064 - Du surveillant général au conseiller principal d’éducation : l’évolution d’une fonction éducative entre tensions et dynamismes. Déconstruction d’un mythe.

Christine FOCQUENOY

Laboratoires CREHS Université d’Artois/ CIREL Université de Lille 3-France-

 

Mots clés: Histoire éducation, mythe, surgé, CPE, division travail éducatif

 

Résumé : L’imaginaire collectif retient du Surveillant Général, acteur du monde scolaire français, des XIXe et XXe siècles, l’image d’un personnage rigide faisant implacablement régner ordre et discipline dans les établissements secondaires, comme le terrible monsieur Viot, du Petit Chose de Daudet…Cet archétype fait partie de l’héritage des Conseillers Principaux d’Éducation (CPE) dont le corps a été créé en 1970.Une analyse littéraire et cinématographique dévoile la genèse du mythe et les invariants du stéréotype du ‘surgé’. Un travail d’investigation aux Archives Nationales, et Départementales du Nord, permet ensuite de mesurer ce mythe à l’aune des traces historiques. L’étude repose sur un travail de prosopographie historique, enrichie d’une  analyse de la presse professionnelle et d’interviews d’anciens surveillants généraux. Les profils dégagés permettent de déconstruire le stéréotype et d’éclairer la phase de transition avant la création du corps des CE/CPE. Enfin,  nous terminerons en montrant le poids de l’héritage du ‘surgé’ pour les CPE actuels. Le mythe demeure actif pour certains de leurs partenaires qui se délestent du sale boulot et sont nostalgiques du ‘surgé’, gardien de l’ordre. Cette attente est source de tensions dans l’établissement scolaire. La communication se centrera sur l’aspect  historique de déconstruction du mythe et esquissera des pistes au cœur des enjeux actuels de division du travail éducatif.

 

 

L’imaginaire collectif retient du Surveillant Général, acteur du monde scolaire français, des dix-neuvième et vingtième siècles, l’image d’un personnage rigide faisant fermement régner ordre et discipline dans les établissements scolaires secondaires. La persistance du mythe se lit dans l’usage linguistique actuel du mot « surgé ». Ce nom, composé des deux premières syllabes de ‘surveillant’ et ‘général’, appartient à l’argot scolaire du XXe siècle. Le dictionnaire Le Grand Robert  date son origine en 1920. Non seulement, Il survit à la disparition des surveillants généraux mais il conquiert aussi d’autres champs, tout en conservant son sens scolaire. Ainsi, on l’entend encore dans certains établissements secondaires pour qualifier abusivement certains  conseillers principaux d’éducation, héritiers des surveillants généraux, créés en 1970. Dans la presse, le terme argotique a acquis le statut de nom commun désignant une  personne autoritaire qui surveille, encadre de manière stricte et impose ses positions sans dialogue. (Couvelaire, 2012). Nous revisiterons le mythe en analysant et dégageant les invariants des représentations des surveillants généraux dans la littérature et au cinéma, en nous limitant à quelques extraits emblématiques, puis nous déconstruirons le mythe en le confrontant aux traces historiques. Une étude prosopographique, en cours (Focquenoy, 2011), menée aux Archives nationales et départementales, permet de dégager les profils des surveillants généraux de l’académie de Lille et de les comparer au stéréotype. Nous verrons ensuite comment la persistance du mythe brouille la lisibilité professionnelle des conseillers principaux d’éducation actuels et entache la relation avec certains de leurs partenaires dans les établissements scolaires, suscitant de réelles tensions pour le partage du travail éducatif.

 

