025 - Les matières scolaires qui ennuient les Professeur-e-s des Ecoles en Formation : représentations sociales et professionnelles, et enjeux d'une formation à la polyvalence

FERRIERE Séverine

Université de Nantes, France

 

Mots clés : ennui, matières scolaires, école primaire, professeur-e-s des écoles, polyvalence

 

Cette recherche se propose d’explorer les perceptions de l’ennui en fonction des matières scolaires chez les Professeur-e-s des Ecoles, en lien avec la hiérarchisation et les enjeux en termes de prestige social des matières.

Des travaux issus de la psychologie sociale et des sciences de l’éducation ont montré une stratification précoce des matières scolaires, en fonction du prestige social accordé aux matières scientifiques, et de l’intérêt chez les élèves, provoquant ensuite un investissement relatif dans certaines matières, voire plus largement l’école (Dutrévis et Toczec, 2007 ; Guay, Chanal, Ratelle, Marsh, Larose et Boivin, 2010 ; Lenoir, Larose, Grenon et Hasni, 2000).

On observe également une utilisation stratégique de l’ennui par les élèves, comme système de protection et de désengagement, en cas d’échec dans une matière (Leloup, 2004 ; Morin-Messabel et Ferrière, 2008), tout en faisant écho à une stratification par intérêt et prestige social, conduisant ces mêmes élèves à revendiquer plus s’ennuyer en français qu’en mathématiques, et en échec qu'en réussite (Morin-Messabel et Ferrière, 2008).

Nous nous intéressons ici aux représentations et aux perceptions de l’ennui chez les Professeur-e-s des Ecoles en formation, tout d’abord parce que l’on sait depuis les recherches sur l’effet Pygmalion (Trouillet et Sarrazin, 2003) que les enseignant-e-s sont vecteur/trices de représentations sociales ; ensuite car leur particularité est d’avoir une spécialisation universitaire initiale, puis une professionnalisation polyvalente (Philippot et Baillat, 2009), ce qui peut influencer leur manière d’enseigner et leur perception des valeurs des matières.

Nous avons soumis un questionnaire à 118 futur-e-s Professeur des Ecoles en fin de Formation de Master 2, en leur demandant de classer hiérarchiquement les matières scolaires, de la moins ennuyeuse à la plus ennuyeuse, d’abord selon leur point de vue personnel, puis selon leur point de vue professionnel.

Nous nous attendons à observer deux effets sur la hiérarchisation des matières scolaires : le prestige social des matières scolaires dans notre société (mathématiques, français) en termes professionnels ; et le parcours initial des futurs Professeur-e-s des Ecoles, faisant entrer en conflit deux types de représentations, et deux cultures professionnelles à concilier. 

 

Bibliographie

Dutrévis, M. et Toczec, M.-C. (2007). Perception des disciplines scolaires et sexe des élèves : le cas des enseignants et des élèves de l’école primaire en France.  L’Orientation Scolaire et Professionnelle, 36/3, 379-400.

Guay, F., Chanal, J, Ratelle, C.,Marsh, H., Larose, S. et Boivin, M. (2010). Intrinsic, identified, and controlled types of motivation for school subjects in young elementary school children. British Journal of Educational Psychology, 80, 711-735. 

Leloup, S. (2004). Le cours ennuyeux : de la différence des attentes à la déception partagée. Spirale. Revue de Recherches en Education, 33, 153-165.  

Lenoir, Y.,  Larose, F., Grenon, V. et Hasni, A. (2000). La stratification des matières scolaires chez les enseignants du primaire au Québec : évolution ou stabilisation des représentations depuis 1981. Revue des sciences de l’éducation, 26(3), 483-514.

Morin-Messabel, C. et Ferrière, S. (2008). Contexte scolaire, appartenance catégorielle de sexe et performance. De la variable de l’habillage de la tâche sur les performances et la perception de la tâche. Cahiers Internationaux de Psychologie Sociale, 80, 13-26.

Philippot, T. et Baillat, G. (2009). Les enseignants du primaire face aux matières scolaires. Réflexions sur la professionnalité enseignante. Recherche et Formation, 60, 63-74.

Trouilloud, D. et Sarrazin, P. (2003). Les connaissances actuelles sur l’effet Pygmalion : Processus, poids et modulation. Revue Française de Pédagogie, 145, 89-119.