124 - Pédagogie de l’extraordinaire, Éducation du genre ordinaire. De La philosophie de l’individu d’Emerson à la formation de l’individu de Julie Favre

Actes du congrès de l’Actualité de la Recherche en Éducation et Formation (AREF - AECSE),

Laboratoire LIRDEF – EA 3749 – Universités de Montpellier, Août 2013

 

Erwann Mainguy

Doctorant en sciences de l'éducation, CREN Nantes

Université de Nantes(44), Nantes

 

Mot-clés:  Julie Favre, Emerson, exemplum, formation morale, condition ordinaire

Résumé:

Julie Favre, veuve de Jules Favre (1809-1880), est nommée à la direction de l’école de Sèvres à l’automne 1881, la première école normale pour les futures institutrices chargées de l’enseignement secondaire des jeunes filles. En 1886, elle commence à publier des ouvrages dans lesquels étaient fragmentés et commentés  les écrits de Montaigne, des Stoïciens, de Socrate ou encore d’Aristote. Son but premier est de permettre à ses élèves, futures institutrices,  d’avoir la possibilité de poursuivre leur formation morale tout au long de leurs vies. A une époque où le catholicisme et la pédagogie de la conversion sont dominants dans l’éducation féminine, Julie Favre a  recours  à Emerson et à l’idée des Stoïciens de métamorphose morale.  Cette présentation vise à exposer, grâce à une approche herméneutique, la formation morale de l’individu proposée par Julie Favre, et en quoi la philosophie de l’individu d’Emerson découle sur une pédagogie capable de mettre en confiance les citoyens susceptibles d’inventer la société et de préparer les enseignantes à procéder et à transmettre cette formation morale.

L’idée de métamorphose morale prend appui sur l’exemplum des Stoïciens, une personne exemplaire qui ne doit pas être vue comme un modèle absolu mais, comme nous le dit Emerson, une inspiration. L’être qui devient à nos yeux l’exemplum est avant tout un être ordinaire, un être tiraillé entre ses pensées et ses actions, ses passions et ses bienfaits. Un être qui s’illustre par sa condition ordinaire mais qui par ses initiatives et ses résultats, nous démontre l’infinitude de l’homme. L’exemplum devient l’homme représentatif de l’extraordinaire capacité de tous  à changer le monde. Cette idée est centrale dans une formation morale pour tous. Pour Julie Favre, cela rentre également dans un processus de formation d’institutrices et cela permet de faire apparaître un autre aspect, elle écrit en 1888 : « quelque parfait que nous semble le modèle que nous nous sommes proposés, sa vie ne doit pas être pour nous une règle absolue, car il n'est permis à aucun être humain de renoncer à l'indépendance de sa conscience ; nous révérons l'homme de bien parce qu'il se rapproche de l'idéal de notre conscience » (Favre,1888,p.170), ainsi l’homme de bien, le professeur, plus qu’une inspiration devient le regard extérieur, une conscience qui  saura nous remettre en accord avec notre vérité, notre idéal. Pour atteindre ce but, elle nous propose une pédagogie qui nous donne des moyens de culture morale. Une formation de soi qui prône le retrait, la solitude, l’examen de soi, la méditation, une maîtrise de soi permanente.

Dans une société que l’on prétend en pleine déliquescence morale, Julie Favre nous permet d’aborder et de comprendre des questions vives en éducation. Grâce à elle, nous pourrons tenter de dessiner les fondements d’une formation morale citoyenne mais aussi d’évoquer les conditions d’une telle transmission pour les professeurs.

1. Introduction

 

La formation morale et citoyenne est une question vive de l’éducation en France. Dans la fin des années 1880 et au début des années 1890, la directrice de l’école de Sèvres se penche déjà sur ses questions. Protestante, elle propose une formation morale inspirée de la pensée d’Emerson. Dans ses ouvrages, nous trouvons une pédagogie qui ouvre tous les possibles pour les élèves à travers l’affirmation et le développement de leur individualité. Cette pédagogie est centrée sur la confiance en soi et la prise de conscience par l’élève de sa banalité mais aussi de la banalité de tous y compris de ceux qu’on considère comme des grands hommes. D’où le titre de cet article, une éducation qui s’adresse au genre humain, au genre ordinaire tout en provoquant en tous une conscientisation de l’extraordinaire qui leur est possible d’atteindre.