  1. Représentations littéraires et cinématographiques du surveillant général ; genèse du mythe du ‘surgé’

1.1. Le surgé entre les murs.

Dans la littérature et au cinéma, le surveillant général s’impose dans un cadre lugubre et oppressant. Le noir colore son domaine comme son costume. Il symbolise le monde mortifère et coercitif qui s’oppose à la liberté réelle ou rêvée. Son univers lugubre contraste avec la dimension onirique et colorée des espaces investis par les élèves : la salle de sciences de la bande des Chiche–Capon qui déjoue les pièges du surveillant général Planet, dans le film  de Christian Jaque, Les disparus de Saint-Agil (Very, 1937), par exemple. Les murs délimitent son territoire, éléments obsédants cernant tous les surveillants généraux, de papier ou d’images. (Focquenoy 2013, sept.). Ces éléments architecturaux relèvent de la réalité historique ; le décor est fidèle à l’austérité des établissements scolaires de l’époque (Compère, 1985 ; Gerbod 1968 ; Grezes-Rueff, 2007 ; Prost, 1968, 1981). Dans Zéro de conduite (Vigo, 1932), la révolte des pensionnaires, soumis quotidiennement à la discipline abêtissante du collège, orchestrée par le surveillant général Bec-de-Gaz, explose dans la scène finale de mutinerie, sur le toit. Le ciel ouvre l’espace carcéral et permet l’évasion. Un vent libertaire balaie la noirceur du pensionnat et de son haut mur de pierres aveugle. Le monde de l’enfance triomphe sur les ombres funèbres des autorités du collège, restés au sol sous le feu des projectiles. Les portraits de surveillants généraux sont d’autant plus marquants qu’ils sont brossés au travers du prisme de regards d’enfants. Les écrivains  adoptent le point de vue des élèves, nous font partager leurs émotions et peurs. Ils trempent leur plume dans l’encre de leurs souvenirs scolaires ; la critique est avivée par les souffrances personnelles endurées comme chez Vallès dans sa trilogie L’enfant, Le bachelier et l’insurgé ou chez Daudet dans Le Petit Chose. Dans ce dernier roman, Monsieur Viot constitue la figure archétypale du ‘surgé’. C’est un personnage silencieux qui rase les murs et « un formidable bruit de ferraille, frinc !, frinc !, frinc !  » précède toujours son arrivée. Ce sont ces clefs, double maléfique du surveillant général, qui terrorise élèves et maîtres d’études. Leur cliquetis terrifiant les  hante jusque dans leurs rêves « Cette nuit-là, je dormis mal. Mille rêves fantastiques troublèrent mon sommeil. (…), c’étaient les terribles clefs de M.Viot que je croyais entendre, frinc !, frinc !, frinc ! » (Daudet, p. 63) Elles parlent, menacent, punissent. Ces clefs n’ouvrent les portes que pour les refermer aussitôt. Les murs demeurent  infranchissables… Les murs délimitent  l’espace scolaire perçu comme une caserne ou une prison. Les métaphores militaires et carcérales constituent un invariant de la description du lieu d’exercice du surveillant général. Claustration, puanteur et noirceur définissent les contours de l’arène scolaire. L’univers carcéral contraint les écoliers, au quotidien jusqu’à son expression paroxystique : le cachot. Le séjour dans ce lieu lugubre constitue la peine la plus grave dans la subtile panoplie des punitions scolaires. Humiliations, brimades, soufflets, pensums, retenues, etc. construisent  le système répressif des surveillants généraux.  Leur rôle castrateur est amplifié par la force des images littéraires et iconographiques (Daumier, 1845). Leur apparence physique, peu amène,  affichant leur essence fielleuse, suscite invariablement répulsion et moquerie, et même effroi chez Le Petit Chose. Celui-ci, malade, revoit l’image obsédante du surveillant général du collège de Sarlande, comme une « grande sauterelle noire préparant sa baguette d’ébène », incarnation terrifiante de la mort qui risque de l’emporter. (Daudet, p.381-383). 

1.2Le surgé ordonnateur d’une discipline d’airain

Les artistes campent des figures de surveillants généraux qui hantent les murs des établissements de manière trouble. M. Viot rase les murs et surgit quand on ne l’attend pas, Bec-de-Gaz  espionne les élèves depuis la salle d’études où il a dérobé du chocolat dans les affaires des pensionnaires et confie ses enquêtes à son double subalterne Pète-Sec, Planet, lui, est insomniaque et s’immisce jusque dans les rêves des pensionnaires. Tous surprennent par leur don d’ubiquité ; aucun recoin de l’établissement ne leur échappe : cour, corridors, études, dortoir, salles de classe etc. Espace et temps sont réglés et codifiés militairement. Les scènes de lever au roulement de tambour, les inspections avant les cours et avant la promenade ménagent des scènes dignes des revues d’un général d’armée. Les personnages n’ont pas usurpé leur titre de surveillant général. La surveillance s’applique à tous, partout, à chaque instant. Les maîtres d’études sont mis au pas, les élèves enrégimentés. Le moindre écart apparaît suspect et dangereux, et est immédiatement sanctionné. (Caron, 1999). Le règlement   fait force de loi et tout y est soigneusement codifié, comme dans celui de M. Viot où « tous les cas y étaient prévus, depuis le carreau brisé jusqu’ aux deux mains qui se lèvent en même temps à l’étude ; tous les détails de la vie des maîtres y étaient consignés, depuis le chiffre de leurs appointements jusqu’à la demi-bouteille de vin à laquelle ils avaient droit à chaque repas. » (Daudet, p.62) Dans ce monde mécanique et anonyme, même l’amitié entre élèves dérange. Le petit principal ridicule de Zéro de conduite cautionne les craintes de  Bec-de-Gaz. Deux élèves retardataires rentrent de promenade, le principal s’exclame : « ça y est, encore ensemble ! Cette amitié devient excessive ! Monsieur le surveillant général, vous aviez raison, il faut les SUR-VEI-LLER ! » (Vigo, 1932). La surveillance prime sur les relations humaines et marque au fer rouge les personnels. Dans L’Enfant, le père de Jacques Vingtras est devenu « une vielle bête qui a besoin d’avoir l’air méchant, et qui le devient, à force de faire le croquemitaine » et  a le « cœur tanné » par  la discipline qui l’a piégé dans une spirale répressive. Son passé de pion a annihilé toute affection paternelle. Il s’avère incapable d’exprimer de la reconnaissance à son fils qui s’est battu en duel pour laver l’injure qu’il a subie. Il déclare à sa femme :

