076 - Les conditions favorables au travail en autonomie : comment les élèves évitants rejoignent-il des stratégies de ressource ?

Raphaëlle RAAB

Laboratoire ECP - Université Lumière Lyon 2, France

 

Mots clés : autonomie, autonomisation, école maternelle, stratégie d'évitement, stratégie de ressources

 

Cette communication présente les résultats obtenus lors de notre travail de doctorat quant aux conditions favorables au travail en autonomie. L’étude est menée en grande section de maternelle.

La pédagogie s’est souvent préoccupée de l’autonomisation des élèves (Freinet, Montessori). Cette préoccupation revient avec force dans le champ institutionnel qui en fait une prescription officielle (Socle commun) et les pratiques autonomisantes se développent aujourd’hui dans la formation pour adultes (autoformation, Carré, 2010) et l’enseignement supérieur (autorégulation, Cosnefroy, 2011). Elles répondent à une demande sociale appelant chaque apprenant à devenir davantage responsable de ses apprentissages et proposent de nouveaux outils et dispositifs (Questions vives, 2007, 4). Qu’en est-il au début du processus d’autonomisation scolaire, au moment où l’enfant passe de son statut d’enfant à un statut d’élève ? Il existe encore peu d’études scientifiques sur la manière de construire cette autonomie, aujourd’hui, en maternelle, dans une classe hétérogène et nombreuse.

L’objet de la thèse concerne les conditions favorables à l’autonomisation des élèves en grande section de maternelle. Les données sont recueillies dans 8 classes sur 21 journées d’observation directe. La méthode est inductive et circulaire selon la théorie ancrée d’Anselme Strauss et permet de construire des modèles de compréhension et d’intervention possible.

Nous observons des comportements différenciés face aux obstacles dans les ateliers en autonomie : certains élèves entrent dans des stratégies d’évitement de l’obstacle (Cosnefroy, 2011 ; Bouffard, 2009) ou, au contraire, dans des stratégies de ressources pour le dépasser et construire de nouvelles connaissances (Guimard, 2010 ; Hadji, 2012). On a pu cependant observer des dynamiques remarquables : certains élèves d’habitude évitants, rejoignent ou se maintiennent parfois dans des stratégies de ressources. L’étude de ces exceptions notables fait émerger les éléments favorables (outils, activités, interactions, dispositifs) qui ont permis cette dynamique.

Nous présenterons les résultats de notre étude qui répondent à la question suivante : Quels sont les éléments favorables qui ont permis aux élèves évitants de rejoindre des stratégies de ressource ?

Après avoir présenté les principaux résultats relatifs aux stratégies d’évitement et de ressources, nous analyserons les éléments ayant permis aux exceptions notables de progresser en dehors de l’intervention directe de l’enseignant.

Ce qui aura pu « fonctionner » au bénéfice des exceptions notables pourrait être exploité comme outil pédagogique durable au bénéfice de tous. Pour franchir un plus haut degré de validation, l’étude en cours réinvestit ces éléments dans des activités et dispositifs expérimentaux afin d’observer s’ils produisent les effets attendus.

 

Références:

Bouffard, T. (2009). Illusion d’incompétence et sentiment d’impuissance. Dans Chapelle, G. & Crahay, M. Réussir à apprendre. Paris, France : PUF

Cosnefroy, L. (2011). L’apprentissage autorégulé. Entre cognition et motivation. Grenoble, France : PUG.

Guimard, Ph. (2010). L’évaluation des compétences scolaires. Rennes, France : PUR.

Hadji, C. (2012). Comment impliquer l’élève dans ses apprentissages ?  Paris, France : ESF.

Questions vives (2007). Dispositifs et situations - Quelles articulations en éducation ?, vol. 4, 8