La formation de l’individu de Julie Favre est une formation morale et citoyenne. La formation citoyenne comme l’exprime Hansotte (2008), vise à faciliter le passage d’une perspective individuelle, vers le « Pour nous » jusqu’au « Pour nous tous ». On retrouve ces trois étapes dans le travail de Julie Favre. Nous avons voulu diriger notre présentation autour de ces trois axes. Les deux grandes parties de cet article seront donc divisées en trois sous-parties qui s’organisent autour de la formation de l’individu, deuxièmement, autour du travail nécessaire pour sortir de l’égocentrisme et aller vers le « pour nous », et finalement, de l’étape qui nous amène vers l’extraordinaire, le « pour nous tous ». La première partie vise à présenter succinctement la vie de Julie Favre, la deuxième des bribes de la pensée d’Emerson qui l’ont servie, et dans la dernière partie, des fragments choisis de la pédagogie de Julie Favre. Dans les deux dernières parties nous avons voulu illustrer le passage d’une pensée à une pédagogie.

2. La vie de Julie Favre

La majorité de la biographie de Julie Favre est issue de la préface  de La morale de Plutarque (Favre,1909)

Julie Charlotte Velten nait le 15 novembre 1834 à Wissembourg en Alsace. Son père est un pasteur luthérien et tient également le rôle d’inspecteur ecclésiastique. Elle fait ses études et obtient ses brevets d’institutrice dans un pensionnat de Wissembourg. Elle apprend le français, l’allemand et l’anglais. Elle y joint plus tard l’italien et le latin. À 19 ans, en 1853 elle quitte sa région natale pour aller à Paris et rejoindre le pensionnat de jeunes filles de Mme Frèrejean, en qualité de sous-maîtresse. Mlle Velten prend la direction du pensionnat à la mort de Mme Frèrejean. Julie Favre quitte la direction du pensionnat en 1870 au moment de la bataille de Sedan. En 1871, elle commence à traduire des documents allemands pour Jules Favre et le 6 août 1874 leur mariage est prononcé .À 71 ans, Jules Favre meurt le 19 janvier 1880. Julie Favre se réfugie alors dans le travail et passe ses journées à la Bibliothèque nationale pour compiler et faire éditer les discours politiques et les plaidoiries de son mari.

Dans le texte de la loi du 21 décembre 1880 de Camille Sée, est inscrit que « l’enseignement est donné par des professeurs ou femmes munis de diplômes réguliers[1]. Il devient maintenant nécessaire de devoir former des professeurs femmes capables d’assurer l’instruction secondaire des jeunes filles. Et c’est ainsi que le 29 juillet 1881 est votée la loi qui crée l’école normale d’enseignement secondaire des jeunes filles, dite école de Sèvres de par sa localisation. À l’automne 1881, à la demande de Jules Ferry, Charles Zévort désigne Julie Favre (Durand, 2001) à la direction de l’École normale de Sèvres. Elle accepte pour que « cette vie désolée ne soit pas tout à fait inutile à moi et aux autres » (Favre, 1909, p.XLV).

Comme au pensionnat de Paris, une grande autonomie est laissée aux élèves, une autorité discrète se fait sentir qui peut passer par un regard ou une remarque. Elle donne des cours de droit et parfois aide des élèves en difficulté en anglais ou en allemand .Le mercredi après-midi, les élèves se rassemblent autour d’elle, et Julie Favre lit des extraits d’auteurs, souvent d’Emerson ou des stoïciens. Nous ne sommes pas dans une écoute passive puisqu’après lecture, elle interroge certaines élèves pour leur demander leurs impressions sur l’extrait. Elle souhaite rester présente aux côtés des élèves, après leur départ de l’école. C’est ainsi qu’au départ des premières élèves, il lui vient le désir de réunir ses idées, ses expériences, au sujet de la grande tâche qui va être la leur. Chacune d’elles reçoit un petit livre, une sélection de fragments traduits de Jean Paul accompagné d’une longue préface de Julie Favre, que l’on peut voir comme un manifeste pédagogique de cette dernière. Devant le bon accueil de cet ouvrage, elle décide de s’employer à transmettre le savoir de différents auteurs et c’est ainsi que de 1887 à 1891, sont publiés la Morale des Stoïciens, la Morale de Socrate, Montaigne Moraliste et pédagogue, la Morale d’Aristote, la Morale de Cicéron, et de manière posthume la Morale de Plutarque qui parut en 1909.

Le dimanche 26 janvier 1896, alors qu’elle est souffrante, elle rassemble encore des élèves et des professeurs autour d’elle pour jouer de la musique, accomplit son devoir toute la semaine et décède le vendredi soir à la fin de la semaine. 

3. L’individu chez Emerson de la banalité à l’infinitude

Emerson développe une vision moderniste, où l’individu est mis au centre de sa philosophie : “In all my lectures, I have taught one doctrine, namely, the infinitude of the private man (2)”. (Emerson, 1969).