Toi, tu as su lui dire, moi je ne saurais pas. J’aurais peur de blesser la discipline. Je craindrais que les élèves, je veux dire que mon fils ne rie de moi. J’ai été pion, et il m’en reste dans le sang. Je lui parlerai toujours comme à un écolier, et je le confondrai avec les gamins qu’il faut que je punisse  pour qu’ils me  craignent et qu’ils n’attachent pas des rats au collet de mon habit (…). Tu l’embrasseras pour moi. Je suis sûr que j’aurais encore l’air d’un chien sans le vouloir. (Vallès 1972a, p. 402-403)

L’image du chien est récurrente chez Vallès mais d’autres écrivains empruntent au registre de l’animalité pour décrire les surveillants généraux. Ainsi, « l’infâme truc » de Pagnol  apparaît comme un monstre hirsute et velu avant de retrouver une part d’émouvante humanité quand il transforme la triste nuit de Noël de quelques pensionnaires abandonnés en conte féérique. (Pagnol, 2005). L’image du ‘chien couchant’ (Vallès, 1972b, p.312) de la trilogie vallésienne révèle la servilité, autre caractéristique du surgé méprisé. Il tremble devant les notables et les familles. Il accepte les basses tâches et apparaît comme un pantin ridicule en représentation, dans la cour, mais aussi pendant les cérémonies. Vallès l’associe au proviseur et au censeur pour former un « trio de niais » : « Les samedis, le proviseur, le censeur et le surveillant général venaient proclamer les places, écouter les notes. Est-ce qu’ils ne se permettaient pas, les niais, de branler la tête en signe de louange, quand j’étais premier encore une fois ! Niais, niais, niais ! » (Vallès, 1972b, p.139). Plus récemment, Guth (1955) décrit la même scène avec ironie :

 Dans la cour, autour de la statue du grand homme, toute l’administration était massée. Le proviseur, ses feuilles de composition flottant au vent crispé du matin. Le censeur, un sourire englué sous le nez. A distance réglementaire, comme des maréchaux autour de Napoléon à Austerlitz, le chapeau à la main et indiquant du doigt les bataillons qui manœuvraient, les trois surveillants généraux. » (p. 101).

Vigo ridiculise également les autorités, du collège (dont le surveillant général) et de la ville, dans la scène finale de mutinerie sur le toit. Le vernis ostentatoire des dignitaires scolaires et religieux va se craqueler sous l’acide de la révolte collégienne qui hisse victorieusement le drapeau de l’anarchie.

