étudiante : Les étudiants étrangers en France : l’état des savoirs. •

Mangiante J-M. et Parpette C. (2011). Le français sur objectif universitaire. Grenoble : Presse • Université Grenoble.

Peters M. et Bélair L. (2011). Caractéristiques d’activités d’évaluation de la compétence langagière à l’université. Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur, numéro 27.

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid54957/les-chiffres-cles-2010-de-l-enseignement-superieur.html