Dans l’essai American Scholar, Emerson nous pousse à l’autonomie et la confiance. « Toutes les vertus sont contenues dans cette confiance en soi. L’intellectuel devrait être libre – libre et brave. Il doit être libre, jusqu’à atteindre la définition de la liberté, « sans aucune borne qui ne vienne de sa propre constitution ». (Emerson, 2010,  p.144)

Une autonomie qui amène une indépendance totale vis-à-vis des pensées, communautés d’opinion. Il faut rappeler  que personnellement Emerson est le fils d’un pasteur unitarien (une branche du protestantisme), qu’il a lui-même étudié la théologie avant de devenir pasteur à son tour puis a quitté la fonction après des désaccords avec sa chapelle. Il a su se détacher de ses racines protestantes pour créer sa philosophie, influencée bien sûr, par le christianisme mais aussi par les religions d’Asie comme l’hindouisme (Robinson, 2000). Cette autonomie perpétuelle ne nous pousse plus à agir par accoutumance aux stimuli de la société. L’individu devient un citoyen volontaire de la cité qui s’implique par choix dans la société.  Et la société devient une communauté où des gens volontaires participent ou non à l’organisation de celle-ci.

Comme le souligne son grand lecteur Thoreau, « Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins »et quand les gens y seront prêts, tel sera le genre de gouvernement qu’ils auront. (Thoreau, 2000, p.9)»

Une autonomie de pensée qui, alliée à une confiance en soi, nous pousse à agir pour la cité et non plus rester observateur, à participer à la société de paroles voulue par Emerson. Sa visée est que chaque individu saisisse qu’il lui est possible pour lui d’agir sur la société. La contemplation des grandes actions des autres est un réel souci pour la société. L’auto-disqualification de certains n’a pas de raison d’être.

« Les pauvres et les humbles trouvent quelque compensation à leur immense capacité morale dans leur acceptation d’une infériorité politique et sociale. Ils acceptent volontiers de se faire balayer comme des mouches sur le passage d’une personnalité importante, pour qu’elle puisse rendre justice à cette nature commune, que le vœu le plus cher de chacun est de voir amplifiée et glorifiée. Ils se baignent dans la lumière de ce grand homme et la ressentent comme étant leur propre élément. Ils déplacent la dignité de l’homme, de leur être soumis aux épaules du héros, et périront pour offrir une seule goutte de sang et faire battre le grand cœur, pour pousser ces muscles gigantesques au combat et à la conquête.» (Emerson, 2010, pp.145-146)

Pour accroitre cette confiance en soi de chaque individu, nous voyons un point essentiel et pourtant peu visible : l’acceptation de notre banalité. Cela peut paraître paradoxal de placer l’individu dans cet état de banalité pour l’amener à se transcender. Nous avons choisi d’illustrer, de nous concentrer sur trois concepts dans la pensée où s’expose la banalité de l’individu chez le destin, la pensée et la parole, les representative men.

3.1 Le destin

La pensée d’Emerson vise à ce que l’individu saisisse qu’il n’y a pas de prédestination, que c’est par nos actions, par notre acquisition de la culture, que l’on s’offre une chance de réaliser pleinement son Destin. Cavell dans Statuts d’Emerson le souligne :

Quand j’invoque l’idée du banal, de l’accidentel [casual] comme un ton caractéristique de la prose d’Emerson, je pense à la façon caractéristique dont il l’associe à l’accident mortel [casualty] ; comme s’il voulait en toute occasion montrer que nous ne voyons pas notre destin parce que nous imaginons qu’il est absolument extraordinaire et encore à venir, plutôt qu’absolument ordinaire, et déjà là, comme nos paroles. (Cavell, 1992, p.20)

Emerson nous demande de nous protéger de l’idée destructrice que notre destin ne serait que fatum, une fatalité où n’importe pas nos décisions. Dieu aurait tracé une ligne de vie que nos actions ne peuvent pas influencer. Cela nous placerait dans une situation attentiste, un immobilisme. Pour Emerson, il tient à nous d’accepter que notre destin repose sur des éléments qui nous environnent, qu’il nous reste à identifier. Nous ne devons pas nous placer dans une position attentiste où un salvateur ou des éléments magiques invisibles (une bonne fée, un enchanteur, des leprechaums) nous délivreraient d’une situation injuste à nos yeux. « Il semble que chacune, comme la princesse enchantée des contes de fées, attende le prédestiné libérateur humain. » (Emerson, 1920, p.12)

Emerson ne nous place pas dans une situation où il nous dit que nous ne devons pas accepter le destin qui s’impose à nous. Les limites des répercussions de nos actions ne dépendent que de nous. Il nous reste à décider, à travers nos actions, jusqu’à quel point elles influenceront la société.