1.3. Crainte, répulsion, mépris au cœur de la relation aux élèves  

Discipline inflexible, surveillance incessante, punitions abêtissantes, soumission hiérarchique, constituent donc le cœur du métier des surveillants généraux de fiction. Leur description caricaturale, cible privilégiée du rejet d’un monde scolaire oppressif, s’inscrit dans une dichotomie récurrente entre  un monde de l’enfance empreint de poésie et de liberté et un monde adulte figé dans le contrôle et la contrainte. Le parti-pris des artistes rend lisible cette opposition par un subtil jeu de doubles et d’opposants entre les personnages. Ainsi, Jacques, maître d’études, participe à l’insurrection du dortoir et se démarque « des vieux pions à brisques, plus bêtes que des sergents de chambrée. » (Vallès, 1972c, p.8), et le surveillant Huguet, pitre burlesque, aimé et respecté des élèves, s’oppose au couple honni Bec-de-Gaz/Pète-Sec, dans Zéro de conduite. Vigo pulvérise un ordre scolaire castrateur et rejette violemment la soumission organisée par le surveillant général. Il magnifie l’insurrection comme dans la célèbre scène du chahut dans le dortoir, vision onirique de la bataille de polochon, filmée au ralenti, sous les  flocons de plume. Chez Vallès, la même situation est décrite avec humour et cocasserie. Jacques, complice, est surpris, par le proviseur, « bannière au vent, les pieds nus sur le carreau, [son] vase de nuit d’une main, [son] bougeoir de l’autre. » (Vallès, 1972c, p.9-13), criant  avec des notes aiguës de soprano : ‘A bas le pion ! A bas le pion !’ Le chahut constitue un exutoire au carcan du quotidien et l’expression d’une liberté revendiquée (Thiercé, 2001). La révolte se lit également sur les murs où se dessinent les caricatures visant professeurs, pions et surgés. Jacques les découvre dans L’enfant : « (…) S’écrivent ou se dessinent sur les murs et sur les tableaux des farces contre les professeurs ou les pions,- le nez de celui-ci, les cornes de celui-là, avec des vers de haulte graisse au fusain. On en met des raides, et la femme du censeur est gênée quand elle passe. » (p. 254). Les farces peuvent devenir plus cruelles comme celle de Pennac, visant le « chef des pions » qui l’a injustement sanctionné. Il enferme une trentaine de poules dans la chambre du surveillant général et savoure la réaction de celui-ci quand il libère les prisonnières à la fin du weekend… (Pennac, p.33-34). L’expression « chef des pions » pour désigner le surveillant général laisse deviner le type de relations que ce personnage scolaire nouait avec ses élèves. Injustice, mépris, rigueur militaire sont les trois caractéristiques du surgé dont Pennac garde le souvenir. Pour l’ensemble des surveillants généraux de fiction, leur relation aux élèves repose sur la crainte et la répulsion. Comme pour M. Viot, règlement et trousseau de clefs constituent, leurs moyens d’existence et, métaphoriquement, le symbole de leur approche éducative. Nulle place pour le dialogue. La parole concédée aux surgés par les cinéastes et écrivains se réduit à la vocifération d’ordres voire de jurons. Bec-de-Gaz est peu loquace et ses attitudes de pantin effrayant suffisent à imposer son pouvoir aux élèves et à ses subordonnés, Planet signale sa présence par le seul résonnement de ses pas, Viot laisse ses clefs imposer leur terrible loi. Les conversations directes avec les élèves demeurent donc rares et brèves.  Elles sont plus nourries avec le squelette Martin, auquel les élèves confient leurs secrets, déjouant les pièges du surveillant général Planet. Le surgé se pose en repoussoir d’un monde de liberté et d’imagination débridée. Il incarne l’uniformité et l’ordre et focalise le rejet d’une discipline honnie.

 

  1. Déconstruction du mythe : les surveillants généraux de l’académie de Lille

Livres et films ne peuvent être considérés comme le miroir fidèle des surveillants généraux mis en scène. Néanmoins, il faut souligner que les auteurs s’inspirent tous de leur propre vécu scolaire. Ainsi,  le docteur Caussat qui a été pensionnaire, comme Vigo, au collège de Millau, atteste de  la véracité de la peinture de la vie quotidienne du collège, dans Zéro de conduite ; il affirme, dans  le documentaire Jean Vigo, cinéaste de notre temps :

Le film reflète la vie d’un collège vétuste de province. (…) Effectivement, le dortoir n’était pas chauffé, le principal vendait la soupe donc ce n’était pas brillant, il y avait des haricots. (…) Ce qui compte dans la vie d’un interne,  ce sont les pions. Il y en avait qui étaient sévères et c’est le surveillant général, ou censeur, qui est là, évidemment, pour mener la vie dure aux internes ! (…) Il y avait des surveillants lamentables, certains buvaient, chahutaient en promenade ou cassaient les machins de porcelaine des poteaux en promenade. (...).

L’emploi de l’adverbe ‘évidemment’ pour décrire le rôle du surveillant général dénote la considération portée à ce personnage chargé de « mener la vie dure aux internes ». Les œuvres véhiculent des représentations autobiographiques. L’historien peut donc les appréhender  comme sources, avec précaution, comme objet social de représentation, sans perdre de vue le biais de la fiction. Leur apport est fécond, comme le souligne l’historien François Hartog (2013) mais le lien histoire-littérature alimente encore de nombreux débats théoriques (Chartier, 2013). La démarche scientifique impose l’investigation des documents d’archives. Les profils des surveillants généraux dégagés par l’étude d’une centaine de dossiers de carrière de l’académie de Lille, de la fin XIXe au début XXe siècle, permettent de dépasser le stéréotype du surgé. Certes, ces sources focalisent l’approche sur le point de vue de l’institution mais ces dossiers recèlent une variété de documents suffisante pour nuancer l’analyse. L’interview d’anciens surveillants généraux permet également de l’enrichir.