La vie d’un homme est un cercle qui se nourrit de lui-même, qui part d’un minuscule anneau pour se déborder et éclater perpétuellement en cercles nouveaux et toujours plus grands. Jusqu’où cette formation de cercles, cette roue sans roue, peut-elle aller, cela dépend de la force ou de la vérité de l’âme individuelle. (Emerson, 1997, p.57)

Pour créer ce destin il nous reste travailler, à nous pencher sur nos devoirs. « À dire vrai, chaque homme se croit doté d’un pouvoir plus grand que les autres. » (Emerson, 1997, p.57) Nous ne voyons pas dans cette banalité, une limite pour l’individu. Une fois saisie, elle devient pour lui un moteur. Là encore une fois, Emerson nous pousse à nous pencher sur notre banalité. Celle de notre destin mais sur celles de nos capacités. C’est la culture, le savoir qui va nous libérer. Nous sommes tous munis de Talents mais il nous incombe de les développer.

3.2 La pensée, la parole

Comme le montre David M. Robinson(2000), Emerson, d’abord protestant, bâtit une religion panthéiste, Dieu est partout y compris en nous. Emerson nous explique qu’une partie de l’âme divine réside en nous. Tant que nous sommes assez à l’écoute de nous-mêmes nous ne pouvons pas nous tromper puisque nous sommes guidés par la Providence. Mais pour avoir l’esprit apte à écouter, il faut passer par la réflexion sur soi. Devenir capable d’être dans une vérité absolue vis-à-vis de soi et des autres. Lorsque nous nous plaçons dans cette idée de Véracité, nous nous rapprochons de la pensée divine. Donc nos mots auront une résonnance universelle. « Croire en votre pensée, croire que ce qui est vrai pour vous au plus secret de votre cœur est vrai pour tous les hommes- là est le génie. Exprimez votre conviction profonde, et son sens deviendra universel. » (Emerson, 2000, p.85)

Ce Dieu intérieur, que Julie Favre nomme l’étincelle, peut sembler s’opposer à une quelconque banalité. Elle nous rend tous extraordinaires puisque nous sommes tous capables d’approcher la pensée divine. L’universalité rend tout cela très ordinaire, et la parole même si elle se rapproche de la parole divine devient presque commune. « Chaque philosophie, chaque barde, chaque acteur n’a jamais fait pour moi, comme une sorte de délégué, que ce qu’un jour je pourrai faire pour moi-même. » (Emerson, 2010)

Les auteurs à travers leurs mots n’ont fait que me précéder. Pour Emerson, nous ne devons pas magnifier une personne car elle a su transcrire de manière intelligible nos pensées les plus profondes. Comme nous le dit Cavell, L’auteur doit être vu comme un proche, un« ami » qui a su nous permettre « d’atteindre notre moi jusqu’alors hors de portée. » (Cavell, 1993)

La possibilité pour tous d’avoir en soi la capacité de pouvoir approcher la Providence nous conduit à ne plus avoir une déférence trop grande vis-à-vis de celui qui a su mettre en mots nos pensées. La banalité, le côté ordinaire de l’expression d’une pensée universelle nous amène au contraire à acquérir la confiance en soi nécessaire pour soi-même exprimer notre conviction, notre vérité. J’exprime moi-même ce qu’auparavant je laissais les autres exposer.

3.3 Representative men

Representive men est un ouvrage majeur d’Emerson. Les hommes représentatifs pour Emerson sont ceux qui, par leurs actions, ont réussi à avoir une résonnance universelle dans l’esprit de chacun. Nous avons tous en nous un Dieu intérieur et puisque les œuvres de ces hommes seront le résultat d’une inspiration divine, il produira forcément un écho en nous. Poète, écrivain, philosophe, empereur, ceux qui ont réussi à devenir des symboles grâce à leurs productions ou à leur parcours de vie, ont su exploiter le Génie, leurs actions, leurs écrits deviendront une représentation de nos prédispositions à exploiter cette part de divin. La thèse défendue par Emerson est que les hommes ordinaires ont su être à l’écoute de leur Vérité intérieure. Si nous donnions l’idée que les êtres qui ont réalisé de grandes choses sont des êtres extraordinaires, cela condamnerait la société à stagner, à ne plus produire que des êtres attentistes du prochain messie. Dans Divinity School Address, Emerson nous parle de la révérence exagérée que nous faisons à Jésus Christ, il n’est pas un être surnaturel mais un homme qui a su faire sien le message de Dieu et à travers ses actions et ses paroles nous le rendre accessible. « Nul homme dans toute la procession des hommes fameux, n’est raison ou illumination, ou cette essence que nous cherchions ; mais, il est sur quelque point, une exhibition de nouvelles possibilités(2).» Platon, Jésus Christ, Plutarque, Montaigne, ou encore Napoléon, tous étaient comme nous des gens ordinaires qui ont su nous montrer que nous pouvions interagir hors du champ limité que nous pensions nôtre.

Nous nous ne situons pas dans une situation du mimésis Socratique mais dans l’idée de l’exemplum Stoïcien, celui-ci ne doit pas être vu comme un patron de vie mais plutôt comme une autorité morale, « j’agis tout en sachant qu’Epictète me regarde ». Pour Emerson, les representative men prennent la forme de l’exemplum stoïciens, le representative man devient une inspiration. Nous ne sommes pas des imitateurs mais des créateurs qui savons nous inspirer de nos prédécesseurs.

Les representative men seront l’inspiration qui créera une nation d’inventeurs. Ils seront la démonstration que nous sommes tous animés par l’inspiration divine. Cette inspiration divine deviendra non seulement l’illustration de notre possible illustre destin, mais elle créera aussi un lien entre tous. Elle créera un lien qui nous poussera à agir non plus pour nous ou pour certains. Le representative man deviendra la preuve de  la présence de notre divinité intérieure, ce lien nous poussera à agir pour l’universel à créer le citoyen de la cité idéale d’Emerson, une cité de paroles universelles.

Pour la première fois, une nation d’hommes va exister, parce que chacun se sait inspirer par l’Âme Divine qui inspire aussi tous les hommes. (Emerson, 2010 p.152)

4. Julie Favre : De la pensée d’Emerson à une formation morale et citoyenne.

Dans ses différents ouvrages Julie Favre insiste sur la formation morale et citoyenne de l’individu.

L’individu retrouvera ses pensées refoulées à travers les ouvrages des grands auteurs. C’est pour cela qu’elle prend appui sur les grands penseurs comme Montaigne, Socrate, Stoïciens. L’individu devra former son individualité pour faire naître une société d’inventeurs. Comment l’individu ordinaire d’Emerson peut-il devenir un être moral ? Un individu ordinaire capable de gérer les tensions permanentes entre ses actions et ses pensées, entre ses passions et sa raison. Un individu ordinaire qui doit se créer des gardes fous pour rester dans sa quête d’un perfectionnement moral. Il faut créer des outils qui à la fois nous permettent de nous découvrir et de nous protéger de nous-même dans notre quête du perfectionnement moral.

A travers la sélection de trois éléments de la formation de Julie Favre, nous allons tenter d’illustrer la formation qu’elle propose. Nous allons illustrer comment l’individu emersonnien peut réaliser l’extraordinaire. Cela prend appui sur l’examen sincère de soi, l’amitié et les exemples.

4.1 Connaissance de soi, examen de soi et la solitude

Pour Julie Favre, il faut d’abord procéder à la formation de l’individu pour que celui-ci ne se retrouve pas incapable de réagir face à une situation nouvelle. Pour la formation morale de la première partie de la vie, nos actes sont régis par les habitudes et l’influence du milieu. Mais cela ne forme pas une individualité morale, cela pousse l’individu à n’agir que par mimétisme. Face à la volonté d’autrui, il n’aura pas la force nécessaire pour agir comme un individu autonome et souscrira à la morale appliquée dans son environnement.

« Peut-être un grand nombre d'âmes n'atteignent- elles jamais l'âge d'adultes, étant toujours menées çà et là par la volonté d'autrui ou par le hasard, et n'ayant d'autre moralité que celle de convention.»  (Favre, 1887, p.6)

La connaissance de soi serait pour Julie Favre le seul moyen d’affirmer son autonomie morale. Une connaissance de soi, qui nous amènera à une maîtrise puis à un automatisme moral.

La connaissance de soi est le fondement de la vie morale. Tant que l'âme n'a pas conscience d'elle-même, qu'elle ignore sa nature, ses aptitudes, ce qu'elle peut et ce qu'elle doit, elle est incapable de se soumettre librement à la loi morale pour y conformer, non seulement ses actes extérieurs, mais aussi ses actes intimes, c'est-à dire ses sentiments, ses intentions, ses pensées, ce qui, en un mot, constitue sa vie. (Favre, 1887, p.5)

Elle tient au rôle à l’étayage de la part de l’éducateur qui permettra  de fixer l’attention de l’enfant sur un seul objet, il doit profiter de toutes sortes d’études pour le ramener à lui-même et à ses actions. Comme dans l’Emile ou de l’éducation, l’éducateur doit faire en sorte que l’élève applique à sa vie les observations, les réflexions et les leçons qu’il recueille.

Pour en arriver à ce stade, il faut avant tout procéder à l’examen de soi, à l’analyse sincère de nos actions, de nos intentions, de nos passions. Nous devons procéder quotidiennement à une compréhension des mécanismes qui nous ont poussés à agir. Si ne nous voulons pas rester aveugler par nos passions, pour ne pas nous enfermer dans nos faux semblants,  Julie Favre nous dit que : « C'est en cherchant sincèrement la vérité, en prenant garde à notre vie, en nous examinant sans cesse, ainsi que le faisaient tous nos maîtres stoïciens » (Favre, 1887, p.127)

Cette automatisation de l’examen de soi sera un garde-fou qui nous permettra de s’ancrer dans une droiture morale.