2.1. Le surveillant général cerné par les murs scolaires et hiérarchiques

L’acte de naissance du surveillant général date du 16 novembre 1847, c’est le ministre de l’Instruction publique Salvandy, dans le Règlement  général sur les maîtres d’études du 16 novembre 1847 (Savoie, 2000) qui officialise cette fonction qui existait déjà dans certains établissements sous d’autres appellations. Dans le contexte de bataille du Monopole,  Salvandy souhaite affermir le pouvoir de l’Université en renforçant les personnels d’encadrement et améliorer la qualification des maîtres d’études, vivier naturel des surveillants généraux (Tschirhart, 2013).  Nous ne pouvons rentrer, ici, dans le détail du cadre législatif mais retenons que les surveillants généraux prennent rang dans l’échelle  hiérarchique, après le censeur et  les professeurs, mais devant les maîtres d’études sur lesquels ils ont autorité. Le noir qui assombrit M. Viot et ses homologues est imposé par le législateur (Art. 35) et la participation, en robe, « aux représentations officielles, aux conférences, aux solennités. » (Art.34) est de rigueur.  Un arrêté de 1884, puis un décret de 1958, rappellent que «  la surveillance générale est spécialement chargée du maintien de l’ordre et de la discipline », tâches quotidiennes retrouvées, sans surprise, dans les dossiers de carrière. Les documents d’archives montrent également que la délimitation des attributions avec le censeur demeure floue, comme le constate une circulaire de 1920. La circulaire du 17 novembre 1965 prend acte de l’évolution des notions d’ordre et de discipline, soulignent la complexité et la lourdeur accrues des tâches, et reconnaît leur participation à l’action pédagogique et éducative. Cette lourdeur est patente dans les dossiers. L’omniprésence des surgés de papier est réelle sur le terrain. Ils investissent l’espace et le temps sans compter : « service illimité » ! Le surveillant général du lycée de Valenciennes (A.D. du Nord 2 T 332) est « toujours debout, du matin au soir, aucun détail ne lui échappe. », l’année suivante (1912), le proviseur se réjouit : « Il est en fonction de 5 heures du matin à 10 heures du soir tous les jours. ». Dix ans plus tard, l’inspecteur d’académie apprécie le dévouement de Mlle G. (A.D. 2 T 310) du lycée Fénelon de Lille  qui « s’est bien tirée de sa tâche qui est anormalement lourde dans ce lycée surpeuplé et fatigant. ». Dans le lycée de garçons voisins, son collègue « s’acquitte de sa pénible fonction avec activité et énergie. » (Archives Nationales F/17/22895). Même constat dans les collèges où, par exemple, M. F. est un « précieux collaborateur du principal ne boudant jamais devant la besogne. » (A.N. F/17/26563). Dévouement, exactitude, zèle, activité, tact et  loyauté  sont attendus par l’Institution, parfois jusqu’au sacrifice. Ce sont les termes qui reviennent le plus fréquemment dans les appréciations. Le surveillant général  du lycée de Tourcoing « sacrifie ses rares moments de liberté lorsque l’intérêt de l’élève l’exige », celui de Valenciennes passe « la plus grande partie de ses vacances à recruter de nouveaux élèves. ». La vie privée doit s’effacer et une  « bonne tenue », morale et physique est exigée  dans l’établissement et en ville. Les écarts, professionnels ou politiques, sont sanctionnés par un déplacement, voire une destitution. Les fonctionnaires zélés sont récompensés par des décorations ou des accélérations de carrière. La récompense suprême est la nomination à Paris. Les évaluations jugent de la dignité des fonctionnaires à accéder aux établissements selon une subtile échelle de prestige de la campagne à la ville, et de la province « au cadre de Paris ». Mlle B., (A.N. F/17/26540), célibataire, « termine une carrière [à Paris] qu’elle a su élever à l’apostolat. » La force du terme illustre les attentes de dévouement absolu. Le surveillant général appartient à la « Maison »…et s’y consacre parfois jusqu’à l’épuisement. Les certificats médicaux sont pléthoriques. Certains meurent à la tâche… Les murs du lycée le cernent inexorablement, il doit accepter le logement même si celui-ci est précaire (Les plaintes sont récurrentes pour les lycées de Lille). La hiérarchie scolaire l’oppresse. L’évaluation semble parfois arbitraire et cruelle (défauts physique stigmatisés, par exemple). Les notables et familles influentes de Lille et de Douai font et défont les carrières. Les courbettes de M. Viot qui « saluait les parents jusqu’à terre » reflètent une réalité attestée. Les dossiers fourmillent de lettres de recommandation qui  sont prises en compte jusqu’au ministère. La course aux grades et aux postes apparaît biaisée  et encourage la servilité des fonctionnaires

2.2. « Des gardiens de l’ordre aux ordres » aux surveillants généraux novateurs

Les dossiers de carrière révèlent donc une diversité de profils, depuis le surgé méprisé qui végète sous les foudres d’une administration implacable jusqu’au surveillant général parisien encensé. Derrière le regard de l’Université, se cachent aussi des personnalités, pour certaines stéréotypées, pour d’autres montrant une force de caractère faisant évoluer la profession et le regard sur l’élève. La notion d’autorité se décline sur une échelle allant « du bon disciplinaire »  au surveillant général nouant des relations d’aide et d’écoute avec les élèves. Les ‘M. Viot’ existent, nous les avons rencontrés, mais il ne constitue qu’en type parmi d’autres. Parmi les anciens surveillants généraux interviewés, certains adhèrent à ce profil comme N.F. (interview du 08/03/2013) qui assume totalement avoir été « une peau de vache », d’autres, majoritaires, le rejettent avec virulence même s’ils affirment tous que l’Institution attendait des exécutants soumis et fermes. Une appréciation de l’inspecteur d’académie Agaudier, dont la plume est invariablement cruelle et acérée, apparaît, sur ce point, emblématique. Le proviseur du lycée de Valenciennes, en 1901, loue le dévouement sans faille de son collaborateur et insiste pour qu’il devienne censeur. Agaudier écrit, à la suite :