Ainsi l'habitude de nous observer deviendra si bien une fonction de notre vie morale qu'elle  s'appliquera à nos pensées et à nos sentiments les plus intimes, aussi bien qu'à nos paroles et à nos actes. Et notre examen de conscience ne sera plus une étude plus ou moins factice que la fatigue et le sommeil ne nous permettent pas toujours de faire sérieusement et complètement ; ce sera le regard de l’œil intérieur, dirigé sans cesse sur la vie de l'âme, ainsi que l'œil extérieur est toujours ouvert sur le monde visible. Et ce regard sera de plus en plus attentif, clairvoyant et pur pour discerner tout ce qui émeut, trouble, agite et souille notre âme. (Favre, 1887,pp.127-128)

Mais il est très dur de procéder soi-même à cet examen de soi, il faut accepter de se retrouver seul face à soi. Avoir le courage de s’analyser c’est avoir le courage de se voir dans le miroir tel que nous sommes. Et c’est au professeur de veiller que l’instruction soit constamment le miroir qui nous permettra de savoir réagir face à nos passions.

Au lieu de laisser la pensée de l'enfant s'égarer sur une multitude d'objets, que l'éducateur essaie de la fixer sur un seul, du moins aussi longtemps que son attention en sera capable. Qu'il profite de toutes les autres études, de toutes les lectures qu'il lui fait faire, pour le ramener à lui-même, et lui faire appliquer à sa vie les observations, les réflexions et les leçons qu'il recueille. (Favre, 1887, p.310)

Le rôle du professeur est de nous protéger des passions qui nous détourneraient de la solitude nécessaire à l’examen de soi.

Sénèque nous signale ce qui nous détourne de la solitude : c'est le dégoût de notre être, l'orgueil, la cupidité, l'amour du plaisir et la soif de la louange ; et il nous prémunit contre les dangers du monde où la flatterie et l'adulation nous empêchent de parvenir à la connaissance de nous-mêmes. (Favre, 1888, p.115)

Pour Julie Favre emersonnienne convaincue, cette solitude va permettre de se retrouver soi-même mais aussi de retrouver notre dieu intérieur.

A travers la solitude il retrouvera quelqu’un de plus parfait que lui. Quand l'âme se complaît dans la solitude, c'est qu'elle y trouve un être plus parfait, dont la présence, qui est le pardon et la force, lui aide à supporter et à surmonter sa misère. (Favre, 1887)

La vie solitaire permet d’écarter le caractère de la mimésis et d’affirmer son individualité. Toute formation de l’individu passe par un esseulement, mais cela peut être un danger. « Dans la solitude même, à l'abri de la dissipation et de la flatterie du monde, elle est encore exposée à l'illusion la plus décevante, celle de l'orgueil que la contemplation d'elle-même continue d'entretenir. » (Favre 1888, p.126) Cette solitude nécessaire nous permet d’acquérir une autonomie morale, savoir quelles sont nos faiblesses. Il ne faut pas seulement se fier à l’image que l’on peut avoir par le biais de notre miroir intérieur. C’est pour cela que nous devons aller vers l’autre, à travers tous les moyens qui s’offre à nous.

4.2 La lecture et l’amitié

Pour Julie Favre l’examen de soi est nécessaire mais pour un individu en formation morale, les autres sont essentiels. Un regard extérieur est nécessaire pour toute construction morale pour avoir une objectivation de la vérité sur soi mais aussi nous faire progresser plus rapidement dans notre formation de soi. Ainsi l’ami peut être présent, physiquement, mais peut également se révéler être un auteur. L’auteur doit avoir conscience du processus moral qui est mis en fonction dans l’esprit des lecteurs. A travers la lecture, l’individu va à la fois retrouver ses pensées refoulées mais aussi trouver le soi en devenir, celui qu’il va souhaiter être, l’idéal qui nous pousse à parfaire notre formation. C’est ainsi que Julie Favre, comme Emerson, lorsqu’elle écrit, ne le fait que dans un but : le perfectionnement moral du lecteur.

Est-il besoin de dire qu'en les choisissant nous avons songé surtout à nos chères élèves de Sèvres avec lesquelles tant de fois nous avons lu et commenté ces textes ? Elles retrouveront dans ce souvenir de nos lectures et de nos causeries intimes, de précieux encouragements à poursuivre l'idéal moral dans l'éducation de soi et celle d'autrui. Préface Montaigne (Favre, 1887)

Julie Favre illustre à merveille  l’auteur vu par Emerson. Comme le soutient Cavell dans Conditions nobles ou ignobles (Cavell, 1993) :

La qualité d’auteur d’Emerson met en œuvre une relation de perfectionnisme moral avec son lecteur, relation dans laquelle l’ami nous permet d’avancer vers nous-mêmes, c’est-à-dire peut-être, si l’on emploie une autre formulation emersonnienne, d’atteindre notre moi jusqu’alors hors de portée ; et c’est là chose qui est toujours advenue et qui doit toujours advenir.

La lecture ne doit pas  simplement nous amener à nous former nous- mêmes. Elle doit créer chez le lecteur la capacité d’empathie, le faire rentrer dans l’univers et l’opinion des autres mais aussi à lui permettre d’inventer. Grâce à la connaissance de leurs créations, il m’est donné la possibilité de réellement pouvoir innover. Plus notre culture sera grande, plus nous serons dans un cadre où l’invention ne sera pas une simple reprise d’une innovation antérieure. Lorsque Julie Favre place ses lecteurs devant les écrits sur la morale des grands auteurs, elle nous place en position de devenir soi-même un créateur de formation(s) morale(s).

Emerson nous prévenait déjà contre la révérence trop grande que l’on peut faire aux auteurs, Julie Favre annonçait les mêmes dangers mais nous donne les outils pour nous prémunir.

Il est vrai qu'on peut abuser même des bons livres, lorsqu’au lieu de nous en servir pour stimuler notre pensée, nous suivons trop servilement celle de l'auteur. A ce danger échappent les bons esprits habitués, à l'école de Montaigne, et à imboire les humeurs des grands esprits, au lieu d'apprendre leurs préceptes. (Favre, 1887)

Loin de nous centrer sur une formation livresque, Julie Favre nous pousse à devenir un être social et à débusquer dans cette société, celui qui deviendra un ami,  celui qui  saura nous accompagner, l’être sympathique avec qu’il nous sera plus agréable de fouler le chemin du perfectionnement moral.

Ainsi l'ami véritable ne se fait pas complice de nos faiblesses, il nous parle le langage de la raison et s'efforce de nous rendre homme de bien. En passant par son cœur, la voix grave du devoir prend des accents plus doux qui la font pénétrer dans notre âme. (Favre, 1888)

 « On pourrait craindre qu'une affection si entière ne devînt trop exclusive, et qu'elle n'aboutît à l'égoïsme. Mais le principe et la fin de l'amitié étant la vertu, elle ne peut conduire qu'à une vertu plus haute. » (Favre, 1888, p. 132)

Certains auteurs pour nous faire saisir ce qu’est un ami prenne le contre-pied. Comme Kierkegaard qui dans le journal d’un séducteur nous aide à comprendre à quel point le fait de ne pas avoir d’ami, nous assure de ne pas avoir de garde-fou, et d’ainsi comme le héros agir immoralement en toute sérénité.

Si j’avais un ami, il me dirait peut-être : as-tu bien réfléchi à la démarche très grave que tu fais, démarche qui décidera de toute ta vie future et du bonheur d’un autre ? C’est bien l’avantage qu’on possède en ayant un ami. Je n’ai pas d’ami ; je ne déciderai pas si c’est un avantage mais être dispensé de ses conseils est, selon moi, un avantage absolu. D’ailleurs, j’ai au sens le plus strict mûrement médité toute l’affaire. (Kierkegaard, 2011)

Avoir un ami est protecteur et être ami est formateur, nous n’agissons ainsi plus uniquement en pensant à notre vertu propre, mais aussi à celle des autres. Les amis et nos affinités électives nous poussent à agir pour ceux qui composent notre environnement. Julie Favre tient à ce que cette volonté de  montrer l’exemple ne soit pas restreinte à notre cercle intime mais ait une visée universelle.

4.3 L’exemple de Julie Favre, l’exemplum des Stoïciens, les representative men d’Emerson et au-delà.

Comme dit précédemment l’exemplum ne doit pas se situer dans le mimésis socratique. L’exemple ou l’être exemplaire de Julie Favre ne doit pas devenir un modèle. Pour elle, l’affirmation de l’individualité doit être une finalité constante dans la démarche éducative.

« Mais quelque parfait que nous semble le modèle que nous nous sommes proposés, sa vie ne doit pas être pour nous une règle absolue, car il n'est permis à aucun être humain de renoncer à l'indépendance de sa conscience » (Favre, 1888, p.270)

L’exemple de Julie Favre est issu de l’exemplum des Stoïciens.

Il faut, dit Sénèque, se proposer quoique homme de bien, et l'avoir toujours devant les yeux, afin de vivre comme s'il était présent, et de faire toutes choses comme s'il nous regardait.... On ne ferait guère de mauvaises actions si l'on avait un témoin quand on va les faire... Oh ! Que j'estime heureux celui de qui le regard ou le souvenir est capable d'arrêter le vice d'autrui ! (Favre, 1888, p. 269).

C’est la définition même de l’exemplum Stoïciens, une personne exemplaire dont le regard m’empêcherait d’aller vers les passions. L’exemplum doit être comme une conscience constamment présente. Une idée auquel adhère Julie Favre, mais elle prône une société composée uniquement d’exemplum.