M J .est, en effet, l’humble serviteur de M. le Proviseur, qui se repose sur lui de trop de besognes. Très docile et dévoué comme subordonné, médiocrement intelligent et instruit, en somme bon surveillant général, rien de plus. Je ne fais point d’objection à sa nomination comme censeur dans un petit lycée, à l’expresse condition qu’il ne devienne jamais proviseur et qu’il en soit averti. (A.N. 2 T 339) 

L’image du surveillant général pour cette autorité académique apparaît nette et tranchée...Comme le résume André de Peretti (Paris, interview du 07/02/2012), le surveillant général était « un gardien de l’ordre aux ordres ». La docilité est préférée à l’intelligence. Cette position se retrouve dans d’autres dossiers dans lesquels on demande  au fonctionnaire de « tenir sa place ». C’est le cas de  Mlle C. (A.N. 2 T 205) à laquelle on reproche, de 1923 à 1929, d’ « exagérer un peu l’importance de sa fonction ». Comme pour les surgés de papier, le surgé doit rester dans l’ombre et ne s’afficher que pour servir l’établissement, en représentation, aux côtés du chef. La relation avec le chef d’établissement mériterait d’ailleurs  une étude mais il est certain que l’on n’attend pas des conseillers mais des « serviteurs  zélés de la Maison ». Les tâches recensées dans les documents d’Archives, confirmées lors des interviews, s’articulent principalement autour de la surveillance, du maintien de l’ordre et de la gestion des maîtres d’études. A ce noyau dur du métier s’ajoutent les travaux d’écriture et la gestion des bibliothèques. Leur rôle pédagogique apparaît quasi inexistant : certains invitent  les répétiteurs à aider les élèves en études, d’autres se partagent entre deux rôles, clairement clivés, la surveillance générale et quelques heures d’enseignement. Le surveillant général du collège d’Arras abandonnera sa première fonction pour devenir professeur d’anglais. (A.N. F/17/23814/A). La relation aux élèves est plus difficile à cerner. Pour l’institution, la discipline doit régner. Le conservatisme domine à quelques rares exceptions, comme le proviseur de Valenciennes, en 1908, qui apprécie que son collaborateur soit « entré sans arrière-pensée dans [ses] vues pour substituer l’éducation véritable à la discipline ancienne » (A.D. 2 T 224A). Ces préoccupations éducatives s’avèrent rares dans la soixantaine de dossiers déjà dépouillés. La discipline s’applique souvent avec sévérité au point que  même l’institution appelle parfois à plus de clémence pour les punitions et moins de raideur pour le style relationnel. En 1884, M.D. (A.D. 2 T 263) « s’efforce de rétablir la discipline, et il y réussit, bien qu’il ait un goût peut-être exagéré pour la réglementation. ». En 1936, la rigidité est de moins en moins apprécié : « M.E. s’acquitte honorablement de ses fonctions de surveillant général : il est ponctuel et consciencieux. Je souhaiterais qu’il ait plus de véritable action sur les élèves, plus de souplesse dans ses méthodes disciplinaires. » écrit le proviseur (A.N. F/17/25125). Cette approche est rarissime, fin XIXe et début XXe  siècles. Ce sont surtout les femmes, surveillantes générales qui font figure de précurseurs. Malgré la frilosité de l’ensemble de la chaîne hiérarchique, elles tentent d’imposer une relation aux élèves respectueuse, affectueuse, à l’écoute de leurs difficultés. Elles rejoignent la surveillante générale des années 60 du lycée de Lille, substitut maternel, pour une de ses anciennes élèves (interview M. B. du 07/06/2013). En 1906, le recteur de Lille juge que Mlle G. (2 T 310) n’a pas « l’autorité désirable », la directrice écrit : « « De manière douce et posée, Mlle G. remplit ses devoirs avec calme et sérieux. Il lui manque une certaine énergie et le souci continuel de la discipline. ». Mais c’est Mlle B. (A.N. F/17/26540), à la carrière « sacerdotale » de Douai à Paris s’achevant en 1956, qui se pose réellement comme une CPE avant la lettre. Ses qualités professionnelles se doublent de grandes qualités humaines manifestées, notamment, dans son engagement éducatif et militant pendant la première guerre. Ses ‘Notices individuelles’ montrent clairement un contraste entre le point de vue institutionnel qui ancre le surveillant général dans la sphère administrative et Mlle B. qui polarise son action sur les élèves. Alors que dans beaucoup de dossiers de ses collègues, on note que le fonctionnaire n’est pas aimé des élèves, Mlle B., elle, s’attire leur sympathie. Elle se pose avant tout en éducatrice et elle adopte cette posture dès le début de sa carrière sans négliger les tâches administratives attendues par l’institution. Son « bonne humeur constante » (1921) rythme sa pratique professionnelle. «  Les élèves rendent hommage à sa bonté et à son intelligente sollicitude. » (1937) Son côté précurseur effraie un peu ses supérieurs hiérarchiques. L’appréciation de 1943 dévoile la frilosité de l’institution à l’égard d’une nouvelle forme d’exercice de la discipline. La crainte demeure un incontournable, dans le monde scolaire du  milieu du XXème siècle : «  Elle est une aide précieuse pour moi. Elle serait parfaite si son extrême bonté  ne la rendait parfois trop accessible à l’indulgence. Elle se fait aimer, il faudrait aussi qu’elle se fît un peu craindre. Elle ne manque cependant pas d’autorité. »

 

  1. Pesanteur du mythe sur les CPE actuels et le partage du travail éducatif

            3.1. Du surgé au CPE, métamorphose d’une fonction éducative

Mlle B. incarne l’évolution naissante qui s’amplifiera dans les années 60. Figure antithétique de M. Viot, elle a dépassé la fonction du surveillant général, garde-chiourme, en imposant, par son action, une nouvelle relation aux élèves. Elle annonce la naissance des conseillers principaux d’éducation en 1970. Cette création s’inscrit dans un contexte d’évolution de la société, rejetant l’autorité et l’ordre arbitraire, dont les événements de 1968 constituent l’expression paroxystique. Dans le monde scolaire, dans les années 50-70,  le courant de l’Éducation nouvelle fédère des associations qui développent un autre regard sur l’adolescent et promeuvent des activités périscolaires et de loisirs éducatives (Condette, 2013). Pour les surveillants généraux, la circulaire du 17 novembre 1965 leur reconnaît officiellement un  rôle pédagogique et éducatif sans écarter  le primat de l’ordre et la discipline :

Les notions d’ordre et de discipline ont considérablement évolué et les problèmes d’éducation prennent de plus en plus d’importance dans la vie scolaire. (…) Le surveillant général est responsable du maintien de l’ordre et de la discipline. Il participe également au fonctionnement des activités périscolaires organisées dans l’établissement et s’occupe  tout particulièrement de la vie collective des élèves internes. Secondé et informé par le personnel de surveillance et d’éducation, il acquiert une bonne connaissance des élèves et peut ainsi apporter des renseignements précieux au chef d’établissement et aux familles. (…) Il a à connaître de toutes les activités qui s’exercent en vue de contribuer à l’éducation des élèves en dehors des heures de classe et est chargé, sous l’autorité du chef d’établissement, de les coordonner et de les animer. 

 Il faut attendre l’arrivée de son successeur pour entrer réellement en pédagogie… (Focquenoy, 2012). L’analyse de leur revue professionnelle, Le surveillant général et les comptes rendus  de stages de formation montrent qu’internat et activités socio-éducatives constituent de véritables laboratoires d’innovations pour ces personnels. Le ‘surgé’ s’éloigne  et cède la place progressivement à un nouvel acteur scolaire. La métamorphose est accompagnée par des mouvements associatifs, comme la FOEVET par exemple, qui fournissent des outils  de communication et d’animation de groupe. Les sciences de l’éducation alimentent la réflexion pédagogique. La fécondité de l’effervescence se lit dans les actes du colloque d’Amiens (A.E.E.R.S 1968) auquel  ne participe qu’un seul surveillant général. Tous les ‘surgés’ ne sont pas prêts à effectuer leur mue…

          3.2. Le surgé, ancêtre encombrant du CPE

Le législateur a clairement confié des « responsabilités éducatives » (organisation et animation de la vie scolaire, suivi, orientation, évaluation des élèves…) au CPE. L’élève et le travail en équipe avec les autres acteurs apparaissent au centre des missions. La richesse de la fonction et de sa position nodale en constitue paradoxalement la faiblesse. La lisibilité professionnelle des CPE demeure fragile comme le soulignent les différentes études sur la catégorie (Caré, 1994 ; C.E.R.E.Q, 2007 Condette, 2013 ; Durand, 1997, Focquenoy, 2011 etc.). Le rôle du surgé était clair et incontesté, celui du CPE fluctue au gré des établissements et des attentes de ses partenaires. Celles-ci s’articulent trop souvent autour de la discipline, ce que déplorent les CPE (Questionnaire CPE, 2012, non publié). Certains enseignants se délestent du sale boulot (Payet, 1997), respectant la tradition de refus des tâches subalternes (Verneuil, 2013). Même de jeunes professeurs, nostalgiques du ‘surgé’, sont dans « l’optique que les CPE sont là pour sévir. » (Rayou, p.168). L’observation des pratiques de terrain montre que ces divergences d’approche de la fonction créent de réelles tensions et entachent le travail collectif, en cautionnant le clivage ‘ éducatif versus pédagogique’. (Tardif, 2010). Ressusciter le ‘surgé’ permet de conforter « Le modèle individualiste, centré sur la personnalité de l’enseignant et sur ses compétences disciplinaires » (Van Zanten, 2010). La convocation du mythe s’inscrit également dans le retour d’un certain conservatisme aux relents sécuritaires, comme le montre l’usage linguistique du ‘surgé’ dans la société actuelle.