« Les livres des stoïciens, dit-il, sont pleins de beaux raisonnements. Qu'est-ce qui nous manque donc? Quelqu'un qui pratique et qui confirme ses paroles par ses actes. Viens prendre ce rôle pour que nous n'employions plus dans l'école des exemples tirés de l'antiquité, mais que nous en ayons aussi un de notre époque. » Ce véhément appel s'adresse à tout homme, car chacun de nous est en quelque sorte le gardien de son frère, et lui doit le secours de l'exemple. Toute vie humaine, fût-elle la plus obscure, a son retentissement dans d'autres âmes. Ainsi, dans le monde moral, y a-t-il une infinité d'actions et de réactions dont nul ne peut évaluer la portée. (Favre, 1888, pp. 270-271)

La société doit être remplie d’êtres exemplaires, des êtres dont les tensions entre leurs pensées, leurs sentiments et leurs actions n’existent plus. Des êtres qui s’illustrent dans une véracité de tout moment. Les professeurs, public auquel elle s’adresse en priorité, doivent tendre vers ce perfectionnement.

« L'exemple est un des plus puissants moyens d'action dans l'éducation de soi et celle d'autrui. » (Favre, 1888a, p.305)

Quand nous avons sous les yeux la manifestation vivante de tout ce qu'il y a de beau et de grand dans l'âme humaine, notre imagination peut n'en être pas frappée, puisque la vraie grandeur est simple et qu'elle dédaigne les apparences. Mais notre conscience est touchée dans ce qu'elle a de plus intime et de plus profond; et nous reconnaissons dans celui qui nous présente un caractère d'une unité si belle et si parfaite, la personnification même du bien, le maitre parfait dans l'art de la vertu. (Favre, 1888a, p. 306)

Emerson s’appuie sur les « grands hommes » historiques, Montaigne, Platon, Napoléon, Shakespeare. Julie Favre s’émancipe de ces « grands hommes » en nous permettant d’augmenter les possibles muses pour nos actions. Elle permet à ceux qui cherchent à se former, de puiser dans les fictions pour se trouver une inspiration.

Même dans la fiction poétique, les actes d'héroïsme, les nobles sentiments mis en jeu agissent sur l'âme peut-être plus que les faits réels que nous raconte l'historien. Nous admirons ceux-ci, mais ils semblent plus éloignés de nous, et nous associons difficilement à notre propre histoire les actes des grands hommes ou des héros qui ont exercé de l'influence sur les affaires publiques. Tandis que les caractères présentés par les poètes qui nous initient à la vie intime de leurs personnages et nous montrent les conflits entre les sentiments opposés ou la lutte entre la passion et le devoir, ramènent notre pensée sur ce qui se passe dans notre âme et donnent souvent lieu à des applications plus ou moins directes et salutaires. (Favre, 1888a, p.305)

Nous trouverons dans les fictions des personnages dont nous suivrons la formation ou la déliquescence morale. Ces personnages dont nous connaissons les pensées et les sentiments profonds, participent de manière plus active à notre formation directe. L’appui sur les exemples nous pousse d’autant plus à devenir nous-mêmes un exemple, un homme qui s’applique à une véracité de tout instant et qui a conscience que chacun de ses actes peut avoir des répercussions dont il n’aurait idée. L’être ordinaire dont les actes ont des répercussions extraordinaires.

5. Conclusion 

 

Nous nous ne situons pas dans la préconisation, dans l’attente que soit mis en place aujourd’hui des remèdes que l’on recommandait jadis. La communauté éducative dans son ensemble si elle a pour visée de parfaire l’enseignement moral de nos enfants se doit de mettre en place des temps pour l’examen de soi, de placer l’élève face à la solitude notamment à travers des moments de lecture et de méditation. Il nous faut trouver des leviers qui font que les savoirs ramènent l’apprenant à une prise de recul sur son parcours. Les correspondances permettent de créer le sentiment d’empathie qui ne nous est pas immédiatement proche. La mise en place d’une vie démocratique, où la parole est donnée à tous, au sein de la classe où les élèves règlent leurs pratiques. Julie Favre nous donne des pistes pour que l’affirmation de l’individualité s’affermisse pour inventer la société de demain. L’école doit être un espace de formation morale qui permet à l’individu de ne pas se cacher derrière des porte-paroles. Julie Favre illustre, par son parcours, que ce perfectionnement moral se déroule tout au long de la vie. Il tient à nous de former des éducateurs exemplaires, capables de mettre en place des situations d’enrichissement moral qui offrent à chaque individu la possibilité de devenir un exemple, un exemplum.

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Thoreau, H.D.(2000) . La désobéissance civileParis:mille et une nuits.


[1] Loi du 21 décembre 1880, article 9

2 Dans tous mes cours, je n'ai eu qu'un sujet, l'infinitude de l'homme.