 

L’héritage du surveillant général mythique pèse sur les conseillers principaux d’éducation que certains de leurs partenaires voudraient cantonner dans un rôle disciplinaire. Ce constat ouvre le débat : comment dépasser le stéréotype et transformer l’existence spécifiquement française du CPE en richesse et non en  faiblesse ? Quelle formation commune des enseignants et des CPE mettre en place, dans les ESPE, pour promouvoir un réel travail en équipe au service des élèves ?

Références :

A.E.E.R.S (Association d’études pour l’expansion de la recherche scientifique), (1968). Pour une école nouvelle. Formation des maîtres et recherche en éducation. Actes du colloque national. Mars 1968

Caré, C. (1994). Le conseiller principal d’éducation. Enquête d’image. Lille : CRDP.

Caron, J.-C. (1999). A l’école de la violence. Châtiments et sévices dans l’institution scolaire au XIXe siècle. Paris : Aubier.

Centre d’études et de recherches sur les qualifications (C.E.R.E.Q). (2007). CPE un métier en redéfinition permanente. Supplément à L’Université syndicaliste, 654.

Chartier, R. (2013, 5 avril). Hardis historiens ! Le Monde.

Compère, M.-M. (1985). Du collège au lycée (1500-1850). Généalogie de l’enseignement secondaire français. Paris : Gallimard-Julliard.

Condette, J.-F. (2012). Un coin d’éducation nouvelle enfoncé au cœur de l’école ? Les loisirs dirigés dans les collèges et les lycées (1937-1939). In L. Guturriez, F. Besse et A. Prost (dir.), Réformer l’école. L’apport de l’Éducation nouvelle (1930-1970). (p.169-181). Grenoble : Presses universitaires.

Condette, S. (2013). État de la recherche sur le métier de conseiller principal d’éducation. Carrefours de l’éducation, 35(1), 106-131. Doi : 10.3917/cdle.035.0105

Couvelaire, L. (2012, 18 février). La surgé de Facebook. M. Le Magazine du Monde, 20 864. p.20.

Daudet,  A. (n.d.) Le Petit Chose. Histoire d’un enfant.  Paris : Alphonse Lemerre. (Œuvre originale parue en feuilleton, en 1867). 

Daumier, H. (1845). Professeurs et moutards. (Rés. Dc-180b ; vol. XXIX). Paris : BnF, Département des estampes et photographies.

Durand, D. (1997). C.P.E. Qui êtes-vous ? Enquête d’identité. Grenoble : CRDP.

Focquenoy, C. (2011, à partir de). Du surveillant général au conseiller principal d’éducation. L’évolution d’une fonction éducative au service des élèves (XXe siècle). Thèse de doctorat en cours, sous la direction de J.-F. Condette, Université d’Artois et de S. Condette, Université Charles de Gaulle-Lille3.

Focquenoy, C. (2012, avril). Le CPE, un leadership original à préserver ? Communication présentée au colloque Les transformations de l’organisation pédagogique des établissements scolaires : la question du leadership Institut Français de l’Éducation (IFÉ)/École Normale Supérieure. Lyon.

Focquenoy, C. (2012, septembre). Le CPE pédagogue, éclairage historique et sociologique. La revue de la vie scolaire ; conseiller d’éducation, ANCpE, 185, 6-9.

Focquenoy, C. (2013, 14 septembre). Le ‘surgé’ entre les murs. Prestation théâtrale ‘Or…les murs… ». Villeneuve d’Ascq : Université Charles de Gaulle, Lille 3.

Gerbod, P. (1968). La vie quotidienne dans les lycée et collèges du XIXe siècle. Paris : Hachette.

Grezes-Rueff, F. et Leduc J. (2007). Histoire des élèves en France, de l’Ancien Régime à nos jours. Paris : Armand Colin.

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    Hartog, F. (2013). Croire en l’Histoire. Paris : Flammarion.

Pagnol, M. (2005). L’infâme Truc. Paris : Éditions de Fallois. (Texte original publié, en 1922. Marseille : Revue Fortunio.)

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